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ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me »

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MessageSujet: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mar 9 Juin - 20:35



« YOU’LL BE THE DEATH OF ME. »


Assis sur son fauteuil réglable en hauteur dernier cri, l’agent du SHIELD essayait tant bien que mal d’assembler les pièces d’un M16 standard. La force tranquille, le calme incarné, voilà bien des « surnoms » qu’on avait pu lui donner au cours de ses différentes années de service. Gabriel était calme la majeure partie du temps, et ça en avait déjà déstabilisé plus d’un. S’énerver, perdre patience, ou faire une mini crise d’impulsivité résidait pour lui en l’état de rareté précieuse. Ca arrivait, il ne fallait pas se leurrer, mais c’était chose rare, et ce, même si depuis son accident il lui arrivait de perdre plus rapidement patience. Bon vivant, le jeune homme ne crachait jamais sur une bonne blague ou un moment passé en bonne compagnie, sauf que depuis quelques jours (semaines ? il ne savait plus vraiment) il y avait un intrus dans son bureau. La pièce était grande et séparée en deux par une vitre donnant sur une salle de test d’où l’on pouvait apercevoir des cibles. Gabe s’en servait rarement car on ne faisait pas vraiment confiance à un aveugle qui conceptualisait des armes de toutes sortes. On le laissait faire mais il restait contrôlé, et avait pour ordre de ne tester que les armes de bases après s’être assuré que personne ne se trouvait dans sa salle de tests. A son grand damne d’ailleurs puisque le maniement des armes lui manquait clairement. Pour l’heure, Trent ne pouvait pas faire grand-chose, obligé de supporter l’une des dernières recrue du SHIELD, à savoir une video gameuse professionnelle qui jactait aussi vite qu’une pie voleuse. Si au début il ne disait trop rien et avait passé le plus clair de son temps à se concentrer sur son ouïe fine pour ne plus rien entendre, aujourd’hui il était clairement sur les nerfs. Intérieurement du moins, car en surface, rien ne laissait prédire son agacement hormis ses quelques mimiques répétitives à intervalles réguliers. En d’autres termes, Gabriel crispait sa mâchoire toutes les demi-heures ou toutes les dix minutes lorsque le stress était à son maximum.

La veille au soir, l’agent n’avait pas pris la peine de rentrer chez lui, il avait dormi au sein même de son bureau, complètement lessivé une fois qu’Alaska eut enfin daigné quitter la pièce pour retourner dans ses quartiers. Une chambre, Gabe en avait également une mais il n’avait pas eu le courage de se rendre jusque-là, ou disons plutôt qu’il avait parfois du mal à être considéré comme « inférieur ». Le jeune homme faisait tout pour rester au top malgré son handicap, et il passait beaucoup plus de temps entre son bureau et les différentes salles d’entrainements pour réellement s’attarder dans l’aile de la base contenant leurs chambres prêtées. A 7 heures tapantes, Conner était sorti de son court sommeil pour aller se chercher un café et faire quelques pompes matinales à l’abri des regards. Puis, il était passé par la case cafétéria pour piquer quelques douceurs et était retourné dans son bureau, profitant du calme temporaire. Dans le fond, il espérait sincèrement ne pas avoir à récupérer la brune une nouvelle fois, pour une énième journée, priant pour qu’elle ait d’autres occupations, comme… Faire du sport par exemple ? Oui, Gabriel voulait y croire, elle passerait sa matinée au sport. Malheureusement pour l’agent de niveau 5, la jeune femme en avait décidé autrement, et ce fut donc alors qu’il essayait de remonter ce fameux M16 de ses doigts experts qu’elle débarqua comme une fleur.

Le son de sa voix résonna jusqu’à ses tympans devenus sensibles, si bien qu’il en lâcha un ressort qui fila s’affaler sur le sol quelques mètres plus loin. Redressant la tête et les épaules, Gabe crispa sa mâchoire pour la première fois de la journée (première d’une longue série) mais ne dit rien, se contentant de respirer lentement par le nez et de lever les yeux sur elle, bien que son regard n’atteigne que le vide. « Bonjour Alaska. ». Le ton n’était pas sec, juste respectueux, la bon timbre de voix idéal pour se montrer poli sans laisser sous-entendre qu’il n’était pas ravi de la voir. « Tu as besoin de quelque chose ? ». Oui, en bonne âme qu’il était, il s’imaginait qu’elle avait juste besoin de quelque chose, et que c’était la raison pour laquelle elle venait dans son bureau : demander quelque chose et puis repartir… Faire du sport ?

Qu’on ne s’y méprenne, Gabriel avait beau être aveugle et de ce fait, avait beau avoir développé une certaine ouïe du tonnerre, il n’en demeurait pas moins un ex agent de terrain – lui aimait penser qu’il en était toujours un, mais ça faisait bien six mois qu’on le mettait plus ou moins sur le carreau, et en tout bon agent de terrain qu’il était, il pouvait parfois se montrer un peu bourru. Dit d’une autre manière, il restait un homme avec une certaine fierté masculine qui voulait tout dire. Sûrement était-ce pourquoi il avait du mal de réellement s’ouvrir à la jeune femme, leur rencontre ne s’étant pas vraiment bien passée. Pourtant, sur le moment, Gabe n’y avait pas vu mort d’homme, il était plus ou moins habitué à sa nouvelle condition et lorsque Alaska avait fait une remarque des plus déplacées, il lui avait bien fallu cinq bonnes minutes avant de se rendre compte de ce qu’il venait de se passer. En un éclair les présentations avaient été faites, et dès lors, la jeune femme avait visiblement mis un point d’honneur à vouloir se faire pardonner. Il pensait que tout partait de là, même s’il se trompait royalement.

« Comme tu vois j’ai encore du travail aujourd’hui… Si tu as besoin de quelque chose c’est maintenant qu’il faut le… ». Trent n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’il entendait déjà le bruit significatif d’un ordinateur portable qu’on pose sur son plan de travail, suivi d’une légère vibration au niveau du sol signifiant qu’elle venait de tirer le tabouret pour probablement s’affaler dessus. Interdit, l’agent resta un moment sans voix la bouche légèrement entrouverte, elle comptait vraiment passer la journée ici… Encore ? « Je ne voudrais pas paraître malpoli mais… Tu fais quoi là ? ». Oui, le plan de travail c’était son espace. Son espace, son plan de travail. Il n’y avait qu’elle pour le mettre dans un état de fureur intérieur, il était « la force tranquille » et ne se laissait jamais perturber par quoi que ce soit (ou presque). Et là, une nouvelle recrue le mettait dans tous ses états ? C’était juste pas croyable.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Jeu 11 Juin - 16:01


HAVE A LITTLE FAITH IN ME

Il était cinq heures sept minutes lorsqu’Alaska fut tirée des bras de Morphée. Il faut dire, elle avait le sommeil plutôt agité depuis qu’elle était arrivée ici. En deux mois, les choses auraient sans doute du se placer, elle aurait du s’habituer à l’environnement, mais elle commençait presque à regretter l’immeuble un peu louche qu’elle louait juste avant d’atterrir ici. Au moins, lorsqu’elle était dans ce petit appartement, elle avait encore l’impression de vivre un semblant de vie normale. Elle avait des meubles, une cuisine rien qu’à elle, de l’espace. Ici, elle avait l’impression d’empiéter sur l’espace de tout le monde. On la regardait toujours avec de gros yeux, lui faisant rapidement comprendre qu’elle n’était pas à sa place. Et lorsqu’elle s’entrainait à contrôler ses pouvoirs, ce n’était guerre mieux. Elle était une vraie arme de destruction massive. Elle avait toujours l’impression de tout détruire autour d’elle… Enfin, c’était le cas, mais le fait est que ça n’arrangeait rien à son problème d’estime. Elle n’était plus elle-même et la seule chose qui semblait lui rester était le talent qu’elle possédait avec les ordinateurs. Rien ne lui résistait. Elle était certaine que ça, personne ne pourrait le lui enlever… presque certaine. Parce que plus rien dans sa vie n’était une certitude. Elle ne vivait que sur des peut-être, des si et à la longue, c’était exténuant. Poussant un soupire, elle poussa les couvertures et se leva. La seule portion de sa routine journalière qui lui était restée était l’entrainement qu’elle faisait à chaque matin. C’est sans doute pour ça qu’elle tenait à se lever tôt, même si ces derniers temps, ce n’était pas vraiment un choix mais plutôt une décision que prenait son corps sans même la consulter. Elle enfila donc ses chaussures et quitta sa chambre avant de se diriger vers la pièce qui lui servait de salle d’entrainement lorsqu’elle travail sur le contrôle de sa télékinésie. À cette heure, elle n’était pas occupée. Elle pouvait donc s’entrainer à sa guise. Certes, la course n’était plus vraiment une option, mais elle avait trouvé d’autres alternatives. Après une heure d’entrainement, elle retourna à sa chambre, prit des vêtements propres avant de filer sous la douche.  Elle y resta pendant de longues minutes, repensant à sa vie d’avant, à ce qu’elle était devenue maintenant et tenta de faire le point. Elle était toujours dans le néant sur plusieurs points en ce qui concernait ses pouvoirs, ce qu’elle allait faire de sa vie, mais au moins, elle avait maintenant un endroit ou vivre en toute sécurité. C’était déjà ça.

Une fois de retour dans sa chambre, elle s’empara de son ordinateur et de ses écouteurs avant de prendre un chemin qu’elle connaissait par cœur à présent, celui qui la mènerait au bureau de Gabriel. Elle y avait en quelque sorte élue domicile. Il la laissait, la plupart du temps, travailler sans trop se soucier d’elle, ce qui l’arrangeait. Il faisait ses trucs, elle faisait les siens et c’était ce à quoi se résumait leur relation. Il n’était pas particulièrement loquace, ce n’était pas faute d’avoir essayé, et Alaska s’était résignée à vouloir en savoir davantage sur lui. Les premiers temps, les premières semaines, elle avait tenté d’entrer en contact avec lui, mais il n’avait pas été très coopératif. Elle avait jeté l’éponge… pour le moment. Éventuellement, elle reviendrait à la charge, elle réussirait à le faire parler, à en savoir un peu plus sur lui. La question de sa cécité lui trottait dans la tête, mais elle ne se sentait définitivement pas à l’aise de le questionner sur le pourquoi du comment. Enfin, à peine venait-elle d’arriver aux abords du local que l’agent remarqua sa présence. « Bonjour, Gabriel. » Répondit-elle d’un ton jovial. Ne pas laisser paraitre que l’on n’est pas aussi sur de soit qu’on semble l’être. Parce qu’au fond, il l’intimidait presque. Presque. Mais elle passa outre cette impression et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle avait déjà posé son ordinateur sur le plan de travail, rapproché le tabouret et s’y était assise, ignorant les commentaires et questions que son interlocuteur lui posait. Elle avait ensuite branché ses écouteurs, parce qu’elle travaillait toujours mieux avec de la musique. Ça l’empêchait d’être distraite et dérangée par tout ce qui l’entourait. En moins de deux, ses doigts s’agitèrent sur le clavier de son ordinateur et des lignes de codes apparurent à l’écran. C’était devenu naturel pour elle, au fil des années. Comme taper une dissertation ou un truc du genre. On s’était souvent moqué d’elle lorsqu’elle était plus jeune parce qu’elle se passionnait pour le langage informatique plutôt que les langues parlées, mais si les gens pouvaient la voir maintenant, elle qui travaillait pour le S.H.I.E.L.D., la majorité des gens auraient ravalés leurs paroles.

Elle était déjà au boulot lorsque la voix de Gabriel se fit entendre, contrastant avec celle d’Ed Sheeran qui lui chantait une de ses ballades qu’elle aimait tant. Par réflexe, elle retira l’un de ses écouteurs et leva les yeux de son écran pour les poser sur l’agent Conner. « Je travailles… » Elle avait pris une pause, se mordant la langue pour ne pas rétorquer tu ne le vois pas?. Elle n’était sans doute déjà pas dans ses bonnes grâces, il ne fallait pas en rajouter. Et puis, elle avait fait sa dose de commentaires sur le fait qu’il était aveugle, pas vrai?  « Qu’est-ce que tu crois? » Termina-t-elle d’un ton qui sembla un peu trop direct selon elle. Après tout, Gabriel était le seul qui tolérait sa présence… ou du moins, qui n’avait pas encore passé de commentaire déplacé à son endroit. Il était toujours poli envers elle, même si leur première rencontre ne fut pas des plus joyeuse parce qu’Alaska étant ce qu’elle est, et parce que cette journée-là, elle était stressée plus que de raison, elle lui avait parlé très brusquement, avait dit des commentaires qui avaient sans doute pu blesser l’homme et elle le regrettait maintenant amèrement. Si elle tentait de se faire discrète, c’était plutôt difficile pour elle. Après tout, elle était habituée de travailler seule, d’habiter seule, bref de tout faire sans quelqu’un qui occupe le même espace qu’elle. Voilà qu’elle était maintenant confrontée au travail d’équipe ou du moins, au partage d’un espace qui, théoriquement – et pratiquement – n’était pas le sien. Elle n’avait pas encore de bureau attitré et sans table de travail ou bureau dans sa chambre, elle ne pouvait pas y faire grand chose.
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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Sam 13 Juin - 14:27



« I WILL WHEN I’LL HAVE A REASON TO. »


Il avait l’impression que tout son sang était remonté jusqu’à son visage, et il semblait comme bouillir de l’intérieur. C’était une sensation nouvelle pour Gabriel, jamais personne ne l’avait mis dans un tel état de nervosité et de rage en un claquement de doigt. Pourquoi était-il aussi sur les nerfs chaque fois que la jeune femme était dans son environnement ? Il n’arrivait pas encore à répondre à cette question. Si au début il pensait que c’était à cause de sa remarque déplacée lors de leur première rencontre, en définitive il se révélait que cela n’avait strictement rien à voir. C’était un tout. L’ensemble. Alaska avait cette faculté de prendre possession d’une pièce sans demander la permission. Elle avait également cette part d’innocence et de jovialité extravertie qui était… Aussi détestable qu’attendrissante. A bien y réfléchir, pour Gabe, la jeune femme était tout et son contraire en une seule et même personne, et c’était parce qu’il ne savait pas sur quel pied danser que cela rendait les choses compliquées. Au fond, le jeune homme se cachait derrière le prétexte du besoin de concentration. Bien sûr, il avait des projets et essayait d’aller au bout de ses dossiers, la bonne humeur constante de la jeune femme et le bruit incessant du clavier de son ordinateur avaient un côté plus qu’agaçant, mais ces dernières semaines… Il devait bien admettre qu’un peu de compagnie ne lui faisait pas forcément de mal. Le problème dans tout ça alors ? Et bien c’est que Gabriel n’aimait pas avouer ce genre de choses quand il prônait tout le contraire à voix haute. Il avait une once de fierté masculine mal placée en réalité, c’était rare mais ça lui arrivait. Alaska le déstabilisait plus ou moins pour une raison qui lui était inconnue. Et Dieu savait qu’il avait séduit plusieurs femmes dans sa vie déjà. Il avait même été marié.

Ce jour-là, l’agent de niveau 5 avait donc cru qu’il serait tranquille, qu’il pourrait bénéficier d’une journée simple de travail pour se ressourcer et mettre de l’ordre dans ses émotions. Malheureusement, quand il entendit la brune arriver, il comprit que ce ne serait pas le cas, encore une fois, et ce pour une énième journée. Poli, il la salua mais était clairement peu convaincu, un ressort de l’arme à feu qu’il réparait venait d’ailleurs de sauter plus loin tandis qu’Alaska tirait le tabouret pour s’asseoir à côté de lui. Si la brune était intimidée il n’en ressentait strictement rien. Ce ne fut que lorsque la jeune femme lui répondit d’un ton peu abrupte qu’il se demanda si son ton n’avait pas été un peu trop sec. Par réflexe, Gabriel plissa le nez après avoir reposé son arme en morceaux sur le plan de travail avec une lenteur démesurée, accompagnée d’une grimace qui en disait long sur son état « blasé ». « Je ne crois rien du tout. ». En réalité, il ne savait même pas ce qu’elle faisait de ses journées sur cet ordinateur. Elle pouvait bien chater avec des inconnus qu’il n’en savait rien. Heureusement pour elle qu’elle n’avait pas sorti la question en lien avec la vue, il l’aurait réellement mal pris. Pour l’heure, Gabriel se contenta de pencher la tête et se leva de son fauteuil pour essayer de retrouver son ressort perdu. D’après ce qu’il avait entendu, il ne devait pas être loin devant le plan de travail. « C’est étonnant qu’ils ne t’aient pas encore trouvé de bureau. ». La phrase était partie plus vite qu’il ne le pensait, il ne voulait pas la laisser croire qu’il souhaitait la virer de son espace de travail mais… Il y avait sans doute un peu de ça, par moment, l’agent était mélancolique à l’idée de ne pas être sur le terrain, et il ne voulait pas qu’on le voit dans cet état-là.

D’abord accroupi, scrutant le sol à tatillons, Trent ne parvenait pas à remettre la main sur ce maudit ressort, ce qui lui faisait perdre un temps dingue et faisait monter un peu plus la pression sanguine à ses tempes. Même Ed Sheeran ne pourrait parvenir à le détendre, et il pestait d’ailleurs à voix basse tout seul, conscient qu’il n’était pas assez concentré pour profiter de ses autres sens à cent pour cent. La présence d’Alaska le perturbait plus que de raison, et pourtant il avait été formé à ne pas être perturbé, par quoi que ce soit.

Le jeune homme avança à tâtons pendant plusieurs minutes, sans se soucier de ce que pouvait bien faire Bellamy. Quand il eut enfin mis la main sur le petit ressort et qu’il l’agrippa entre ses doigts, il se releva d’un geste brusque et se heurta contre le plan de travail. « Aow. Merde ! ». Serrant bien le petit objet dans sa main droite, il se tint la tempe gauche de l’autre. Il ne manquait plus que ça. Gabriel ne faisait vraiment pas attention ce matin-là. Légèrement sonné, il se redressa plus doucement et revint s’asseoir, posant le ressort dans une petite boîte pour qu’il ne se fasse pas la malle. Intérieurement, le brun brimait un peu Alaska, jugeant que si elle n’était pas venue le perturber en plein travail ce ne serait pas arrivé. Mais c’était complètement futile, dans le fond, il se cognait oui, ça lui arrivait encore de temps à autre. Un lourd silence régnait à présent dans la pièce, les seuls sons venant perturber ce havre « de paix » étant les soupirs et fins grognements de douleur de Gabriel qui se massait la tempe, sentant pertinemment qu’il ne s’était pas raté, ses doigts effleurant une légère entaille. « Ce n’est rien, je vais bien, ça m’arrive de temps en temps. ». Il fallait croire que, malgré son agacement, il était plus propice à la discussion que d’ordinaire.

Sa main vint ensuite de poser sur un des tiroirs se trouvant à sa droite, là il en sortit un mouchoir qu’il vint appliquer sur sa plaie, soudainement concentré sur sa tâche, il en oubliait presque la jeune femme, ignorant ce qu’elle pouvait bien faire à ce moment-là, ni même les interrogations qu’elle pouvait avoir en tête. La main posée sur sa tempe, Gabriel vint finalement s’accouder sur le plan de travail et prit une grande inspiration. La journée allait être longue, mais pas forcément à cause de sa voisine de bureau. Non, simplement parce que le terrain lui manquait encore.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Lun 15 Juin - 9:03


I'm trying my hardest, you know?

Si Lucky Luke tirait du fusil plus vite que son ombre, Alaska elle parvenait à obtenir des informations plus rapidement que quiconque. Pourtant, on lui avait demandé d'entrer dans un ordinateur à distance et ça ne lui avait jamais poser de problèmes jusqu'à présent. Elle pouvait presque le faire les yeux fermés. C'était comme une seconde nature. Depuis le jour précédant, elle bloquait encore sur un code qu'il lui fallait outrepasser. La fatigue ne l'avait sans doute pas aider puisqu'elle ne s'était mise au travail que dans la soirée, mais ne pas parvenir à atteindre son objectif la frustrait. Elle était donc bien concentrée et déterminée à atteindre son but, tant qu'elle n'entendit que faiblement ce que l'agent Conner lui dit. Elle leva à peine les yeux pour le regarder, simplement lui indiquer qu'elle avait écouté - bien qu'à moitié - ce qu'il avait dit et les reposa sur son ordinateur. « Je ne dois pas être dans leurs priorités. » Rétorqua-t-elle, après avoir retiré un des écouteurs de des oreilles, en haussant les épaules. Elle ne savait pas ou ils en étaient avec son cas et, en toute honnêteté, elle ne tenait pas vraiment à le savoir. Elle était bien ici. Elle appréciait la compagnie de Gabriel, même s'ils n'interagissaient pas vraiment. En fait, leurs seules interactions se résumaient à lui qui soupirait dès qu'elle faisait le moindre bruit, dès qu'elle ouvrait la bouche. Alors on ne pouvait pas parler d'une quelconque relation ici. « Mais si je te déranges, tu peux le dire, tu sais. » Ajouta-t-elle, sentant là presque une attaque personnelle. Peut-être était-t-il plus poli que les autres et ne disait rien pour cette raison, peut-être qu'il était le genre de mec à ne pas trop exprimer ce qu'il ressent, mais elle avait l'impression qu'elle dérangeait. Après tout, c'était comme ça avec les autres, pourquoi ce serait différent avec lui? Il faut dire que depuis qu'ils s'étaient rencontrés, Alaska avait l'impression de tout faire de travers. Aussi prudente était-elle, il semblait que dès que l'occasion de dire ou faire quelque chose de travers de présentait, Alaska ne la loupait pas... À son plus grand désarroi. Elle voulait simplement faire quelque chose correctement au moins une fois dans sa vie, mais ça semblait être trop demandé. Poussant un soupire, la brunette positionna l'écouteur dans son oreille et se concentra à nouveau sur sa mission.

« Prends ça! » s'exclama-t-elle quelques minutes plus tard, sa voix résonnant dans le local. L'écran de son ordinateur affichait désormais un nouveau fond d'écran et des dossiers qui n'étaient pas les siens. Elle avait enfin réussi. C’était sans doute une évidence qu’elle atteindrait finalement son but. Si on l’avait engagé, c’était sans doute parce que quelque part, quelqu’un croyait en ses compétences, mais lorsqu’elle a fermé son ordinateur le soir précédent, elle n’avait pas pu s’empêcher de douter de ses capacités. Était-elle vraiment fait pour ce boulot? Devait-elle plutôt rentrer chez elle, malgré tous les risques que cela comportait, reprendre son petit boulot qui, malgré qu’il lui plaise ne payait pas des masses, et continuer à vivre sa vie jusqu’à ce qu’on ne la trouve et lui implante une puce? Elle y avait songé. Elle avait passé plusieurs minutes la nuit précédente à fixer le plafond de sa chambre et à se poser des questions auxquelles elle seule avait les réponses et avait décidé que si elle n’arrivait à rien au cours de la journée, elle rentrerait chez elle. Après tout, la base entière ne s’en porterait que mieux. Et puis, ils pourraient sans doute trouver quelqu’un de plus qualifier qu’elle. Du moins, c’était ce qu’elle croyait. Pour une fois, elle pensait être moindrement doué dans quelque chose, mais ses efforts ne semblaient pas porter fruit. S’en était presque désespérant. Bref, en quelques, le curseur bougea sur l’écran tandis qu’elle se mit à la recherche des dossiers qu'elle devait trouver. Elle s'empara de la clé USB qu'elle cachait sur elle et l'inséra dans la fente sur le côté de son ordinateur une fois qu’elle eut trouvé ce qu’elle cherchait. Quelques secondes plus tard, les fichiers et dossiers étaient déjà téléchargés et en sécurité sur la clé. « Enfin. » Murmura-t-elle plus pour elle même qu’autre chose. Elle glissa ses doigts fins dans ses cheveux bruns avant de s’accouder à la table, fixant son écran avec un sourire satisfait sur son visage. Heureusement que son ordinateur était rapide et qu’elle avait eu le temps de tout transférer puisqu'en quelques minutes, elle perdit l'accès. Sans doute avait-on détecter une brèche dans la sécurité et interdit toute tentative d’accès d’une adresse inconnue. Enfin, ça importait peu maintenant puisque pour elle, c’était mission accomplie… et malheureusement pour Gabriel, il devrait l’endurer encore un moment.

Sortant de sa petite bulle, la brunette leva soudainement les yeux, non pas parce qu'elle l'avait entendu, mais parce qu'elle avait ressenti la vibration de la table lorsqu'il s'y était cogné et fronça les sourcils. Certes, on ne pouvait pas dire qu'ils s'entendaient bien, mais elle se souciait quand même un peu de lui. « Tout va bien? » Demanda-t-elle tandis que ses doigts quittèrent son clavier. La brunette garda les yeux rivés sur Gabriel tandis qu'il reprenait la place qu'il occupait depuis qu'elle était arrivée ici. Elle le vit jeter le ressort dans une boîte et ne pût s'empêcher que c'était un peu de sa faute s'il c'était blessé. Elle avait toujours eu cette propension à rejeter le blâme sur sa propre personne, même quand tout lui prouvait qu'elle n'était pas la cause des malheurs d'autrui. Ce n'était sans doute pas une bonne attitude à avoir maintenant, en tant que consultante du Shields, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Lorsqu'elle le vit sortir un mouchoir et le porter à sa tempe, Alaska se leva de son siège et se dirigea vers Gabriel doucement. Après tout, peut-être n'en avait-il rien à faire d'elle, peut-être préférait-il faire les choses seul, elle n'en avait aucune idée. « Je peux regarder? » Demanda-t-elle timidement, une fois arrivée à ses côtes, comme si sa question en était une gênante. En fait, s'en était une vu la relation qu'il entretenait… ou devrait-on parler plutôt de ce truc quasi inexistant entre eux. Parce qu'ils n'avaient échanger que quelques mots depuis son arrivée. En fait, c'était surtout elle qui parlait et Gabriel l'ignorait avec brio ou poussait des soupires. S'il croyait qu'elle ne l'entendait pas, il se mettait le doigt dans l'oeil. Elle le voyait bien rouler les yeux. Lui aussi semblait exaspéré. Elle l'avait bien remarquer. Pourtant, elle restait quand même parce qu'il ne disait rien. Parce qu'elle avait cette petite lueur d'espoir au fond d'elle qu'il ne la trouve pas si agaçante que ça après tout, qu'il s'habitue à sa présence... Mine de rien, elle s'était habituée à la sienne.
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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Lun 15 Juin - 20:49



« TRY HARDER. »


Sentiments nouveaux. Gabe n’avait pas pour habitude de se montrer aussi tendu quand il s’agissait d’un collègue ou même avec les gens en règle générale. Il n’y avait qu’avec ses ennemis ou ses cibles qu’il se montrait parfois un peu plus froid mais son calme il réussissait toujours à le garder lorsqu’il s’agissait de longues discussions tendues. Il fallait donc le comprendre, lui qui était réputé si calme se retrouvait être un véritable nerveux, comme une pile électrique qui ne parvenait pas à se canaliser. A chaque fois qu’elle était là. Ce n’était pourtant pas faute d’essayer de se montrer aimable, malheureusement dès qu’il voulait ouvrir la bouche pour faire la conversation son irritation devenait plus grande, et comme Alaska monopolisait plutôt bien le silence à elle seule, il abandonnait souvent l’idée de se mettre à parler de lui-même sauf pour la réprimander de temps à autre. Soit elle faisait trop de bruit, soit son côté extraverti devenait lassant (ça c’est ce qu’il voulait faire croire et également se faire croire à lui-même d’ailleurs). Inutile alors de préciser que lorsqu’il l’entendit arriver et poser ses affaires de bon matin, il perdit son calme et sa dextérité, envoyant valser un ressort un peu plus loin et ruinant sa réparation du matin. En dépit de ce constat, Gabriel laissa la jeune femme s’installer (il n’eut pas le choix en fait) et lui demanda la raison de sa venue, conscient que son ton était digne d’un être malpoli, raison pour laquelle il s’adoucit légèrement juste après ça. En réalité, ce fut surtout en entendant Laska lui répondre qu’il se rendit compte de la personne désagréable qu’il pouvait être avec elle, alors il pencha la tête sur le côté et se contenta de garder le silence, contrit.

Laissant là la brune à ses occupations, car elle n’avait pas besoin de son approbation pour vaquer à ses affaires, l’agent de niveau 5 se leva de son fauteuil pour contourner son plan de travail à la recherche de la pièce qu’il avait perdu quelques minutes plus tôt. Tandis qu’il explorait le sol parfois poussiéreux de son bureau, Trent entendit sa charmante compagnie s’exclamer par différentes onomatopées. Sans vision et sans savoir ce qu’elle faisait, on pourrait croire qu’elle était en train d’éclater de l’Alien à coup de jeux vidéo, ce qui aurait très bien pu arriver. Conner décida de ne pas y prêter attention et récupéra après plusieurs minutes le fameux ressort. Sauf qu’à être trop perturbé et à vouloir aller trop vite on en venait à se cogner, et c’est ce qu’il se passa avec Gabe à ce moment-là. La table dût vibrer sous le choc car il n’y alla pas de main morte. Pestant contre lui-même, le jeune homme passa une main sur sa tempe et déglutit amèrement, il n’avait pas fait attention et maintenant il se cognait devant Alaska. Bien joué, vraiment. Un soupir s’échappa de ses lèvres et il retourna à son fauteuil, gardant bien coincé entre ses doigts le petit ressort qu’il déposa par la même occasion dans une petite boîte pour l’utiliser plus tard. La question de la brunette resta un petit temps en suspens mais il l’avait entendu et tint à la rassurer en précisant que ça lui arrivait de temps en temps. Ca n’arrivait pas souvent mais encore assez pour s’en souvenir, se prendre une table n’était plaisant, ou plutôt un coin de table. « Je n’ai pas fait attention, ce n’est rien, mais merci de t’en inquiéter. ». C’était sincère, ce qu’il disait là. Attrapant un mouchoir dans le tiroir à sa droite, il posa ce dernier contre sa tempe et baissa la tête avant de soupirer longuement à nouveau, non pas par agacement vis-à-vis de la présence d’Alaska, mais pour une toute autre raison.

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Gabriel entendit les pattes du tabouret glisser dans un bruit strident (du moins à ses oreilles) et il comprit que la jeune femme se dirigeait déjà vers lui, il sentait son parfum de manière plus forte. La question de Laska le surprit mais il se contenta de retirer le mouchoir de sa tempe et hocha la tête en guise d’acquiescement. Cela la surprendrait peut-être mais au fond Conner n’était pas un mauvais bougre, il n’était pas non plus malpoli ou hargneux, il avait juste son petit caractère mais en temps normal il était plutôt facile à vivre. Si dernièrement il était tendu c’est parce qu’il voulait se rendre utile au monde extérieur, sa formation d’agent de terrain à son entrée au SHIELD y était pour beaucoup, il avait du mal à s’imaginer rester enfermé ici pour le reste de sa carrière. Il faisait partie de ceux qui se battaient pour obtenir ce qu’ils désiraient, de ceux qui n’abandonnaient pas malgré la difficulté, et Dieu savait combien cette épreuve fut dure à encaisser au début. Au jour d’aujourd’hui, Gabe était toujours le même homme, à un handicap près, mais il gardait tout de même des peurs profondes, il lui arrivait encore de se réveiller en pleine nuit, cherchant à voir la lueur du jour ou le moindre objet. Juste voir, sortir de l’obscurité. « Tu peux regarder. ». C’était étrange, cette relation qu’ils avaient pour le moment. C’était étrange de se dire que la jeune femme l’agaçait sans l’agacer. Il n’arrivait pas à mettre des mots. Il était encore plus étrange de se rendre compte que cela faisait maintenant trois ans qu’il ne s’était pas laissé toucher par la gente féminine. Oh il avait usé parfois de ses charmes, et surtout de son handicap, mais depuis son divorce il n’avait jamais vraiment cherché à retrouver « l’amour ». C’était donc avec étonnement qu’il laissait là Alaska inspecter sa plaie suite à son erreur, car c’était bien sa faute à lui s’il s’était cogné. « Verdict, Doc’ ? ». Oh, il se permit même un fin sourire en coin. Super frigide se déridait-il enfin ?

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mar 16 Juin - 5:46


I can't do it anymore.

Les paroles qui s’échappèrent de la bouche de Gabriel surprirent Alaska. Que se passait-il? Ou était l’agent Conner qu’elle connaissait, celui qui lui faisait la gueule, qui était rude avec elle et qui ne se souciait pas d’elle ou de ce qu’elle pensait? Est-ce que le coup qu’il avait reçu à la tête avait été aussi violent qu’il change de personnalité? En ce moment, elle pensait définitivement que c’était une possibilité. Il lui répétait qu’il allait bien, mais cette simple phrase qu’il venait de  lui dire lui laissait croire que tout n’allait pas bien. « Tu es certain que tout va bien? » Demanda la brunette, les yeux grands ouverts comme ceux des poissons. Elle était définitivement sous le choc. Gabriel qui avait un once de savoir vivre avec elle? Il lui faudrait mettre une marque sur le calendrier pour se rappeler de ce jour historique. Qu’avait-elle fait pour mériter plus que des soupires d’exaspération? Elle ne savait pas, mais malgré l’étonnement, elle était quelque peu satisfaite d’avoir pu lui faire changer d’attitude, ne serait-ce qu’une fraction de seconde. « Je pense que la blessure est plus grave que tu ne veux le laisser croire. » Ajouta-t-elle d’un ton toujours moqueur, faisant référence à ce soudain laisser aller de sa part. C’était sans doute risqué, parce qu’ils n’en étaient pas encore là. En fait, ils en étaient bien loin. Leur relation était plutôt à des années lumière du moment ou ils pourraient blaguer comme elle venait de le faire. Étrangement, bien qu’elle voulait se faire pardonner de ce qu’elle lui avait dit la première fois qu’elle l’avait vu, elle ne pouvait pas s’empêcher de lui lancer des piques comme elle venait de le faire. Parce que c’était son moyen de défense, sa façon à elle de ne pas s’autoriser à être trop proche des gens. Elle avait déjà perdu ceux qui lui étaient les plus proche et elle ne pouvait pas se permettre de perdre quelqu’un d’autre. Encore moins ici. Elle ne pouvait pas se permettre de s’attacher. Et pourtant, lorsqu’il s’agissait de Gabriel, elle voulait être acceptée, aimée. Et c’était sans doute ce qui caractérisait le mieux Alaska. Elle était la contradiction à l’état pure. « Désolé, je ne voulais pas… » Elle se stoppa. Elle ne voulait pas quoi? Elle n’en avait aucune idée. Elle ne voulait pas l’offenser peut-être. Parce qu'au fond, même si elle voulait jouer les femmes fortes, indépendantes et je-m'en-foutiste, elle s'inquiétait de ce que les autres pensaient d'elle et de les offenser.

Une fois près de lui, Alaska figea. Que faisait-elle maintenant? Elle voulait s’assurer qu’il allait bien, mais allait-il seulement la laisser faire? Elle n’en savait rien et pour être franche, elle appréhendait sa réaction. Il allait sans doute l’envoyer valser, lui dire qu’il pouvait bien se débrouiller tout seul. Après tout, il ne semblait pas avoir besoin de personne pour veiller sur lui. Déjà parce qu’il était plus vieux qu’elle et également parce qu’il avait survécu jusque là, bien avant qu’elle arrive dans les parages. C’est sans doute ce qui expliqua la réaction de la brunette aux paroles de l’agent. Elle fronça les sourcils, à croire qu’il avait plus d’un tour dans son sac pour la surprendre, et recula d’un pas. Quelque chose d’anormal s’était produite suite à son petit accident. Avait-elle raté un épisode? S’était-il fait momentanément par des extraterrestres qui lui avait lavé le cerveau? Cette idée semblait sans doute farfelue, mais c’était la seule explication qui semblait plausible. Parce que Gabriel ne pouvait pas être gentil juste parce que, sans raison. Après avoir repris ses esprits, elle s’approcha à nouveau de lui et laissa ses doigts effleurer la peau autour de sa blessure. Cette sensation, toucher la peau de quelqu’un d’autre, ça faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas fait. Peu importe l’intention, elle n’avait pas touché un autre humain, été aussi proche de quelqu’un depuis des lustres. Au moins depuis le jour ou elle s’était réveillé après sa transformation, après qu’elle eut découvert ses pouvoirs. Ça lui avait déjà donné une raison de ne plus s’approcher de quiconque. Elle ne voulait blesser personne et elle se savait être une arme de destruction massive. Puis, elle avait appris la mort de ses parents. Les personnes qui comptaient le plus pour elle l’avaient quitté et elle n’avait même pas pu être présente aux obsèques. Elle ne voulait pas prendre ce risque, malgré tout l’amour qu’elle leur portait. À partir de ce moment, elle s’était juré de ne plus jamais s’attacher à un être humain. Elle ne pouvait pas. De ce fait, elle évitait tout contact avec un autre humain, du moins, le plus possible. Puis, elle était arrivée au S.H.I.E.L.D. et avait rencontré des gens comme elle. Elle n’était pas un montre pour eux… enfin, pas pour tous. Et elle s’était surprise à vouloir être appréciée par eux. Pour la première fois en plusieurs mois, elle recherchait à nouveau de l’affection. Elle avait de la difficulté à la trouver, mais parfois, elle se laissait croire que les regards et les soupires que Gabriel lui lançaient étaient une sorte d’affection.

Enfin, elle alla chercher le tabouret sur lequel elle était précédemment assise, faisant bien attention de ne pas le faire glisser sur le sol parce que ce sont l’irritait, et le posa à côté de la chaise de Gabriel. Elle s’y assied, approcha son visage encore un peu de celui du jeune homme histoire de mieux pouvoir examiner la blessure et afficha une mine grave. « Ça semble grave. » Déclara-t-elle d’une voix beaucoup trop grave pour être sérieuse. Pendant un instant, elle se sentait comme dans une émission du genre Dr House ou un quelconque drame qui se déroulait dans un hôpital. « La blessure n'est pas profonde, mais elle semble avoir laissé des séquelles. » Ajouta-t-elle avec un petit sourire. Elle savait qu’il ne pouvait pas la voir, mais quelque part, elle espérait qu’il pouvait l’entendre dans sa voix. Elle s’empara d’un mouchoir qu’elle avait aperçu dans le tiroir toujours ouvert et tapota doucement la blessure. « Ce n’est rien de bien grave. » Annonça-t-elle finalement, reprenant son sérieux. « Tu devrais survivre. » Elle sourit avant de laisser somber ses mains le long de son corps. Elle ne pouvait rien faire de plus en ce moment, simplement constater l’état de la blessure. « Il faudrait simplement la désinfecter. Y a-t-il une trousse de premier soin quelque part? »
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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mar 16 Juin - 20:03



« GO AHEAD. ASK ME. »


Le coup à la tête n’y était pour rien. Que cela surprenne Alaska, c’était normal, Gabriel n’avait pas pour habitude dernièrement de se montrer sous son meilleur jour, se révéler tel qu’il était vraiment : bon vivant et blagueur. Oui, l’agent du SHIELD avait parfois un humour pourri quand il était de très bonne humeur, cela n’était encore jamais arrivé avec la brunette mais ça ne saurait tarder. Toutefois, Gabe conservait une certaine retenue car une drôle d’idée lui trottait dans la tête. Alaska l’agaçait depuis plusieurs jours, mais au fond il s’était habitué à sa présence et il jugeait pouvoir lui apporter quelques choses. Il y avait donc cette folle idée qui germait dans sa tête sans même qu’il ne daigne encore l’accepter, et surtout sans même que la jeune femme ne s’en doute (pour cause elle le pensait complètement frigide et boudeur à force de tirer la tronche). Ce fut donc sincèrement qu’il répondit aux inquiétudes de la professionnelle de l’informatique, s’il avait été capable de voir il l’aurait très bien vu, cette surprise étirant les traits de son visage. Non, il n’était pas malade, il acquiesça même. « Oui, je t’assure, j’ai connu pire. ». Ca oui, c’était indéniable, mais Laska n’en savait encore rien, peut-être même qu’il ne lui dirait pas avant un long moment. Après tout, il était de niveau 5 et elle… Il n’en savait rien en fin de compte.

Retourné à sa place initiale, le jeune homme s’attelait à la tâche et avait posé un mouchoir plié sur sa tempe douloureuse (bien qu’ils sachent endurer la douleur). S’il s’était montré désagréable jusqu’ici, son attitude semblait évoluer en mieux, il ne se sentait plus la force de rester trop sérieux et silencieux avec elle, c’était une véritable pile électrique. Pile électrique qui, pour le coup, s’inquiétait réellement pour lui. A la réponse moqueuse qu’elle lui offrit, Conner pencha la tête sur le côté. « Hmm. ». L’air grave, il lui laissait plus ou moins croire que le ton ne lui plaisait pas mais au final il lui offrit un sourire en relevant la tête vers elle. S’il se guidait grâce aux sons, il gardait tout de même certains réflexes et l’on avait quelques fois l’impression qu’il pouvait réellement vous voir. Gabe voulut en dire plus mais elle le devança et il se tût, mais la prise de parole d’Alaska, il ne la comprit pas et fronça d’ailleurs légèrement les sourcils. « Désolée pourquoi ? Tu n’y es pour rien. Pour une fois. ». Nouvelle taquinerie de sa part, ‘Laska faisait face à une véritable rébellion d’attitude. Super frigide se déridait bel et bien ! Récupérant finalement son sérieux, le jeune homme lui confirma qu’elle pouvait regarder. Ainsi, il retira le mouchoir de sa tempe et tourna son fauteuil pour être face à elle. Il la savait proche, sûrement trop proche de lui pour le coup et ça le perturbait un tantinet, augmentait légèrement son rythme cardiaque aussi. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’une femme n’avait pas posé les mains sur lui, non pas qu’il soit du genre abstinence, mais les circonstances étaient telles qu’il n’a tout simplement pas eu de réelles occasions depuis son divorce. Et à dire vrai, il n’en avait pas eu l’envie et n’avait pu concilier travail acharné et vie amoureuse, il avait traversé des turbulences niveau santé et au niveau professionnel. Juste assez pour être constamment occupé. Ils étaient donc deux à avoir cette drôle d’impression vis-à-vis de leur rapprochement, puisque Laska non plus n’avait pas été proche de quelqu’un depuis longtemps. A croire qu’ils étaient deux extraterrestres en fin de compte.

Quand elle fut près de lui et qu’elle effleura la plaie du bout des doigts, Gabe tressaillit légèrement, non pas de douleur mais de surprise, comme s’il recevait un petit coup électrique. Entre temps, il avait baissé les yeux et attendait le verdict, comme il lui demanda. Le surnom se voulait un peu blagueur, léger, car l’heure n’était plus aux tensions, il était fatigué. Quand elle lui répondit que ça semblait grave il fronça les sourcils. « Vraiment ? Mais… ». Oui il n’avait pas plus mal que ça, il pensait avoir une légère cicatrice qui disparaitrait ainsi qu’une grosse bosse, mais rien de plus. Ce n’est que lorsqu’elle continua dans son délire Dr House que Trent comprit sa manœuvre, elle taquinait, et son sourire revint alors naturellement, il se permit même un léger rire. « Je ne suis pas toujours… Grincheux, tu sais. ». Contrairement à ce qu’il avait pu laisser paraître jusqu’à présent. La seconde fois qu’elle effleura la plaie avec un mouchoir il ne tressaillit pas, finalement être touché c’était comme le vélo, on n’oubliait jamais vraiment la sensation. Gabe respirait lentement, il semblait plus détendu et apaisé, il avait peut-être tout simplement eu besoin de ce choc pour que ses idées se remettent en place et qu’il ne se rende compte de sa bêtise. Il faisait payer à la brune son manque de terrain, son manque de mission et c’était mal.

Quelques secondes plus tard, Gabriel tira le deuxième tiroir à la droite de son plan de travail et en sortit une trousse de premier secours, il y en avait une dans chaque bureau de la base souterraine. Le SHIELD avait beau avoir été dissout à l’époque, ils avaient tout de même le nécessaire. « Tiens. ». Il lui tendit gentiment puis reposa un regard plus ou moins vide sur elle (par définition il l’était forcément, mais il arrivait à perturber les gens lorsque ses prunelles se posaient piles sur la personne en question). « Je sais que la question te taraude l’esprit depuis plusieurs jours alors… Tu peux la poser. ». Oui, à en juger par la façon dont Alaska tapait sur son clavier, la façon qu’elle avait d’être extraverti et de vouloir tout découvrir (heureusement elle n’avait touché à aucune arme…), tout laissait sous-entendre qu’elle avait un certain degré de curiosité. Gabriel savait, tout simplement parce que c’était également une réaction humaine, il savait que la majorité des gens se demandaient comment il était devenu aveugle, ou bien même si c’était de naissance.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mer 17 Juin - 20:04


This is so awkward.

Un sourire se dessina sur les lèvres d’Alaska lorsqu’elle entendit la réponse de Gabriel. Elle avait beau faire des blagues pourries à son sujet, il n’en restait pas moins que maintenant, en le voyant blessé, elle s’inquiétait pour elle. Elle se souciait de lui, même si pour la plupart des gens, elle avait sans doute une drôle de façon de le montrer, mais tout au fond d’elle, Gabriel était la personne dont elle était la plus proche en ce moment. (Ça en disait sans doute très long sur l’état de ses relations interpersonnelles.) « Si tu le dis. » Commenta-t-elle en haussant les épaules, ce petit sourire dansant toujours sur ses lèvres. Comme si elle croyait qu’il voulait jouer les hommes forts, les mecs hyper viriles qui n’ont jamais mal. Cette simple pensée la fit sourire encore un peu plus parce que ça semblait totalement être son genre, du moins, pour ce qu’elle connaissait de lui, ce qu’il lui avait laissé paraitre de sa personnalité jusqu’à présent. « Je vais te croire. » Ajouta-t-elle, comme s’il cherchait son approbation, ce qui était sans aucun doute loin, très loin d’être le cas.

Elle haussa à nouveau les épaules lorsqu’il lui demanda pourquoi elle était désolée. En vérité, elle n’en avait aucune idée. C’était sans doute simplement un réflexe, la peur de l’avoir blessé. Après tout, elle l’avait déjà fait à quelques reprises et, malgré tous ses efforts, elle tentait de ne plus le contrarier. Cette tâche s’avérait cependant plus difficile que possible. Son air grognon, les mimiques, son attitude générale envers elle, ça lui donnait toujours l’envie de rire. Pas nécessairement de lui, mais juste de rentre la situation, l’atmosphère moins tendue… et la majorité du temps, c’était un échec lamentable. Il semblait qu’à chaque tentative qu’elle faisait, il s’éloignait d’elle. Elle fut donc ravie de voir que maintenant, il s’était enfin décidé à ne plus être aussi hostile à son endroit. Le voilà qu’il se risqua même à blaguer. Alaska n’y comprenait plus rien. Elle en était certaine maintenant, le coup qu’il avait subi était grave. Même si, en apparence, ce n’était pas grand chose, elle était convaincue que son cerveau avait été touché et qu’il allait garder des séquelles… Bon, c’était sans doute son sens de l’exagération qui parlait, mais il était impossible qu’il ait tout simplement décidé aujourd’hui d’être gentil avec elle. À la taquinerie qu’il lui lança, elle le regarda, l’air surpris, choquée même et secoua la tête, laissant un léger rire s’échapper d’entre ses lèvres. « Tu sauras que ce n’est jamais de ma faute. » Réplica-t-elle sur un ton faussement outré. Elle s’autorisa même à lui tirer la langue. Après tout, il ne pouvait pas la voir. C’était l’avantage. Elle savait que c’était de bonne guerre et qu’elle l’avait amplement mérité. Elle était celle qui le taquinait le plus et il fallait bien qu’un jour l’ascenseur lui revienne et il fallait croire qu’aujourd’hui était le jour. Elle ne le prenait pas mal et savait qu’elle pouvait être plus qu’agaçante par moment, mais c’était plus fort qu’elle. Elle était incapable de rester en place deux minutes. Il lui fallait du bruit lorsqu’elle travaillait. Elle ne pouvait pas se concentrer si c’était trop silencieux, aussi étrange cela puisse paraitre.

Elle tenta de garder son sérieux le temps qu’elle lui fasse son petit numéro de docteur qui sait vraiment ce qu’il fait, mais lorsqu’il ouvrit la bouche, qu’il fut pris au jeu, elle ne put s’empêcher de rire. « Je n’arrive pas à croire que tu y ais cru. »  S’exclama-t-elle en riant. Son expression valait de l’or et si elle avait pu, elle l’aurait immortalisé sur photo. Et à cet instant, étrangement, elle se surprit à souhaiter qu’il puisse voir sa propre réaction. Au même moment, une question lui vint à l’esprit. Elle n’y avait jamais vraiment songé auparavant, pas même lorsqu’elle l’avait rencontré pour la première fois et qu’on lui avait dit qu’il était aveugle, mais la question lui brulait presque les lèvres maintenant. Quelle était la cause de sa cécité? Était-ce de naissance ou un incident était-il survenu et lui avait fait perdre la vue? Elle voulait savoir, mais elle savait que ce genre de question ne se posait pas. Non, elle ne se voyait pas vraiment lui demander, juste comme ça, ce qui l’avait rendu aveugle. C’était trop direct, quoi que c’était tout elle. Il fallait bien l’avouer, Alaska avait toujours eu le don de se mettre les pieds dans les plats, sa première rencontre avec Gabriel en étant un exemple parfait. Pourtant, cette fois-ci, elle ne voulait pas commettre l’erreur. Après tout, ça semblait bien parti entre eux, du moins pour aujourd’hui. Non, parce qu’aujourd’hui, elle avait le privilège, l’honneur même, de voir Gabriel lui sourire, de l’entendre rire. « J’ai même droit à un sourire, à un rire?! Je vais le marquer à mon calendrier. » Blagua-t-elle parce que mine de rien, ça faisait tout de même quelques mois qu’il se connaissaient maintenant et c’était la première fois qu’elle l’avait entendu rire. Elle ne put s’empêcher de sourire en l’entendant se qualifier lui-même de grognon. Au moins, il le reconnaissait et c’était déjà un bon début.  « Je sais. » Répondit-elle simplement en faisant bien attention de ne pas mettre trop de pression sur sa blessure. Elle avait remarqué qu’il avait tressailli la première fois qu’elle l’avait touché et ne voulait pas qu’il souffre un peu plus par sa faute, même s’il s’évertuait à dire qu’il n’avait pas mal, qu’il allait bien.

Lorsqu’il sorti la trousse de son tiroir et la lui tendit, elle le remercia avant de la poser sur la table. Elle l’ouvrit et regarda ce qu’elle avait à sa disposition. Elle s’empara d’un tampon désinfectant et quelques secondes plus tard, s’afféra à désinfecter la blessure. Une fois la chose faite, elle le mit de côté avant de s’emparer d’un pansement, se figeant dans ses mouvements lorsqu’elle entendit ses propos. Elle se mordilla la lèvre inférieure, vieux réflexe qui ne l’avait jamais vraiment quitté, et sorti le pansement de son emballage. « Comment est-ce arrivé… ta cécité, je veux dire. » Demanda-t-elle finalement tandis qu’elle posa le bandage avec toute la délicatesse dont elle était capable sur sa blessure.
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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Jeu 18 Juin - 22:07



« WELL… LIKE I SAID. I CAN BE NICE. »


Il était drôle de voir combien une atmosphère pouvait soudainement se détendre lorsque l’on y mettait du sien. Pendant des jours, des semaines, Gabriel s’était montré plus froid que d’ordinaire, avait donné une image de sérieux et de professionnalisme exagéré. Aujourd’hui, le jeune homme semblait finalement enclin à s’ouvrir un peu à elle, et ce, aussi chiante puisse-t-elle être par moments. Les sourires d’Alaska, l’agent les entendait bien plus qu’il ne les voyait et ça l’obligeait à sourire à son tour. Ils n’avaient rien de sourires forcés, bien au contraire, la brune avait visiblement commencé à percer la carapace qu’il s’était forgé pour se protéger. Loin d’en être au stade « amis », c’était toutefois un bon début, se cogner la tête était peut-être prédestiné au final. Cela devait arriver pour que la barrière commence à tomber. Et à s’en rendre compte, en la voyant lui répondre, le taquiner de la sorte, il fallait bien admettre que Laska n’était pas si désagréable que ça. Une drôle de compagnie, certes, mais une compagnie agréable en fin de compte. Du moins, il voyait de la lumière au bout de leur tunnel, ils pourraient probablement s’entendre en fin de compte, avec un peu d’effort.

Des efforts, Gabe en faisait alors qu’il la taquinait et essayait de blaguer, oubliant la douleur de sa future bosse à la tempe. Oui, le choc avait été violent et il l’avait senti passer, mais comme il lui disait, il avait connu pire. Largement pire. Alaska lui répondit qu’elle était prête à le croire à ce sujet, ce qui lui fit pencher la tête sur le côté. « Tu peux. C’est le cas. ». Puis, il la laissa se rapprocher, Monsieur était d’humeur à se laisser toucher gentiment par celle qui l’avait agacé pendant des jours durant. Il y avait franchement du progrès ! Que la jeune femme pense que son coup à la tête l’avait rendu dingue, elle pouvait, c’était légitime, même si Conner n’avait rien d’un méchant et qu’il était réellement blagueur et bon vivant. Faire la tronche, c’était rare en temps normal pour lui, et il était bien conscient que son attitude envers elle avait été un peu rude. Le docteur du jour prononça son verdict après avoir inspecté la plaie. Sur le moment, Gabriel avait tressaillit, ne s’attendant pas à être touché de manière aussi douce. La deuxième fois il ne prêterait pas attention et se laisserait faire docilement, pour l’heure, il ne comprenait pas pourquoi elle s’excusait, il lui précisa même que ce n’était pas sa faute pour une fois. La taquinerie était accompagné d’un sourire et la réponse de la brunette fut dans la même optique : légèreté. Bien sûr il ne la verrait pas lui tirer la langue (heureusement pour elle d’ailleurs), mais il ouvrit quand même la bouche faisant mine de ne pas la croire. « Oh tu es vraiment sûre de ce que tu dis là ? ». Un énième sourire étira les traits de son visage tandis qu’il lui tendait la boite de premier secours.

Entre temps, Alaska avait joué les malines en lui faisant croire que la plaie était plus grave qu’il ne le pensait, et sur le coup Gabe rentra les deux pieds dedans avant de se rendre compte de la supercherie. « Tss… Je n’y ai cru que le temps d’un instant, l’adrénaline peut parfois tromper la gravité d’une blessure tu sais. ». Et il était sérieux en disant cela, mais le ton détendu reprit vite le dessus sur le côté sérieux du métier. Rapidement, Gabriel se mit à sourire plus sincèrement, même à rire et la réplique de la jeune femme ne le fit que rire davantage alors qu’il affirmait ne pas être toujours grincheux. « Oui, visiblement tu es très chanceuse aujourd’hui. Ou peut-être qu’il est tout simplement temps que je me détende. ». Il hocha la tête pendant qu’elle s’affairait à sortir tout ce dont elle avait besoin de la trousse de secours. Docile et calme, l’agent de niveau cinq ne bougeait plus d’un millimètre, légèrement perdu dans ses pensées soudainement, il savait que la brune se posait des questions, celle qui les taraudait tous. Comment avait-il perdu l’usage de ses yeux ? L’était-il depuis tout jeune ? C’est quand il la sentit désinfecter et qu’il laissa échapper une petite grimace qu’il la rassura en lui disant qu’elle pouvait la poser, sa fameuse question. Il ne le prendrait pas mal. La question eut au moins le don de le détourner de son attention, ce qui permit à Alaska d’apposer son pansement sans qu’il ne sente rien (et de toute manière il n’aurait rien dit, par fierté sans doute). Au lieu de ça, Trent prit une inspiration, il n’en dirait pas trop, juste assez.

« Ce n’est pas de naissance. J’ai été capable de voir, comme toi. Les couleurs, le ciel, les gens… Je pouvais lire et écrire, j’étais comme un humain lambda. ». Il haussa les épaules pour appuyer ses dires, comme s’il s’en fichait, que ça ne l’atteignait plus. « J’ai eu un accident lors d’une mission dont tu ne connaîtras pas la teneur. Une bombe. J’ai pris des éclats dans les yeux il y a trois ans et depuis je fais avec. ». Il ne parlerait pas de ses réveils nocturnes en catastrophe où il essaye désespérément de voir, persuadé qu’il a encore un bandage sur les yeux. Mais chaque fois c’était la même chose, il réalisait et se souvenait que jamais plus il ne verrait la lueur du jour. Du soleil. « J’ai tout réappris d’une autre manière et je me suis battu pour ça. C’est tout ce qu’il y a à savoir dans le fond. ». Le pansement mis sur sa tempe il se tourna vers elle, faisant tourner son fauteuil. « Merci, pour les soins de premier secours. ». Il lui offrit un autre sourire pour la peine. « Je crois que ça fait déjà deux, plus un rire. ». Oui, elle pourrait marquer sur son calendrier. Laissant soudain planer un silence entre deux, il pinça les lèvres, l’air en pleine réflexion. Il finirait par lui proposer d’être son Supervising officer. Oui, il finirait par lui demander.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Ven 19 Juin - 6:35


I'm not used to it. This is weird.

Lorsqu’il lui dit qu’elle pouvait le croire, elle se contenta simplement d’hocher la tête. Il n’y avait rien vraiment de plus à ajouter. Comme si les surprises se succédaient, il la laissa l’approcher, lui qui faisait toujours une moue lorsqu’il sentait qu’elle s’approchait un peu trop près de lui à son gout. C’était sans doute stupide comme réflexe, mais elle leva les yeux pour voir si quelqu’un d’autre était témoin du spectacle. Personne à l’horizon. Évidemment. « Oui, je t’assure. » Rétorqua-t-elle avec tout le sérieux du monde. « Je ne suis pas un aimant à catastrophe, pas du tout. » Ajouta-t-elle sarcastiquement. Évidemment, quiconque connaissait Alaska savait qu’elle était prompte aux péripéties en tout genre et que s’il y avait une infime possibilité que quelque chose cloche, ça allait certainement arrivé. Elle était sans aucun doute l’une des personnes les plus maladroites et malchanceuses qui n’ait jamais foulé le sol de cette planète. Plus petite, ses parents s’amusaient à la surnommer mademoiselle gaffeuse. Que ce soit renverser son verre de jus sur la belle nappe blanche que maman ne sortait que pour des occasions spéciales ou encore briser le vase auquel grand-maman tenait tant, on savait toujours vers qui se tourner, qui accuser. Si seulement la jeune fille avait eu un ami imaginaire sur qui mettre le blâme. Non, elle n’en avait pas, mais ce n’était jamais de sa faute. Ce n’était de la faute de personne d’ailleurs, mais jamais elle n’était à blâmer.

Sa réaction lorsqu’elle réalisa qu’il avait cru à sa petite blague ne la surpris pas. Les hommes et leur fierté. Elle roula les yeux et laissa s’échapper un rire cristallin d’entre ses lèvres. Évidemment qu’il n’y avait pas cru. Il ne pouvait pas s’être fait berner par une fille aussi facilement. Cette petite victoire la fit sourire intérieurement. « Oui, c’est sans doute ça. L’adrénaline de la blessure. » Répéta la demoiselle en secouant la tête. Ne pouvait-il pas tout simplement admettre qu’il y avait cru? Elle s’autorisa quand même à savourer cette petite victoire. Décidément, aujourd’hui était la journée des premières.  « Ou bien tu es tout simplement tombé dans le panneau et m’aurais cru si j’avais continué dans mon délire. » Elle se permettait de le narguer. Elle était de bonne humeur et il semblait l’être aussi alors pourquoi pas? « Super frigide qui se détend? J’aurai vraiment tout vu aujourd’hui! » S’exclama-t-elle. Le surnom était sorti juste comme ça, sans qu’elle n’y pense, mais il fallait avouer qu’il lui collait bien à la peau.

Lorsqu’il ouvrit la bouche pour répondre à sa question, qu’elle trouvait un brin indiscrète mais après tout, c’était lui qui l’avait incité à la poser, elle s’assied sur son petit tabouret et resta silencieuse, écoutant son récit… enfin ce qu’il pouvait – et sans doute voulait – dévoiler de son récit. Plus il parlait, plus elle se sentait mal, presque honteuse, d’avoir osé le questionner à ce sujet. Elle se doutait bien que ce n’était pas quelque chose de facile à aborder. Il avait beau prendre les airs du mec qui n’est pas atteint par tout ça, il pouvait bien jouer au plus fort, mais elle avait cette impression qu’il souffrait plus qu’il ne voulait le laisser paraitre. Après tout, il avait eu droit à ce qu’elle considérait désormais comme un privilège. Il avait pu voir la beauté de la vie, les paysages à couper le souffle, le soleil qui brillait dans le ciel. Tout ces trucs, Alaska les avait toujours pris pour acquis, mais maintenant qu’elle connaissait l’histoire de Gabriel, du moins une partie, elle se sentait presque mal de ne pas apprécier et s’épanouir un peu plus ces moments ou elle sortait de son appartement et le soleil venait l’éblouir, ou elle voyait les feuilles des arbres changer de couleur au fil des saisons. C’était sans doute banal pour le commun des mortels, mais pour les gens comme Gabriel, elle se dit que ce devait être terrible d’avoir eu la chance d’apprécier toutes ces petites merveilles que la vie a à offrir pour que finalement, on vienne les reprendre. « Je suis désolé. » C'était tout ce qu'elle arriva à dire. Qu'y avait-il d'autre à ajouter? Elle aurait bien aimé pouvoir faire quelque chose pour lui, lui prêter ses yeux si elle avait pu. Prise en pleine réflexion, elle ne put qu’offrir un timide sourire à l’agent qui se trouvait en face d’elle lorsqu’il la remercia d’avoir penser sa blessure.

Son sourire devait être contagieux parce que dès qu’elle le vit fendre son visage, elle ne put s’empêcher de sourire à son tour. C’était agréable de travailler – enfin, jouer à l’infirmière pour le coup – sans que l’atmosphère ne soit lourde. C’était définitivement différent de ce qu’elle avait connu jusqu’ici, mais elle pourrait sans doute s’y faire. La remarque qu’il passa la fit rire une fois de plus, la faisant presque oublier son mal-être des minutes précédentes. Peut-être était-ce ce mélange d’émotion qui provoqua chez la brunette une réaction inattendue. Elle n’avait toujours pas de réponse en ce qui avait trait à ses pouvoirs et à ce qu’ils provoquaient, bien qu’elle aurait aimé. C’est sans doute parce qu’il y avait cet élément de surprise chaque fois qu’ils se manifestaient qu’elle sursauta en entendant un objet tomber d’une étagère. Était-ce elle qui avait fait ça? L’objet était si loin d’eux que personne n’aurait pu le faire tomber. Elle tentait encore de déterminer si ses pouvoirs étaient en cause lorsqu’un contenant, qui se trouvait sur une étagère de l’autre côté de la pièce, vola jusqu’à eux, atteignant Gabriel avant de terminer sa course sur le sol en se fracassant en dizaines de morceaux. « Pas encore. Pas maintenant. » Les mots n’étaient que des murmures. Elle ne savait même pas si Gabriel les avait entendu. Elle s’en fichait pas mal en fait. Tout ce à quoi elle pensait maintenant était la destruction qui allait sans aucun doute suivre dans les prochaines minutes. Parce qu’il n’y avait aucun doute maintenant, c’était ses pouvoirs qui se manifestaient. Prise de peur, ne voulant pas blesser Gabriel plus qu’il ne l’était déjà, elle s’éloigna en vitesse de lui avant de se recroqueviller dans un coin de la pièce. Elle voyait d’autres objets s’élever dans les airs, mais elle tenta de se concentrer, comme on le lui avait montré, sur sa respiration. Elle arrivait ainsi à se calmer et, en temps normal, les effets de ses pouvoirs se dissipaient. Il fallu quelques minutes, mais les quelques objets, dont son cahier de notes, retombèrent tous bruyamment sur la surface sur laquelle ils étaient précédemment posés.
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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Sam 20 Juin - 14:59



« EVERYTHING’S GONNA BE OKAY. YOU’LL SEE. »


Pas un aimant à catastrophe. Il ne le lui dirait pas mais pour le moment il n’en était pas convaincu à cent pour cent, mais cela n’entachait en rien le fait qu’il s’ouvrait à elle lentement et qu’il commençait à voir au-delà de la carapace. La tension descendait enfin entre eux et cela ne dérangeait nullement l’agent du SHIELD, bien au contraire, il préférait déjà cette ambiance, même si les choses se compliqueraient pour Alaska quelques minutes plus tard, du moins le penserait-elle, car du côté de Gabriel cela ne changerait rien. Peut-être alors se révèlerait-il à elle. Entre temps, la jeune femme essaya de lui faire croire que la blessure était plus grave que prévue, sur le coup Conner plongea les deux pieds dans la taquinerie, mais lorsqu’elle lui avoua que ce n’était rien il fût « rassuré » et fit mine (comme tout homme qui se respecte) de ne pas avoir cru entièrement à la blague. Dans le fond, sa plaie ne faisait pas si mal que ça en soi, et en tant qu’agent il avait appris à surmonter bien des douleurs physiques. Tout était dans le mental. Oui, Laska en serait convaincue, ou pas. Le rire qu’elle lui offrit le fit légèrement sourire en retour tandis qu’il levait plus ou moins les yeux sur elle. Il opina ensuite du chef pour acquiescer sa réponse que la jeune femme répétait. Oui, l’adrénaline y était forcément pour quelque chose dans cette affaire. « Peut-être que je serais tombé dans le panneau, ou… Peut-être pas. ». Une réponse vague, ça c’était vraiment bien joué Gabe. Il pencha la tête et la brunette continua et ne s’arrêta pas en si bon chemin. Quand il entendit le surnom, Trent cligna des yeux et ouvrit la bouche qui s’étirait déjà en un sourire choqué. « Super frigide ? Vraiment ?! ». Il éclata de rire et secoua la tête. « Je ne pensais pas qu’on me la ferait un jour celle-là. Je suppose oui, qu’il faut une première à tout et que c’est l’image que j’ai pu laisser transparaître. Pour ça, toutes mes excuses. On pourrait peut-être reprendre depuis le début. ». Il lui tendit soudainement sa main. « Agent Gabriel Trent Conner. Niveau 5. ». Le tout accompagné d’un sourire, il refaisait les présentations.

Une fois la chose faite, il tendit la boîte de premier secours à Alaska et la laissa gentiment faire. Le coup à la tête n’avait pas été un déclic mais il avait toutefois permis au jeune homme de se détendre et de prendre sur lui. Le pansement mit en place, il aida la brune à ranger comme il put puis lui souffla qu’elle pouvait la poser cette fameuse question qui lui taraudait l’esprit. La curiosité n’était pas mal placée lorsque la personne en face vous confirmait que vous pouviez poser la question qui dérange. Gabe répondit avec toute la sincérité dont il pouvait faire preuve concernant la mission qui l’avait rendu aveugle. Il ne lui en dit pas trop, mais confirma que ce n’était pas de naissance. On lui avait pris sa vue, on l’en avait privé alors que c’était un élément plus qu’important lorsque l’on était agent du SHIELD. Il aurait pu être viré, en pré-retraite et pourtant il était toujours là à se battre, et il voulait que Laska le sache. Il ne faisait pas partie de ceux qui baissaient les bras, il se battait pour être à son niveau et ne pas régresser. Au contraire, il voulait progresser et gravir encore des échelons en s’entrainant plus dur encore. Les mots d’Alaska résonnèrent soudain dans la pièce, et Gabriel signa à la négative. « Je ne demande à personne d’être désolé pour moi. Ca a été dur au début, ça l’est encore parfois je l’admets mais je ne m’en sors tout de même pas si mal. ». Sur ces mots, il sourit, comme pour montrer que sa vie n’était pas aussi nulle qu’elle aurait pu l’être dans d’autres conditions. « Je fais presque tout comme toi tu le fais. ». Oui, il y avait peut-être plus de risques pour lui en mission que pour un autre agent lambda maintenant, mais il était toujours un membre à part entière du SHIELD, et ça comptait vraiment pour lui.

Au bout de plusieurs secondes, il changea de sujet pour en revenir au principal : la remercier d’avoir joué les infirmières. Il lui adressa un second franc sourire et fit d’ailleurs la remarque. Malheureusement, la pièce redevint soudain étrange, comme mise sous tension tandis qu’il entendit l’objet tomber de l’étagère. Alaska sursauta, il l’entendit au son du tabouret qui avait très légèrement reculé, la brune elle-même ne s’en serait probablement pas rendu compte. Fronçant légèrement les sourcils, Gabriel allait dire qu’il l’avait peut-être mal rangé et qu’il allait le ramasser mais les choses s’accélérèrent soudainement. L’agent allait se lever pour ramasser quand un réceptacle en verre vint le heurter au visage d’un coup sec. Surpris, il n’eut pas le temps de l’éviter ou de faire autre chose que reculer sous le choc. Aow. Sonné, il perçut le murmure de la jeune femme mais ne comprit pas tout de suite ce qu’il se passait.

Reniflant, l’objet ayant heurté l’arrête de son nez violemment, il attrapa le mouchoir sur le plan de travail et le passa sous son nez qui saignait. Il appuya plusieurs fois de suite puis décida de laisser tomber pour venir s’approcher d’Alaska. La tâche ne fut pas simple et ses mains se heurtèrent plusieurs fois à des objets… En suspens ? Dans l’air ? Comprenant alors toute l’ampleur de ce qu’il se passait, Gabe radoucit ses traits. N’importe quel autre agent aurait sans doute paniqué, mais pas lui. Il ferma la porte du bureau pour que personne n’intervienne puis tout retomba lourdement sur le sol en un bruit sec. Gabriel tourna la tête vers le cahier de la jeune femme qui venait de retomber, attiré par le bruit, puis il s’avança doucement jusqu’au coin de la pièce et s’accroupit à la hauteur de la brune. « Continue de respirer lentement. ». Sur ces mots, il essuya encore son nez et s’assit en tailleur devant elle. Là, il attrapa une de ses mains. « Calme-toi et respire, ce n’est pas grave. ». La main de la jeune femme dans la sienne, sa voix était aussi calme que ses mots, il n’était pas du tout effrayé. « Cela n’a rien d’effrayant. ». Il continuait de lui parler pour qu’elle se rassure, puis il se décida soudainement à la poser sa fameuse question. « Est-ce qu’ils t’ont déjà assigné un Superviseur ? ». Il sourit. « Car si ce n’est pas le cas, j’aimerais me proposer pour être le tien, si tu m’y autorises et si tu en as envie, bien sûr. ». Oui, il ne lui forcerait pas la main.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Ven 26 Juin - 5:36


But I'm so scared of what's to come.

À sa réponse, Alaska ne put s’empêcher de laisser échapper un léger rire. « Les hommes et leur égo. » Murmura-t-elle en levant les yeux au ciel. Elle rit un peu plus à voir l’expression sur le visage de Gabriel après qu’il eut entendu le surnom dont elle l’avait affublé. Elle avait presque l’impression qu’elle allait s’en mordre les doigts, mais il sembla bien le prendre… ce qui fut confirmé quelques secondes plus tard lorsqu’il éclata de rire à son tour. Il fallait bien un coup sur la tête pour que monsieur se déride enfin et ne laisse paraitre qu’il était un humain normal qui a des émotions plus diversifiées que je grogne de mécontentement, tu m’emmerdes et tout ce qui se trouve entre les deux. Enfin, ce n’était pas pour déplaire à Alaska qui obtenait enfin ce qu’elle attendait depuis près de deux mois. « Désolé, c’est sorti tout seul. » Avoua-t-elle avec un petit sourire en coin. Lorsqu’il lui offrit de tout reprendre du début, elle fronça les sourcils avant de le voir lui tendre la main. Il était sérieux là? Ça faisait un peu gamin ce truc. Au pire, ils auraient pu simplement continuer et faire comme si de rien était au lieu de refaire les présentations. Pourtant, la brunette ne dit rien et elle lui serra la main en lui offrant son plus beau sourire. « Shiloh Alaska Bellamy. » Répondit-elle. « Et j’ai pas vraiment de titre officiel ici. » Ajouta la jeune femme en haussant les épaules. « Quoi que… » Elle se râcla la gorge et reprit. « Je reprends. Shilloh Alaska Bellamy, consultante informatique. » Et mutée. Mais elle laissa cet aspect de côté. Elle savait qu’il était du bon côté, du côté de ceux qui veulent les protéger et non pas en faire des phénomènes de foire, des cobayes plus qu’ils ne l’avaient déjà été, mais elle savait que certains avaient toujours des réticences face aux mutés et aux gens avec des pouvoirs. De toute façon, il allait le découvrir assez rapidement.

Alaska poussa un léger soupire à la réponse qu’il lui offrit lorsqu’elle lui dit qu’elle était désolée et lui offrit un petit sourire compatissant, même s’il ne pouvait pas le voir. C’était juste des réflexes. Et puis, ce n’était pas comme si elle avait côtoyé un aveugle auparavant. C’était la première fois qu’elle se retrouvait dans une situation semblable et il fallait dire qu’il y avait un petit malaise chez elle. Elle ne savait pas vraiment comment agir. Enfin, elle le traitait comme elle traiterait n’importe qui et s’amusait un peu de sa condition, sans pout autant le faire avec méchanceté, mais ça la désolait d’apprendre qu’il avait pu voir à une époque et que ce privilège lui avait été enlevé. Certes, le métier qu’il exerçait comportait des risques et ça, tous les agents le savent, mais lorsque quelque chose du genre vous tombe dessus, c’est souvent difficile d’y faire face. On n’est jamais réellement préparé pour ça. « C’est vrai, t’as presque l’air aussi maladroit que moi à te cogner comme ça. » Lâcha-t-elle dans une faible tentative pour détendre l’atmosphère qui s’était soudainement alourdi. Après tout, il valait mieux en rire qu’en pleurer, pas vrai? Du moins, c’était toujours ce que sa mère lui avait appris.

Sa mère, comme elle aurait aimé pouvoir lui parler une dernière fois, la serrer dans ses bras ou juste entendre son rire. C’était des moments qui semblaient maintenant si lointains et tant de choses étaient arrivées au cours des derniers mois. Tant de changements avaient affectés la vie d’Alaska. Et malheureusement pour elle, la seule personne avec qui elle aurait aimé en parler, la seule personne en qui elle avait pleinement confiance n’était plus de ce monde. N’avaient-ils pas ça au SHIELD, une machine à voyager dans le temps? Les technologies n’étaient sans doute pas si évoluées. Après tout, une telle découverte aurait sans doute fait la une de tous les journaux et on en aurait entendu parler. Puis, les agents comme Gabriel qui souffraient de dommages irréversibles subits au combat l’auraient sans doute utiliser pour retourner au moment juste avant celui qui leur avait couté une partie de ce qu’ils étaient. C’était sans doute des rêves de gamines tout ça, de toute façon.

En quelques minutes seulement, les évènements défilèrent, tout ce mal-être qu’elle ressentait avait quitté son corps pour se manifester sous la forme de son pouvoir. Les objets volaient et certains avaient même valsé à travers la pièce. Elle s’en voulu à l’instant ou elle vit le contenant en verre percuter le nez de Gabriel. Elle était un véritable danger public. Pourquoi ne l’avait-on pas enfermé dans une chambre capitonnée? Elle était un danger tant pour elle-même que pour les autres. Ça aurait été plus sécuritaire pour tout le monde et elle n’aurait pas encore été la cause d’une blessure. Lorsque Gabriel s’approcha d’elle, Alaska se recroquevilla encore un peu plus. Elle ne voulait pas qu’il lui touche. Il devait rester le plus loin possible d’elle. Elle faisait ça pour sa sécurité et pourtant, il semblait s’en foutre. Ce qui venait de se produire ne semblait pas l’affecter plus que ça. Il était toujours aussi calme et posé. Elle tentait tant bien que mal de se concentrer sur sa respiration, mais l’exercice s’avéra plus difficile que prévu lorsque l’homme s’assied devant elle. Le savoir à proximité, savoir qu’elle pouvait encore le blesser ne la rassurait pas. Puis, elle sentit ses mains contre les siennes. « Ne me touche pas. » Ses mots n'étaient qu'un murmure, des paroles étouffées. C’est à cet instant qu’elle réalisa qu’elle tremblait comme une feuille. Lorsqu’il lui dit que ça n’avait rien d’effrayant, elle retira sa main de la sienne. « Rien d’effrayant? Comment peux-tu dire ça? Je fais voler des trucs et je ne comprends même pas comment j’y arrive. Je t’ai blessé. » Sa voix se brisa sur le dernier mot. Elle craquait. Jamais elle ne s’était montrée aussi vulnérable devant lui… ou devant quiconque d’ailleurs. Elle gardait les yeux au sol parce qu’elle ne voulait pas voir son visage, l’expression qu’il affichait. Pourtant, la question qu’il posa par la suite eut don de la surprendre. Elle essuya ses larmes et leva les yeux pour le regarder. « Quoi? » Elle comprenait parfaitement la question, mais ne comprenait pas pourquoi il lui demandait ça maintenant. « Euh… non. » Finit-elle par balbutier, entre deux sanglots, en réponse à sa première question. « Pourquoi tu fais ça? » C’était la question qui lui brulait les lèvres. Il venait d’être témoin de ce qu’elle détestait le plus chez elle. Il la voyait faible et elle détestait. Tout ça ne faisait pas de sens. « Je veux bien, oui. » Répondit-elle finalement. C’était peut-être le sourire affiché sur le visage de Gabriel qui la convainquit. Ou bien c’était cette façon qu’il avait d’être si calme maintenant. C’était rassurant de voir qu’il ne la traitait pas comme un montre ou comme une bête, mais bien comme l’humain qu’elle était. Elle avait définitivement besoin de ça.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mar 30 Juin - 21:59



« I’LL STAY BY YOUR SIDE. »


Les hommes et leur égo. La jeune femme n’avait pas tort lorsqu’elle prononçait ses mots, et ce n’était certainement pas Gabriel qui allait la contredire. Il assumait cette petite fierté qu’il avait et ce côté probablement un peu macho, l’on y pouvait rien contre cela et l’agent ne se battrait pas pour changer ce trait de caractère qui ressortait de temps à autre. Bien décidé à se montrer plus aimable que lors de ces dernières semaines, le jeune homme entreprit de tout recommencer au début, oui, certes, ce n’était pas très adulte mais c’était spontané, il était comme ça. Lui tendant la main il se présenta comme il aurait dû le faire durant l’arrivée de la brunette, mais leur rencontre ne se passa pas du tout comme prévu alors il rattrapait le coup. Soulagé d’entendre Alaska prendre le même chemin, il laissa un énième sourire étirer ses lèvres. Que de sourires en un seul début de journée. « Consultante informatique ? Hm… Ca sonne plutôt bien. ». Il rit avant de pencher la tête sur le côté et de hausser un sourcil interrogateur. « Shiloh ? Un prénom intéressant. ». Il ne se moquait pas d’elle, loin de là, il était juste surpris de voir qu’elle utilisait son deuxième prénom plus que le premier. En soi, il n’y avait rien de gênant là-dedans et Alaska avec une pointe de charme, chose qu’il aurait sûrement confirmé s’il était capable de la voir.

Evoquer sa condition d’aveugle remit toutefois un côté sérieux à leur conversation, et une certaine tension se remit à planer, légère mais présente tout de même. Gabe ne voulait pas de la pitié de la jeune femme, il avait accepté son handicap, quand bien même ce fut dur à certains moments, certaines périodes comme celle qu’il traversait actuellement. Malgré tout, le jeune homme gardait le sourire lorsqu’on le connaissait bien, Alaska devait donc se réjouir car elle avait réussi d’une manière ou d’une autre à faire tomber les barrières. Au fond, l’agent du SHIELD n’avait tout simplement pas voulu s’attacher, il n’avait pas voulu s’ouvrir car bien qu’il ne l’admette pas il ressentait comme un malaise dès que la jeune femme était présente dans la même pièce que lui. Un malaise qu’il ne comprenait pas, ni sur lequel il était capable de mettre des mots pour l’exprimer. Pourtant, les choses changeraient ce jour-là, il baisserait totalement ses défenses et aurait une idée folle. Du moins, en soi, elle ne l’était pas, elle était même parfaitement sensée cette idée mais… Pour Gabe elle ne lui avait paru n’être que folie quand elle lui avait traversé l’esprit. Depuis, le jeune homme avait su l’accepter et n’attendait que le moment propice pour oser lui proposer.

Tandis qu’il posait ses prunelles sur la brunette, sans forcément le vouloir, il sourit une nouvelle fois à la réponse de Laska. « J’assume également ma maladresse. Même si… Je conçois que ce coup à la tête aura été bénéfique. Je pense que je me suis moi-même puni d’avoir été aussi… Rude avec toi. Je n’ai pas pour habitude de me montrer aussi… Froid. ». Il hocha la tête. « Si… Frigide ? ». Il faisait référence au surnom qu’elle lui avait octroyé quelques minutes plus tôt. L’air espiègle se lisait sur son visage, il suivait la jeune femme dans ce jeu qu’ils semblaient inventer. Malheureusement pour eux deux, les choses s’envenimèrent rapidement, et alors qu’il s’attendait à tout sauf à ça, quelque chose d’incroyable se produisit. Tout commença par un verre qui se brise, Gabe pensa alors qu’il avait simplement mal rangé l’objet la veille, mais en se prenant violemment un autre objet en verre en plein visage, il comprit que c’était une toute autre chose. Le coup avait été si imprévisible et violent que Gabriel ne l’avait clairement pas senti venir et son nez lui parut comme ankylosé. Aow. Ne laissant échapper qu’un souffle sec de surprise, il posa ses doigts autour de l’arrête de son nez et sentit rapidement le liquide carmin couler de ce dernier. Attrapant un mouchoir qu’il appliqua plusieurs fois pour stopper l’hémorragie, il entendit Alaska se recroqueviller un peu plus loin, dans un coin de la pièce. Son premier réflexe après avoir essuyé son nez fut de la rejoindre, mais il se rendit compte en effleurant plusieurs objets en vol que la jeune femme était plus ou moins pour quelque chose dans cette affaire. Des pouvoirs. Elle avait une capacité qui la rendait différente aux yeux des autres, peut-être même l’avait-elle caché en arrivant ici vu la panique qu’elle paraissait ressentir. Oui, Conner n’était certes pas un super héros, il réussissait à analyser les sons qu’il entendait, et la respiration accélérée d’Alaska était un signe évident de panique jusqu’à ce qu’elle ne se mette à le ralentir, pour se calmer. Crispant légèrement la mâchoire et déglutissant, Gabe se rapprocha lentement et calmement de la jeune femme. Son mouvement de recul, il le sentit mais ne se laissa pas abattre et se mit bientôt à lui parler, avant de venir attraper ses mains.

Si au début, les choses semblèrent se calmer et que les objets redescendirent soudainement de leur état de stase en plein vol, Alaska retira soudain sa main de la sienne. Gabriel ne se laissa pas influencer, il n’avait pas peur d’elle, quand bien même le sang dégouline encore par gouttes de son nez. Les larmes de la brune, l’agent les devina que trop bien et ne se montra pas plus angoissé. Il ne l’était pas. Calme et posé il le restait, il était là pour elle, aussi surprenant que cela puisse paraitre pour lui vu la relation qu’ils entretenaient jusqu’à aujourd’hui. Hochant légèrement la tête, il ne lui reprit pas la main, ne voulant pas insister, mais il resta présent et ne bougea pas d’un millimètre, il s’assit même en tailleur pour rester avec elle. « Je survivrais. Et ce n’était pas volontaire, tu ne contrôles juste pas assez bien cette capacité qui est tienne, c’est tout. Celui qui t’en voudrait pour ça serait un bien piètre idiot. ». Il leva ses prunelles sur elle, comme s’il la regardait. « Tu fais voler des trucs et alors ? Cela n’a toujours rien d’effrayant. ». Et tout dans son attitude à lui le prouvait. Il ne fuyait pas et ne hurlait pas au diable, il restait là, à discuter. Il lui proposa même son idée folle. Les questions d’Alaska qui suivirent, il les laissa en suspens car elle lui en posa pour finalement mieux accepter sa proposition, ce qui lui arracha un léger sourire. Ce ne fut qu’une fois qu’il eut son accord qu’il répondit à la fameuse question qui lui brûlait les lèvres.

« Pourquoi je fais ça ? Pour être honnête je n’en sais rien du tout… Peut-être que j’ai une fâcheuse tendance à vouloir aider la veuve et l’orphelin… J’en sais rien. ». Il taquinait un peu pour détendre à nouveau l’atmosphère. « Disons juste que je sais ce que ça fait de devenir différent. D'être différent. Je n’ai pas une capacité aussi extraordinaire que la tienne mais… J’ai pu avoir l’aide d’un Superviseur hors normes autrefois, et j’ai également eu du soutien lorsque les choses ont changé pour moi. Je ne vais pas te mentir, face à nos différences nous sommes toujours seuls. Seuls maîtres de ce qu’on en fait. Mais du soutien ne fait pas de mal. C’est ce que je te propose aujourd’hui. ». Aucun doute là-dessus, le coup à la tête avait vraiment été une aubaine.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mer 15 Juil - 3:22


I'm forever thankful.

« Consultante informatique ? Hm… Ca sonne plutôt bien. » À son commentaire, elle ne put s’empêcher de sourire. Non, elle n’avait aucune idée du poste qu’elle occupait. Était-elle d’ailleurs ici parce qu’on voulait d’elle et de ses capacités lorsque venait le temps de travailler avec un ordinateur ou était-ce seulement parce qu’on voulait la protéger du HAMMER puisqu’on connaissait l’existence de ses pouvoirs? Elle n’en avait strictement aucune idée, mais pour le moment, ça ne comptait pas vraiment, ça n’était pas important. Non, pour une fois, depuis des mois, elle avait finalement l’impression d’être importante aux yeux de quelqu’un. On prenait le temps de discuter avec elle et ça lui faisait un bien fou. On la traitait finalement comme une humaine, ce qu’elle était après tout. Elle n’était pas une bête de foire, quelque chose à admirer ou quelque chose qui pouvait vous dégouter. Elle était bel et bien humaine et, si ses sentiments avaient pu être mis de côté depuis des mois – volontairement ou pas et par sa faute ou non – c’était agréable de voir que finalement, quelqu’un lui portait de l’attention. Il fallait dire qu’elle n’avait pas vraiment donné le choix à Gabriel de lui faire la conversation, elle qui squattait son bureau depuis plusieurs semaines déjà. « Ça a déjà plus de classe qu’aucun titre, ça c’est certain. » Rétorqua-t-elle avec un léger sourire. Elle ne vivait pas mal sa situation. Elle s’y était faite. De plus, elle avait également cherché à se retirer de la société, à ne pas avoir de contact et ce avec qui que ce soit. Elle avait sans aucun doute besoin de ces quelques mois pour faire le point sur sa propre vie, ce qu’elle était devenue et ce qui allait arriver par la suite. Enfin, elle n’était toujours pas certaine de ce qu’on attendait de sa part, mais au moins, elle avait à nouveau un boulot, quelque chose à faire de ses journées plutôt que ne rien faire et rester assise devant son ordinateur sans but précis.

« Shiloh ? Un prénom intéressant. » La remarque la surpris presque. En fait, très peu de gens connaissaient son véritable prénom hormis sa famille proche. Déjà petite, elle avait préféré qu’on l’appelle Alaska parce qu’elle avait vu, une fois, des images de cette région et en était tombée follement amoureuse. Encore plus lorsqu’elle avait regardé une émission scientifique, bien qu’elle ait été plus âgée à ce moment-là, expliquant le phénomène que l’on appelle le soleil de minuit. Elle s’était mise à rêver d’un monde ou le soleil ne se couchait jamais vraiment, tout ce qu’elle pourrait faire si elle ne dormait jamais. Déjà, enfant, elle pouvait restée éveiller jusqu’à tard. Il ne fallait pas compter sur elle pour être dans son lit, endormie à dix-neuf heures. Si elle restait bien sagement allongée à fixer le plafond sans faire de bruit, elle n’était tout de même jamais réellement capable de s’endormir en une heure. Elle s’inventait souvent des mondes imaginaires dans les confins de sa chambre, elle qui avait toujours eu l’imagination débordante, et le sommeil finissait toujours par la rattraper à un moment donné, sans doute au même moment ou ses parents s’endormaient. « Merci. » Répondit-elle poliment, un sourire timide se dessinant sur ses lèvres tandis que le rouge lui montait tranquillement aux joues. Elle n’était pas habituée de se faire complimenter pour quoi que ce soit mais, même si ce n’était pas elle qui l’avait choisi, elle était ravie de savoir que quelqu’un autre que ses parents appréciaient son premier prénom, celui par lequel on aurait du l’appeler. Il lui avait fallu une fraction de seconde, tout de même, pour réaliser qu’il ne se moquait pas d’elle. Son ton ne laissait pourtant pas sous-entendre qu’il riait d’elle d’une quelconque façon, mais elle ne savait plus trop comment agir avec lui, ce qui était blague ou pas. La ligne était désormais très floue pour elle qui était plus habituée aux répliques cinglantes qu’aux compliments. Mais encore une fois, quel agréable changement. Entendre le mot frigide sortir tout droit de la bouche de Gabriel fit légèrement rire Alaska, décidément heureuse de voir qu’il ne le prenait pas mal. Parce qu’il aurait bien pu se mettre en colère. Après tout, le surnom qu’elle venait de lui donner n’était pas le plus gentil. Enfin, elle ne l’avait pas dit de façon négative, juste qu’il n’avait jamais été très enclin à la conversation auparavant et qu’il semblait plutôt réservé. Frigide quoi. À ses paroles, elle se contenta de continuer à sourire. Que pouvait-elle dire d’autre ? Il lui avait clairement démontré qu’il pouvait bien être aimable lorsqu’il le voulait… et aujourd’hui semblait être l’un de ces jours. « Je ne peux qu’être d’accord. Ce coup à la tête est définitivement bénéfique. » Conclut-elle finalement, toujours souriante.

Quelques minutes plus tard, elle était assise, recroquevillée dans le coin le plus reculé de la pièce. En une fraction de seconde, tout avait changé et là voilà qu’elle était là, sanglotante Elle avait peur et était perdue. C’était la première fois que quelqu’un était témoin de la manifestation de ses pouvoirs. Pourtant, Gabriel réagissait avec un calme phénoménal. Il était là à lui dire qu’il ne lui en voulait pas, qu’il n’avait pas peur. Il avait raison sur un point. C’était simplement qu’elle ne contrôlait pas encore cette capacité. Sinon, il est clair qu’elle ne l’aurait jamais attaqué. Elle n’aurait jamais osé gâcher ce qu’ils étaient en train de bâtir. Et puis, il avait sans doute raison lorsqu’il lui dit que ça n’avait rien d’effrayant. « Parle pour toi. » Rétorqua-t-elle en hochant la tête de gauche à droite. Non, pour elle, c’était terriblement effrayant. « C’est pas toi qui fait voler des trucs sans rien contrôler. » Ajouta-t-elle avec un rire plus sarcastique qu’autre chose. Elle l’écouta ensuite attentivement lui expliquer la raison qui le poussait à lui proposer d’être son superviseur, chose qu’elle trouvait complètement inconsidéré en vu de la situation. Il venait de voir le côté qu’elle considérait être le plus monstrueux chez elle, ce qui la rendait bizarre, différente, une alien et, au lieu de courir, il lui proposait de l’aider à devenir une véritable agente du SHIELD. L’écoutant avec attention, elle sécha ses larmes et s’autorisa à sourire de nouveau. Si la première portion de sa réponse était plus sur le ton de l’humour, le sujet devint rapidement plus sérieux lorsqu’il fit mention de sa propre différence. Elle avait presque oublié qu’il n’était pas, lui aussi, comme les autres. Il avait vu sa vie changer du jour au lendemain. Si Alaska avait gagné quelque chose, Gabriel lui, avait plutôt perdu et c’était peut-être pire. Lui qui avait une vie qui reposait principalement sur la vue, elle comprenait bien que les agents du SHIELD étaient sans doute majoritairement formés au combat, avait vu son monde s’écrouler. Elle avait de la difficulté à s’imaginer perdre la vue, sens qui lui était primordial pour travailler aussi rapidement qu’elle le faisait. Et pendant une seconde, elle avait presque l’impression que son don était un cadeau du ciel. Les paroles prononcées par Gabriel donnaient, à Alaska, presque l’impression que sa capacité était un cadeau tombé du ciel. Elle avait la chance de pouvoir s’entrainer afin de contrôler ce pouvoir dont elle était dotée. Faire voler des objets par simple pensée pouvait sans doute se montrer utile dans certaines situations… Certes, elle n’en savait encore rien, mais elle espérait qu’il y ait un bon côté à son pouvoir. Fermant les yeux et prenant une grande inspiration, elle décida que s’en était assez de se morfondre, de s’apitoyer sur son sort. Certaines personnes l’avait pire qu’elle. Elle devait se ressaisir. Et puis, elle avait déjà passé des mois à rester cloitrée dans un appartement, complètement coupée du monde et ça n’avait rien changé. « Merci. » C’était la seule chose qu’elle arrivait à dire, les seuls mots qui finirent par s’échapper d’entre ses lèvres. Si, quelques semaines plus tôt, il l’irritait quelque peu, maintenant, elle était heureuse de l’avoir dans sa vie.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Lun 10 Aoû - 15:09



« DO NOT THANK ME YET ‘CAUSE I’LL PUSH YOU HARD. »




Gabe n’avait jamais été un mauvais bougre. A bien dire vrai il avait toujours fait partie de ces garçons sages et bien élevés. Comme tous les adolescents, il avait eu une légère crise passagère mais s’était aussitôt fixé sur ses nouveaux objectifs. En y réfléchissant bien, il s’était relevé plusieurs fois malgré les difficultés, et le jour où il déciderait de ne plus le faire, il faudrait réellement s’inquiéter. Pour l’heure, Gabriel se montrait plus aimable avec la brunette et ne semblait plus vouloir redevenir le rustre qu’il avait pu être pendant des jours. Peut-être était-ce à cause de l’attitude de la jeune femme qu’il s’était montré plus sauvage et revêche au début. Avoir ce sentiment que l’on envahissait son espace vital, que l’on bouleversait le quotidien et les rituels qu’il avait pu s’imposer depuis son accident, sans doute était-ce changement qui l’avait rendu plus hautain qu’à l’accoutumé, mais aujourd’hui les choses paraissaient prendre une autre tournure, beaucoup plus normale. Terminées les moqueries et autres remarques déplacées, Trent était plus attentionné et écoutait avec soin chaque mot, chaque parole, jusqu’à ce que n’arrive finalement un évènement inattendu qui aurait pu faire fuir n’importe quel être humain. Heureusement pour Alaska, Gabe ne faisait pas partie de ce genre de personnes, ni de ce genre d’agents (car il y avait toujours des exceptions au sein d’un groupe). Il agissait avec calme et réflexion (sauf cas exceptionnels) et c’est ce qu’il fit avec la jeune femme en venant la trouver malgré le coup qu’il venait à nouveau de se prendre au visage.

Abaissé à son niveau, puis assis en tailleur face à elle, il ne la forçait pas à agir contre son gré, mais il ne souhaitait tout de même pas lâcher l’une de ses mains. Son handicap l’empêchait de la fixer droit dans les yeux et de lire l’angoisse dans les prunelles d’Alaska, mais c’était tout comme s’il la regardait, qu’il la voyait. Ca en perturbait certains, provoquant plusieurs remarques muettes chez d’autres à l’idée qu’il puisse jouer la comédie, mais cela n’était là qu’un réflexe d’ancien voyant. Gabriel avait vu autrefois et quand bien même il ait accumulé des mimiques de personnes aveugles, il en gardait également de ceux qui voyaient sans problème et n’étaient pas plongés dans le noir. La panique de Laska, il la sentit autant qu’il l’entendit de par ses réponses, mais il se montra toujours calme et attentif, ne la brusquant pas. Puis, aussi surprenant que cela put paraitre, il lui proposa de devenir son Superviseur, chose qu’il ruminait depuis plusieurs jours mais il n’avait encore jamais osé lui poser la question, ne sachant pas si c’était ce qu’il souhaitait réellement ou non. Face à la situation, Gabe en était sûr à présent, il voulait lui apporter son aide.

Les questions de la brune, Conner tâcha d’y répondre au plus grand nombre d’entre elles, bien que certaines tombent en suspens de par la surprise audible dans le ton employé par la jeune femme. Au fond, Gabriel ne savait pas trop pourquoi il avait décidé de lui proposer son aide, sans doute voulait-il vraiment aider la veuve et l’orphelin, ou peut-être était-ce tout simplement la raison évoquée peu de temps après. Oui, Alaska avait gagné un don, certes effrayant lorsque non contrôlé, mais il était en plus, lui, comme elle le pensait, avait perdu son acuité visuelle. Il ne s’en plaignait pourtant pas et avait appris à faire avec, et ce, malgré la douleur que ça avait pu être à l’époque, car il n’était pas devenu aveugle du jour au lendemain juste par défaillance, il n’était pas non plus devenu aveugle en ayant eu une projection d’un liquide brûlant, non. Il avait d’abord dû guérir de ses plaies avant de se faire opérer pour espérer sauver ses yeux, sans que cela ne soit réellement efficace sauf pour le côté esthétique. Les médecins avaient fait du bon boulot, on ne voyait aucune cicatrice au sein de ses yeux, ne restaient que quelques-unes visibles seulement lorsqu’on était proche de lui et de son visage : une à la tempe et quelques-unes au niveau des paupières, mais rien de visible au premier coup d’œil. Peut-être qu’un jour il lui raconterait ce qu’il s’était véritablement passé, mais pour l’heure, ils n’en étaient pas arrivés à ce stade. Ils devaient se focaliser sur elle, sur le contrôle de sa capacité incroyable, car aux yeux de Gabriel, elle l’était belle et bien. Incroyable.

Quand Alaska le remercia et qu’il sentit la tension retomber au niveau 0, il ne put retenir un sourire avant de lâcher sa main et de se relever lentement en essuyant son nez. « Ne me remercie pas trop vite, je n’ai pas prévu de te ménager. ». Nouveau sourire tandis qu’il repassait lentement derrière son bureau. « J’irais faire ma proposition officielle dans la journée, lorsqu’on aura remis un peu d’ordre ici. Je ne pense pas qu’ils s’opposeront à l’idée que je devienne officiellement ton Superviseur, mais il vaut mieux faire ça dans les règles. Si tu crois au système, celui-ci te le rendra bien. Et nul ne doute que je fais pleinement confiance au système. ». Attrapant le torchon qu’il avait utilisé un peu plus tôt, il le jeta dans un évier qui se trouvait un peu plus loin. « La différence n’est pas une tare, bien au contraire Alaska. ».

Ce ne serait que lorsque la brune serait à nouveau à ses côtés qu’il se rapprocherait, près, de très près d’elle, manquant même de lui marcher sur le pied. « Oups, pardon. ». Il grimaça légèrement en sentant qu’il avait failli lui marcher dessus, puis il releva la tête vers elle. « Ca va aller ? ». Oui, maintenant que la crise était passée. Pourtant son cœur à lui battait la chamade. Sûrement le joug de la frayeur qu’il avait eu en manquant de lui marcher dessus. Oui… C’était forcément ça.  

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mer 12 Aoû - 7:18


I'm sure you will.

« Ne me remercie pas trop vite, je n’ai pas prévu de te ménager. » Un rire qu’elle ne put retenir s’échappa brièvement d’entre ses lèvres. Ce n’était sans doute pas drôle, mais le sourire sur le visage de Gabriel lui laissait sous-entendre qu’il n’allait pas non plus l’épuiser jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus le supporter. Et puis, le stress venait de tomber. Depuis qu’elle avait réussi à faire voler divers objets dans la pièce, elle était sur la défensive, effrayée même. Elle avait peur de ce qu’il allait penser d’elle, peur qu’il la traite de monstre ou tout autre synonyme. C’était même la dernière chose qu’elle voulait en ce moment. Son regard resta posé sur lui tandis qu’il se leva et s’éloigna d’elle. Toujours un peu sous le choc de ce qui venait de se passé, Alaska resta assise, silencieuse, dans son coin et ne bougea pas, si ce n’était que de ces yeux qui suivaient les moindres faits et gestes de Gabriel. Elle l’écouta lui dire qu’il irait faire sa proposition de façon officielle, parce que de toute façon, tout était toujours mieux lorsque c’était fait dans les règles, et hocha la tête, signe qu’elle adhérait à tout ce qu’il lui disait. Étrange comment, en l’espace de quelques minutes seulement, elle était passée de celle qui avait presque pour mission de lui tomber sur les nerfs à celle qui compatissait avec lui. C’était sans aucun doute parce qu’elle avait découvert une autre facette de lui, une qu’elle arrivait à apprécier, peut-être un peu trop même. Elle se raccrochait désormais à lui comme s’il était une bouée de sauvetage, comme s’il allait l’aider à traverser la tempête dans laquelle elle se trouvait depuis des mois maintenant. Peut-être serait-ce le cas? Peut-être serait-il son sauveur, en quelque sorte.  Quoi qu’il était loin du stéréotype du chevalier en armure qui vient sauver la princesse. De toute façon, cette histoire n’était pas un conte de fées et Alaska était loin, très loin d’être la copie des princesses qu’on y retrouve.

Elle le regarda s’emparer du torchon et l’envoyer voler jusqu’à l’évier et décida qu’il serait peut-être temps pour elle de bouger, de sortir de sa torpeur. Elle était restée recroquevillée tout ce temps, comme pour se cacher du monde extérieur, parce que se faire toute petite dans ces situations semblait toujours être la meilleure idée. Elle se leva donc, heureuse que ses jambes coopèrent et ne menacent pas de flancher à tout moment. Prenant une grande inspiration, elle s’autorisa finalement à faire une inspection rapide des lieux, histoire de constater les dégâts qu’elle avait causé. C’était déjà moins pire que ça l’avait été la première fois, lorsqu’elle vivait encore dans son appartement. Certes, il y avait eu un bruit infernal, mais les pertes matérielles étaient moins grandes cette fois-ci. Seulement un seul contenant brisé. Le reste s’était reposé presqu’au même endroit que celui ou ils étaient à l’origine sans se fracasser en milliers de petits morceaux, ce qui aurait évidemment été l’horreur à tout nettoyer. Poussant un soupire de soulagement, elle s’avança vers le bureau et se pencha pour ramasser quelques morceaux de verre qui étaient tombés par terre. Sans doute le résultat du contact avec le visage de Gabriel. Elle ne voulait même pas y penser. En grande maladroite qu’elle était, elle prit toutes les précautions pour ne pas se couper et réussi, sans se blesser, à jeter le verre dans la poubelle qui se trouvait tout près. Une bonne chose de faite. « Je fais confiance au système. » Déclara-t-elle, pour finalement briser le silence. C’était presque prévisible comme réponse, mais c’était la vérité. Après tout, ils auraient bien pu décidé de la laisser vivre seule, à l’extérieur et éventuellement faire partie de ceux qui ont une puce dans leur corps. Ils avaient plutôt décidé de l’amener ici et de la protéger tant du monde extérieur que d’elle-même. Ou était-ce plutôt le contraire. Ils avaient choisi de protéger le monde extérieur de la menace qu’elle représentait désormais. Enfin, il n’en restait pas moins qu’elle avait un endroit ou elle pouvait vivre maintenant sans trop avoir à se cacher. Elle ne s’y sentait pas nécessairement totalement à l’aise encore, mais ça ne saurait tarder. Elle s’y ferait. « Et j’ai confiance en toi. » Les mots avaient quittés sa bouche sans même qu’elle n’y ait pensé, mais elle les pensait du plus profond de son être. Elle baissa les yeux au sol, presque gênée d’avoir laissé cette phrase quitter ses lèvres. Qu’y avait=il de mal à lui avouer qu’elle lui faisait confiance? C’était un bon début, s’il devait être so superviseur, après tout. « Grâce à toi, je le comprends maintenant. » Elle leva à nouveau la tête pour le regarder et lui offrit un sourire sincère.

Elle marcha ensuite jusqu’à Gabriel, qui ne sembla pas l’avoir entendu s’approcher, puisqu’il manqua de lui marcher sur les pieds. Pour l’empêcher d’avancer plus, elle mit sa main devant elle, comme un signe lui disant de s’arrêter lorsqu’elle se posa sur son torse. « Ce n’est rien. » Il lui fallu une fraction de seconde pour réaliser la proximité de leurs corps, mais lorsque l’information se rendit à son cerveau, Alaska figea. Voilà maintenant des années qu’elle n’avait pas été aussi proche d’un homme. Elle pouvait sentir son cœur battre, aussi rapidement que le sien, sous la paume de sa main et c’est sans doute ce qui rendait le moment un peu étrange, presque gênant à la limite. Pourtant, elle ne bougea pas. Elle se contenta de lever les yeux vers lui. Sa réponse tarda presque.  « Oui, ça va aller. » Balbutia-t-elle finalement. Réalisant que sa main était toujours appuyée contre son corps, elle la laissa finalement glisser légèrement avant de la retirer et la glisser dans la poche de son jeans. « Désolé, je - euh… Désolé. » Qu’est-ce qui lui prenait tout à coup? Ou était passée la Alaska sans gêne, qui dit tout haut tout ce qu'elle pense, qui ne balbutie pas? Cette partie d'elle s'était-elle fracassée en même temps que le verre pour laisser la place à une autre version d'elle?

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Mer 12 Aoû - 18:33





« IT’S FINE. DON’T WORRY. »



Quelques heures plus tôt, à peine, le jeune homme ne semblait pas apprécier celle qui partageait, ou plutôt celle qui squattait, son bureau. A présent, il était difficile d’imaginer qu’il ait pu se comporter en véritable rustre frigide et désagréable. Ce changement de situation en était vraisemblablement incroyable, et si la brunette n’en revenait pas, c’était également le cas de Gabriel qui paraissait avoir recouvré ses habitudes et une attitude normale, du moins, celle qu’il était censé avoir avec les autres êtres humains. Pourquoi avait-il mis autant de temps à se « décoincer » ? Il n’arrivait pas vraiment à le savoir, sans doute était-ce à cause du chamboulement, l’idée que l’on puisse partager à nouveau un bureau avec lui, qu’on envahisse un espace qu’il maitrisait au pied de la lettre au risque de lui faire perdre ses repères. Non, vraiment, Gabe n’arrivait pas à comprendre pourquoi il avait été aussi négatif et pessimiste vis-à-vis d’Alaska, elle n’était pourtant pas un être effroyable, et il n’avait d’ailleurs jamais rien pensé de tel. Il avait juste agi… Comme ça, sans prendre le temps de réfléchir. Peut-être qu’intérieurement il sentait déjà cette sorte d’attraction et cette sensation avait été perçue comme une menace pour l’homme divorcé qu’il était. Intérieurement, alors que son divorce était proclamé quelques années auparavant, il s’était probablement juré de ne jamais se relancer dans une relation sérieuse. Là était sans doute la clé du problème, ce qui l’avait poussé à « rejeter » plus ou moins la jeune femme présente dans ce même bureau, comme pour se protéger d’une éventuelle douleur. En tout cas, si c’était la véritable raison, il l’avait fait inconsciemment et ne percevait toujours pas les signes.

La crise étant finalement passée, grâce à la maitrise d’Alaska et le calme usuellement légendaire de Conner, il pouvait de nouveau s’atteler à sa tâche. Pour l’heure, il ne faisait que déblayer un peu le plan de travail qui avait été mis en désordre. Rien n’avait cassé hormis le petit réceptacle, raison de plus pour que la brune se rende compte que sa capacité était loin d’être une horreur. Il y avait eu quelques dégâts mais rien de méchant, rien qui ne puisse être réparé en tout cas. D’un geste rapide et assuré, Gabe envoya voler le torchon dans l’évier qui se trouvait un peu plus loin derrière lui, sans même sourciller, il savait qu’en le lançant dans cette direction, il atteindrait sa cible. Puis, il évoqua le fameux titre qu’il allait obtenir d’ici peu : celui de Superviseur. Il expliqua à la jeune femme qu’il allait devoir faire sa demande officielle dans la journée, surtout s’ils espéraient pouvoir commencer les entrainements rapidement. Quand elle lui répondit faire confiance au système, il ne put retenir un léger sourire en coin. Il valait mieux, comme il le lui avait dit. En revanche, il ne s’attendit pas à la remarque suivante. Haussant très légèrement un sourcil face à la surprise, il releva la tête après avoir rangé l’arme en cours de réparation dans un de ses tiroirs fermant à clé. « Tu m’en vois flatté, car je n’ai pas foncièrement été agréable depuis ton arrivée ici. ». C’était sa manière à lui de lui dire combien il était touché par sa remarque, si bien qu’en rangeant un autre objet il s’autorisa un sourire, sans pour autant être certains qu’elle ne le verrait pas. Sentant la gêne les gagner finalement tous les deux, il revint sur le sujet de la différence et insista encore sur le fait que cela n’était pas une tare, bien au contraire, et il fut soulagé de l’entendre lui répondre comme elle le fit, par l’affirmative. Bien, c’était un très bon début.

Trent n’entendit pas Alaska revenir près du plan de travail, il n’entendit que le bruit de morceaux de verres que l’on manipule. « Fais attention, ce verre est plutôt coupant, et traître. ». On sentait clairement l’expérience derrière ces mots. Quand elle eut terminée, lui se dirigeait vers une étagère à sa gauche mais manqua de marcher sur les pieds de la jeune femme qui était revenue se positionner à ses côtés. Merde. Ne s’étant nullement attendu à ce qu’elle soit si proche de lui en un rien de temps, il retint son geste de justesse, également encouragé par le mouvement de surprise de la brune qui avait placé sa main face à elle. S’il avait eu pour habitude de vivre en ermite Gabe serait probablement devenu rouge comme une tomate face à la situation, mais ce n’était pas le cas, bien que son rythme cardiaque se mette soudain à s’emballer sous la main d’Alaska. En une microseconde, il s’excusa. « Je ne pensais pas que tu étais déjà… là. ». Le bureau était certes spacieux mais il oubliait parfois qu’en quelques pas l’on pouvait rapidement arriver à l’autre bout. Ses paroles étaient comme soudainement devenus murmures, comme s’il n’osait pas briser le fin silence qui venait de s’installer. L’atmosphère en était même devenue différente, et il ne savait comment l’interpréter sur l’instant. Cela n’avait rien à voir avec la tension qui avait pu être palpable quelques minutes auparavant, ni n’avait rien à voir avec une atmosphère emplit de détente. Non, c’était autre chose, une autre sorte de tension mais beaucoup plus… Gérable. Ses prunelles étaient baissées vers elle mais il ne la regardait pas, de toute manière il ne pouvait pas la voir. En revanche il aurait presque juré que le cœur de la jeune femme battait aussi vite que le sien, mais il ne pouvait en être sûr car, premièrement il n’avait pas une ouïe aussi développée, quand bien même il eut perdu l’usage de sa vue, et deuxièmement, son cœur battait si fort qu’il pouvait même le sentir battre à ses tempes.

L’agent du SHIELD déglutit ensuite, comme pour marquer une courte pause, puis posa la question qui lui brûlait les lèvres alors qu’il avait amorcé son fameux mouvement quelques secondes plus tôt. Bien, Alaska allait déjà mieux après cet incident, et c’était tant mieux. Soudain un peu maladroit, Gabriel hocha la tête et esquissa un petit sourire. « Bien. ». Puis, la sentant retirer sa main et s’excuser il plissa le nez. « Ce n’est rien, ne t’en fais pas, au moins je ne t’ai pas marché dessus. ». Il essayait de détendre l’atmosphère mais l’air ne désemplissait pas de cette tension étrange. « Je devrais peut-être aller à l’administration… Tout de suite. Le plus tôt ce sera fait, et le plus tôt nous pourrons commencer tes entrainements. ». Sur ces mots, il se dirigea vers la sortie d’un pas assuré, bien qu’il manque de se prendre le coin du bureau.

Une fois dans le couloir et éloigné du bureau, l’aveugle se mit à prendre une grande inspiration et souffla tout aussi longuement en passant une main dans ses cheveux. Ce genre d’électricité dans l’air, il avait déjà connu ça, et cela ne présageait rien de bon… Enfin si, techniquement, mais… Non. Non. Se raclant la gorge, Gabriel fila à l’administration pour faire sa demande officielle.

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MessageSujet: Re: ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me » Lun 24 Aoû - 6:49



Thank you... for everything.

Tu m’en vois flatté, car je n’ai pas foncièrement été agréable depuis ton arrivée ici. Les paroles de Gabriel eurent le don de faire sourire Alaska encore un peu plus. À croire qu’il lui était maintenant impossible de faire autre chose que ça en sa présence. Que le temps des piques semblait définitivement révolu. Que de progrès. Il faut dire que je ne t’ai pas vraiment laissé le choix de m’accepter non plus. Alors ta réaction était tout à fait légitime. Avoua-t-elle. Oui, elle avait ses tords dans cette histoire et elle comptait bien les assumer… même si la question ici n’était pas de savoir à qui revenait la faute. Ce n’était pas important au final. Tout ce qui comptait maintenant c’était qu’ils s’entendent bien et qu’ils avaient su mettre leurs différents de côté, pas vrai?

Sentant la gêne l’envahir et le silence entre eux qui devenait de plus en plus lourd, Alaska décida alors de faire quelque chose. Parce que l’atmosphère était insupportable et rester recroquevillée n’aiderait sans doute en rien. Autant tenir ses mains et son esprit occupés. Et quoi de mieux pour le faire que manier des morceaux de verre? Elle devait bien ramasser après tout. C’était elle qui avait causé ce dégât, aussi minime soit-il, et puis, elle n’aurait pas voulu qu’un morceau de verre ne coupe par inadvertance Gabriel. Ça aurait été le comble qu’il marche s’un l’un des éclats et que celui-ci vole jusqu’à sa jambe et le coupe. Il valait mieux jouer de prudence ici. C’est donc avec toute la concentration du monde qu’elle s’empara des plus gros morceaux, les plus petits, elle s’en occuperait plus tard, et alla les jeter. Elle était tellement concentrée qu’elle sursauta légèrement lorsqu’elle entendit la voix de Gabriel s’élever et serra les morceaux dans sa main, se coupant légèrement. Et Gabriel qui venait tout juste de lui dire de faire attention. La maladresse avait un nom et c’était Alaska Bellamy, définitivement. Si on cherchait le mot dans le dictionnaire, on y verrait sans doute une photo d’elle à côté comme simple définition. Pouvoirs ou pas, il faut croire que ce trait de sa personnalité ne la quitterait jamais. Son visage se tordit, une fraction de seconde, et elle baissa les yeux pour voir une petite entaille dans la paume de sa main droite et le verre qui était légèrement taché de rouge. Elle saignait. Bravo, mademoiselle Catastrophe. Au moins, ils seraient deux à être blessés. Peut-être allait-elle se sentir un peu moins coupable maintenant? Enfin, elle se dépêcha donc de jeter le verre dans la poubelle avant de marcher vers le lavabo, et par conséquent l’endroit ou se trouvait Gabriel, histoire de soigner sa blessure. Au moment ou elle voulu passer sa main sous l’eau, elle vit Gabriel s’approcher un peu trop près d’elle et plaça sa main intacte devant elle. Elle pensait tout de même à ne pas tacher ses vêtements.

Et en une fraction de seconde, voilà qu’elle était figée. Elle entendit à peine les paroles prononcées par Gabriel que le bruit provoqué par les battements de son cœur lui montait à la tête. Et à en croire la légère pulsation qu’elle ressentait sous sa main,  il battait à en quasi parfaite harmonie avec celui de Gabriel. Était-il aussi désorienté, déstabilisé qu’elle? Parce qu’elle ne savait pas quoi dire ni quoi faire. Il était si près d’elle. Elle pouvait sentir son parfum et dieu qu’il sentait bon. Et son visage, il n’était qu’à quelques centimètres du sien… Mais elle ne devait pas penser à ça. C’était interdit. Il valait mieux s’enlever les parcelles d’idées qui germaient à une vitesse trop rapide dans sa tête avant qu’il ne devienne officiellement son superviseur. Comment était-il possible qu’elle se sente ainsi alors que ce matin encore, elle maudissait presque le fait de devoir partager son bureau avec lui, qu’elle allait, pour une journée de plus, l’entendre râler et soupirer à chaque fois qu’elle bougerait ou passerait un simple commentaire? La réponse était sans aucun doute évidente, mais encore là, il valait mieux ne pas y penser. Et comme si les choses n’étaient pas assez bizarre, comme si le malaise n’était pas assez palpable, Un rire plus nerveux que sincère s’échappa d’entre les lèvres d’Alaska. C’est vrai, on a évité une autre catastrophe. Lâcha-t-elle, comme si son commentaire allait aider à leur détente. Non, c’était idiot. Une par jour, c’est suffisant. Et elle se maudit intérieurement d’avoir ajouté cette phrase. Elle parlait décidément trop. Beaucoup trop. C’était toujours comme ça lorsqu’elle ne savait pas comment agir dans une situation. Les mots quittaient sa bouche à une telle vitesse qu’elle n’avait même pas le temps de penser que la phrase était déjà dite. Et la majorité du temps, c’était des trucs insignifiants qu’elle disait… comme elle venait tout juste de le faire.

Lorsqu’il déclara finalement qu’il allait se rendre à l’administration, que le plus la décision serait rendue quand à leur future collaboration a titre de superviseur et de supervisé, plus vite ils allaient pouvoir commencer l’entrainement, elle ne put qu’acquiescer et hocher la tête. Oui, c’est une bonne idée. Énième commentaire inutile de la journée. Elle le regarda s’éloigné, restant immobile comme une statue jusqu’à ce qu’il manque de se prendre le coin du bureau, pas assez rapide pour l’alerter, mais il était décidément plus habitué à son bureau qu’elle ne l’imaginait. Une fois qu’il eut quitté la pièce, elle se dirigea vers la table sur laquelle elle s’appuya et, baissant la tête et fermant les yeux, elle poussa un soupire. Elle ne ressentait même pas une once de douleur lorsque sa paume blessée s'appuya contre le verre de la table. Sa tête était ailleurs. Il fallu un moment à son cœur pour reprendre son rythme normal. C’est seulement lorsque ce fut chose faite qu’elle alla s’assoir sur son tabouret avant que ses jambes ne menacent de flancher. Que venait-il de se passer? Question purement rhétorique parce qu’elle était pleinement consciente, mais ça ne pouvait pas être possible. Ce n’était pas bon… enfin, si, mais non. Non, ce n’était pas bon. Elle devait se raisonner. Il devait bien y avoir des règlements qui pourraient la convaincre que ce qu’elle ressentait à ce moment était complètement déplacé, inconvenu et qui n’était surtout pas permis. N’importe quoi pour que le courant électrique qu’elle ressentait encore dans sa main, et qui s’était propagé dans son corps, cesse.

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ALASKA&GABRIEL ∞ « You'll be the death of me »

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