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out-of-body experience (bart)

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MessageSujet: out-of-body experience (bart) Mar 23 Juin - 21:03

Les yeux rivés au sol, je m’efforce à conserver mon calme pendant que les gorilles de Bart me palpent en quête d’une éventuelle arme savamment dissimulée sous mes vêtements. Salvo avait omis de me stipuler qu’un laissez-passer était nécessaire pour pénétrer à l’intérieur du palace de son aîné. Sérieusement, je suis sûr que cette baraque est mieux gardée que la Maison Blanche elle-même.  J’ai beau leur rabâcher que je suis un proche de la Famille et que Bart ne sera pas contre me recevoir, ils n’en ont cure. Ils en ont rien à foutre que je montre patte blanche, tout ce qu’ils voient, c’est la misère que je porte sur moi. Un mec aussi pouilleux ne peut pas être relié au cador de la pègre italienne, c’est tout bonnement inconcevable. C’est ça qu’ils doivent tous se dire. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais bien mis un costard pour venir le visiter mais encore aurait-il fallu en avoir un pour ça. Puis de toute façon, je sais pas faire les nœuds de cravate alors l’affaire est classée. Un garde finit par se montrer un peu plus conciliant que les autres face à mes protestations et accepte de prendre la responsabilité de me conduire jusqu’au grand manitou. Je le soupçonne de nous avoir fait tourner en rond dans les dédales de couloirs pour brouiller mes points de repère. Si seulement il savait qu’il n’a pas de mourons à se faire de ce côté-là. Mon sens de l’orientation est tel qu’il me faudrait une carte pour m’y retrouver par moi-même.

Le molosse finit par me planter dans un bureau et me sommer de patienter calmement le temps qu’il vérifie si Bart était prêt à me recevoir. Absorbé par l’immensité de la pièce, je ne l’entends même pas arriver. Je sursaute lorsque je réalise que je ne suis plus seul. Je prends une profonde inspiration avant de me tourner vers lui. Il n’est qu’un type comme les autres, l’ego surdimensionné en plus. Il faut que je garde ça à l’esprit et tout se passera pour le mieux. « je suppose que c’est le moment où je suis censé te baiser la main comme le veut la tradition ? » je ponctue ma phrase par un sourire de formalité. Sans plus attendre, j’envoie la suite. J’ai pas envie de m’éterniser dans l’antre du loup. Si c’était pas pour Salvo, jamais, au grand jamais, je n’aurais anéanti de la sorte tous ces mois passés à me cacher de lui. « ils sont obligés de rester ? » je donne un coup de tête en direction des deux gardes dont il est flanqué. Si j’avais eu besoin d’une audience, je l’aurais fait savoir. Je n’attends cependant pas qu’il les répudie pour avancer les vraies raisons de ma venue. Je sais qu’avant même que l’idée de cafter ne leur passe par la tête, ils seront déjà abattus d’une balle entre les deux yeux.  Et ils le savent aussi bien que moi. Les Capone ont un sixième sens pour ces choses-là.  

Je réduis la distance qui nous sépare pour lui tendre le fameux bout de papier qui m’avait amené ici malgré mes réticences. Une citation à comparaitre au nom de Salvo Capone. J’avais dû faire des pieds et des mains pour qu’il accepte d’impliquer Bart dans ce joyeux merdier. Il savait au fond de lui que c’était la meilleure chose à faire mais il pouvait pas se résoudre à l’idée de venir quémander son aide. Il aurait probablement préféré se faire clouer au pilori que se retrouver dans cette pièce à ma place. C’est ce qui arrive quand on a une fierté aussi encombrante que la sienne. « c’est ton frère, il a encore fait des siennes » ne pouvant m’empêcher de jouer les avocats du diable, je lui spoile indirectement son contenu. « c’était censé être qu’un léger rappel à l’ordre mais ça a rapidement dégénéré, tu sais comment il est » je laisse le silence reprendre ses droits, juste le temps de lui laisser faire le bilan des frais occasionnés par cette perte de contrôle aggravée par la présence de témoins. J’avais même pas essayé d’arrêter Salvo quand ses poings avaient commencé à flétrir la chair du gros porc à l’origine de cette plainte. Je suis pas être pas des plus malins, mais je suis pas complétement con non plus. Quand le garde-fou psychique de Salvo cède sous le poids de sa démence, c’est une camisole qu’il lui faut pour canaliser ses accès de violence, pas une brindille de cinquante kilos tout mouillé comme moi. Et j’allais certainement pas me manger ses coups à la place de ce sac à merde, je suis pas encore atteint du syndrome du héros. Puis je me dis que ça aurait pu être bien pire. Le rapport avait déjà été pas mal édulcoré par rapport à la réalité. Quand je l’avais trainé dehors, son corps était aussi désarticulé que celui d’un invertébré et c’est à peine s’il respirait toujours. Je plonge mon regard dans le sien et me décide à jouer carte sur table. « tout ça pour dire que ça serait grandement apprécié si tu pouvais te charger de ça, en faisant en sorte qu’il retire sa plainte ou en étouffant l’affaire, par exemple » A l’aise, je le suis un peu trop pour que ça soit naturel. Je suis pas vraiment en position de lui demander des faveurs mais s’il est un minimum lucide, le business man qu'il est comprendra tout comme moi que si on coupe la tête du bordel, le corps meurt avec.  

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