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loser is the new cool. (anies)

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MessageSujet: loser is the new cool. (anies) Ven 5 Juin - 0:47

Cela fait des jours qu'il n'est pas rentré et que je l'attends. Son chien aveugle l'a appelé, chouinant au moindre bruit de pas dans la cage d'escalier commune. J'ose à peine imaginer si Anies vivait seul, l'animal serait certainement desséché dans un coin de l'appartement, nageant dans sa propre merde. Parce qu'avec ce gamin, c'est comme ça, il ne pense qu'à lui. LUI LUI LUI. L'égoïsme dont fait preuve son âme est si forte que je peux le sentir jusqu'ici même s'il n'est pas là.
Fin,
pas là.
Je pourrais facilement le ramener à l'appartement par la peau du cul mais cela reviendrait à lui donner raison. A lui faire croire que je ne peux vivre plus de trois jours sans sa présence. Le manque ne doit pas venir de moi mais de lui. Et si je n'ai pas eu la moindre nouvelle c'est que les choses se passent forcément bien ailleurs. Ailleurs, dans les draps de mon frère. Ce grand Bart aux orgasmes interminables. L'image me décroche une grimace alors que Kable descend du lit en même temps que moi. Mes yeux balayent du regard la pièce en bordel pour y attraper le premier boxer. Je sais pas s'il est propre ou sale, je m'en fous. Cela doit faire dix heures que je suis là-dedans. Dix heures que je tente désespérément de trouver le sommeil sans trop remuer la rancoeur qui me défonce l'estomac. Et si je me suis levé, ce n'est que parce que j'ai entendu la porte s'ouvrir et se fermer. Anies c'est lui, son chien l'a reconnu en premier. Il s'est précipité vers l'entrée sans se prendre un mur. Un soupir quitte mes lèvres alors que mes pas me guident lentement jusqu'au salon où je le retrouve. Les cheveux en bataille et les yeux explosés par la fatigue, je ne lui lance même pas un regard. J'essaie pas.
J'ai pas envie de le voir, pas maintenant. Pas tout de suite. S'il prononce un mot je sais que je risque d'exploser et de lui sauter à la gueule.
Je ne sais même pas s'il ressent le manque à l'heure actuelle mais c'est sans importance. Je ne lui accorderais pas une seule particule de mon bien. J'me retiens de lui dire que l'appartement n'est pas un hôtel. J'le fais pas parce que l'indifférence est la pire des armes. Celle qui te brise un homme et en enrage un autre. C'est elle qui a du déclencher des guerres, bien plus que les religions encore. Les chiens tournent tout autour de moi alors que je me dirige vers la cuisine pour leur donner à bouffer. J'me penche plusieurs fois pour remplir les gamelles en laissant mon boxer descendre légèrement et laisser ma raie à découvert. J'sais bien que je n'ai rien d'élégant à ce moment, à croire que la jalousie est en train de me dévorer. Je fais pas gaffe aux détails, je m'en fous. Je prends juste soin à bloquer mon esprit pour que mon corps ne sécrète plus la moindre drogue. Je mets tout en oeuvre pour m'empêcher d'exister et rendre Anies à l'état de fantôme.
Il n'est pas rentré, c'est pas possible, il est toujours ailleurs. Je le déteste encore. Mon frère ne le connaît pas, c'est tout.
Parce que c'est comme ça quand on s'appelle Salvo Capone : personne ne doit effleurer ses frères. Ce sont les siens. Uniquement les siens. Les autres ne les méritent pas. C'en est presque maladif.
Finocchio.
C'est ce qui quitte mes lèvres, tout bas. L'amertume possède ce mot plus que jamais, il l'enveloppe et tente de le désagréger mais même les chiens ont du l'entendre. Il était trop dur à retenir celui ci.

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MessageSujet: Re: loser is the new cool. (anies) Ven 5 Juin - 14:25


Les gens n’existent plus autour de moi. J’ai des œillères, je ne vois plus que la route qui me conduit à Salvo. Je percute quelques personnes au passage. Plus j’avance et plus leurs réactions changent, passent de réflexions sur mon éducation aux insultes impliquant ma mère. Aucun doute, les beaux quartiers ont cédé leur place à  la banlieue. Ca m’aurait certainement arraché un sourire si j’avais été d’humeur à m’amuser de ce genre de petits détails. J’aurais probablement emporté la porte de l’appartement avec moi dans ma course si je ne savais pas que Gommie m’attendait derrière. Je m’en veux de l’avoir laissé mais j’aurais pas pu l’emmener. J’ai la certitude intérieure qu’aucun chien vivant ne passera jamais la grille d’entrée de Capone Sr, suffit de voir la façon dont il les jauge du regard avec mépris à chaque fois qu’il fout les pieds dans notre taudis pour le comprendre. J’ai à peine fait un pas à l’intérieur que le chien me saute déjà dessus à hauteur de poitrine en jappant comme un chiot. Y en a au moins un qui est content de me voir.

Je laisse l’animal me couvrir de coups de langue baveux quelques instants avant de mettre le cap sur la cuisine. J’y trouve Salvo, penché au-dessus des gamelles avec un cruel manque d’élégance. Même si c’est pas cette image là que vous voulez garder en tête du bras droit du parrain de la pègre, faut bien s’avouer que la vue qu’il offre est pas dégueulasse. Je l’entends marmonner quelque chose dans sa barbe. Je me fais rapidement une petite idée de ce que ça peut bien pouvoir être. Mes yeux ne remontent que péniblement jusqu’à son visage lorsqu’il se retourne.  A sa dégaine, je peux dire qu’il vient de se lever et que c’est plutôt mauvais signe pour moi. Rares sont les raisons autres que l’engueulade qui poussent l’italien à sortir de son lit. Je lui laisse pas le temps de faire mon procès que je passe déjà à l’attaque. « tire pas la gueule, c’est toujours toi mon préféré » c’est certainement pas la meilleure entrée en matière mais j’y peux rien si tout mon bon sens est avalé par le manque, comme s’il ne me restait plus qu’un trou noir à la place du cerveau. « puis au pire, si t’avais vraiment eu besoin de moi, t’aurais appelé. Un coup de fil et j’étais là dans l’heure » je suis parfaitement conscient que ce n’est pas avec mon absence qu’il a un problème, mais plutôt avec les raisons qui se cachent derrière cette dernière. Cela dit, ça reste plus facile de jouer les idiots que de se justifier face à un Salvo enragé.

De toute façon, si j’étais revenu, c’était certainement pas pour subir ses états d’âme de frère possessif et capricieux. Ca doit être pour ça que j’abrège ma tirade pour réduire la distance qui nous sépare. J’attrape sa main et la porte jusqu’à ma joue. Au plus près du cerveau sa drogue se diffuse, au plus vite les effets apparaissent. C’est une constatation à laquelle j’en suis arrivée. Sauf que je ne la ressens pas, l’extase habituelle, d’habitude presque instantanée. Cette connasse manque à l’appel. Je le lâche avec horreur pour mieux laisser mes mains vagabonder sur son épiderme, désespérées de trouver une parcelle de peau épargnée par cette résorption de don. J’en a rien à foutre qu’il supporte pas qu’on le touche sans y avoir été invité, comme j’en ai rien à foutre de dépasser les limites imposées. Je risque quoi au pire, qu’il me tape sur la gueule ? Tant mieux si on en arrive là. Il contrôle jamais rien quand il est en colère. Je lui donne pas deux minutes pour que son don prenne le pas sur ses mauvaises intentions. Quitte à tomber en overdose, ça sera toujours mieux que vivre une minute de ce manque tout simplement invivable. Mon poing s’abat sur son torse de frustration. Pathétique. Je dois ressembler à un malade en phase terminale qui court désespérément après la vie. Regarde ce que t’as fait de moi. « pourquoi tu me fais ça Sal ? j’en ai besoin, tu le comprends ça ? »

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Dernière édition par Anies Childress le Ven 26 Juin - 21:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: loser is the new cool. (anies) Lun 8 Juin - 16:25

Je savais parfaitement dans quelle spirale je me perdais en accordant de ma drogue à Anies. Je savais que c'était sans fin et qu'un jour où l'autre nous en arriverions à un point de non retour. Je crois que son addiction est si puissante qu'aucune épreuve ne pourrait le détacher de mon pouvoir. Parfois, je m'imagine le jour où je mourrais et l'état lamentable dans lequel il sera. Je crois que le manque sera si puissant que le gamin se traversera le crâne à coup de balle dans la tête. Même moi, j'y vois pas d'échappatoire. J'ai déjà tenté de le sevrer avant que ce ne soit trop tard mais la tentation était trop forte. J'ai pris goût à cette puissance que j'ai sur son âme. Parce qu'avec Anies, pour une fois, j'ai la sensation de servir à quelque chose. Je sais que seule la mort pourra nous séparer car le manque sera toujours au dessus de tout le reste. Et à sa façon de l'entendre parler je sais que c'est insupportable sur lui. J'essaie d'imaginer sa douleur mais je n'y arrive pas pour n'avoir jamais connu sa situation. J'essaie de me calmer, d'arrêter la rancoeur qui coule dans mes veines mais c'est plus fort que moi, je lui en veux. Ca me brûle le corps. Je peux pas passer au dessus de cette merde, du moins, pas tout de suite. Mon regard tombe au sol et fixe les chiens en train de manger alors que ses pas s'approchent rapidement. Trop rapidement. J'ai envie de le repousser d'un coup de pied mais je me retiens, je garde un certain respect entre nous. « puis au pire, si t’avais vraiment eu besoin de moi, t’aurais appelé. Un coup de fil et j’étais là dans l’heure » J'me retiens de rire à cette phrase parce qu'il sait que je ne ferais jamais ça. J'en suis incapable. J'ai une fierté grande comme le monde. Même si je voulais passer au dessus je pourrais pas. Un peu comme lui et son manque. C'est juste impossible. Je préfère me sauter du haut d'un immeuble que lui demander de revenir à moi.

Anies s'approche et je lis dans ses yeux ses mouvements à l'avance. Je sais qu'il va attraper ma main et la poser sur sa joue. Je sais qu'il va s'enrager et tenter de trouver son bonheur ailleurs. Je ressens déjà son poing contre mon torse et la petite douleur qui s'écrase contre ma cage thoracique. Je soupire et serre vivement les dents à sentir son épiderme contre la mienne. Il sait que je déteste cela. Il le sait. Si c'est pas moi qui engendre le premier geste alors c'est la merde. Pourtant, pour la première fois de toute ma vie je me retiens de l'agresser et l'écoute. « pourquoi tu me fais ça Sal ? j’en ai besoin, tu le comprends ça ? » Mes yeux se posent sur ses mains. J'attrape son poing encore serré et pose mon énorme main dessus. Un soupir quitte mes poumons alors qu'un moment de silence se dessine entre nous. Seul le bruit des mâchoires des chiens se font entendre.
Et puis,
enfin.
Je vois pas de quoi tu parles.
Je l'agresse pas, ma voix est calme, complètement détaché. On peut aussi entendre une pointe de déception dans mes mots mais pas d'amertume, pas de mépris. De la pitié peut-être. Rien d'agressif.
On peut pas continuer. Tu peux te passer de tout ça. Tu as su le faire ces dernières heures.
Je lui dis ça en même temps que je me dégage de son emprise. Je quitte ma place entre Anies et le lavabo pour retrouver ma respiration. J'avais l'impression d'être en cage, j'ai horreur de ça.
Maintenant laisse-moi respirer tu veux. J'dois aller chier, j'en ai besoin, tu le comprends ça ?
Tellement élégant. On devrait me filer l'oscar du foutage de gueule par excellence. A ces mots, je quitte la cuisine pour me diriger vers la salle de bains et me poser sur le trône. J'sais bien qu'Anies va pas lâcher l'affaire, c'est pour ça que je laisser la porte ouverte. Il a déjà vu pire de toute façon puis j'vais jamais savoir poser une pêche avec l'autre idiot dans les pattes. C'est juste de la pure provocation. J'ai même pas baissé mon pantalon. J'attends juste qu'il se ramène, trop prévisible.

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Dernière édition par Salvo Capone le Lun 8 Juin - 22:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: loser is the new cool. (anies) Lun 8 Juin - 19:33

Sa main se pose sur la mienne et l’espace d’un instant, j’y crois dur comme fer, alors que tout me crie que c’est bien trop beau pour être vrai. Salvo qui arrive à museler sa rancœur, ça relève presque de l’utopie. Malgré ça, je peux pas m’empêcher de regarder nos mains juxtaposées, tout l’espoir du monde concentré dans mes pupilles. Un gémissement étouffé s’échappe de mes lèvres lorsqu’il rompt le contact. Piétinée, la confiance. « je vois pas de quoi tu parles »  je serre les dents à un tel point que mes mâchoires tremblent. S’il y a bien quelque chose qui m’énerve, c’est qu’il tourne ça à la dérision. C’est peut-être qu’un jeu pour lui, mais c’est loin de l’être pour moi.  C’est déjà assez humiliant de ramper à ses pieds pour qu’il prenne en plus le luxe d’en rajouter une couche. « On peut pas continuer. Tu peux te passer de tout ça. Tu as su le faire ces dernières heures. » me passer de tout ça. j’étrangle un rire à l’absurdité de ses paroles. J’aurais plutôt dit troquer un plaisir contre un autre, et encore, ça reviendrait à édulcorer la réalité des choses. Je lui dirais bien que les images qui défilaient dans mon cerveau lors des multiples orgasmes déraillaient sans cesse de son frère à lui mais ça lui ferait trop plaisir de savoir que le manque a terni nos ébats. De mon côté, en tout cas.

Il faut vraiment qu’il arrête de faire comme si c’était un service qu’il me rendait. Il m’a déjà assisté plusieurs fois quand mon corps se liguait contre moi et il sait que ça me fait plus de mal que de bien. Une vie de cure ne suffirait pas à me débarrasser de cette toxique addiction.  « maintenant laisse-moi respirer tu veux. J'dois aller chier, j'en ai besoin, tu le comprends ça ? » en temps normal, j’aurais probablement laissé mon majeur le saluer. Là, tout ce que je réussis à faire c’est céder à la panique lorsque je conçois que ses pas le mènent dans la direction opposée à la mienne. Je prends une grande inspiration et lui engage le pas. Il va bien finir par se lasser de cette petite plaisanterie un jour, c’est obligé. Mon sang bout dans mes veines quand je le vois assis sur les chiottes, rayonnant de fierté. Tout ce dont j’ai envie sur le moment, c’est de lui foutre la tête dans la cuvette jusqu’à ce que plus une seule bulle de CO2 ne remonte à la surface. Au lieu de ça, je me laisse tomber sur mes genoux, plus pour soulager mes jambes de cette douleur infernale qui les tiraille qu’autre chose. Je cale mes mains dans le creux de mes genoux, tant pour tenter de calmer les tremblements convulsifs qui les agitent que pour me forcer à respecter son espace vital. Sans ça, je sais très bien que mes mains finiront par chercher sa peau à nouveau, c’est inévitable. On peut comparer ça à la passion qui anime un héroïnomane qui se retrouve dans le périmètre d’une seringue chargée à bloc.

« j’suis désolé Sal, j’ai merdé » je trouve même pas la force de le regarder dans le yeux. Si je le fais, je vais encore me retrouver à chialer comme un veau. Je sais même pas pourquoi je m’obstine à chercher son pardon. Il se serait pas excusé lui, pas même s’il venait de baiser ma mère dans la pièce d’à côté. C’est pas possible d’être aussi con. De toute façon, ces mots ne pèsent rien dans la balance face à ses accusations silencieuses. Va falloir que je fasse mieux que ça pour regagner ses faveurs. Mon regard finit par accrocher le sien, implorant. « j’irais plus, j’te le jure » une promesse de junkie  parmi tant d’autres. J’irais pas jusqu’à lui proposer un pacte de sang pour valoriser mes mots, par exemple. Je relève mon t shirt pour m’essuyer le visage avec. Ca devrait pas être permis de suer autant, j’ai l’impression de sortir de la douche.  J’attrape ensuite un rouleau de PQ qui traine au sol pour lui lancer au visage. « puis tu devrais t’essuyer la bouche avec ça, ça va pas de dire de la merde pareille ou quoi ? je serais pas là si je pouvais m'en passer, connard » c'est ce qui arrive quand j'essaie de réfréner mon irritabilité au plus profond de mon être trop longtemps. Je m'installe en tailleur et lève une nouvelle fois les yeux sur lui« on est ok ? » allez, dis oui.

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MessageSujet: Re: loser is the new cool. (anies) Mar 9 Juin - 23:22

Je plonge ma tête entre mes mains pour me laisser un moment de répit. J'ai pas envie de lui exploser la tête sous prétexte qu'il s'est absenté quelques jours seulement. Je sais même pas pourquoi je réagis comme ça, c'est complètement débile. C'est juste que je me sens pas en état de supporter son retour même si je l'attendais plus que tout le reste. J'entends ses pas sur le plancher dégueulasse, quelques cafards se mêlent à la danse et partent se cacher sous les meubles. Je soupire et redresse légèrement la tête lorsqu'Anies entre dans la pièce. Il n'hésite pas à se laisser tomber au sol même si le sol est crasseux. L'odeur de la pièce doit être nauséabonde mais cela fait trop longtemps que nous y sommes enfermés pour se rendre compte des choses. Cette merde est devenue normale à notre vue. C'est un mode de vie comme un autre. On peut s'en vouloir qu'à nous même de toute façon. Même pas capables d'entretenir un appartement aussi minuscule. C'est un manque de volonté qui crève les yeux. Le toit pourrait nous tomber sous la tête que cela ne changerait rien. On est tombés bien trop bas dans notre connerie pour vouloir en sortir maintenant. L'un des chiens se ramène à son tour dans la salle de bains et se pose sur le tapis recouvert de moisissure. Je le regarde un instant pour me calmer et cligne une fois des yeux avant de revenir vers Anies.

On dirait qu'il est en train de prier son dieu, c'est déroutant. Je n'ai rien à aduler. Je ne suis qu'un tas de chair oxygénée. On me donne un coup de couteau et je saigne. « j’suis désolé Sal, j’ai merdé » Je sais qu'il reconnaît ses erreurs dans l'unique but d'obtenir ce que je lui dois. J'en ai tellement marre que je pourrais la tabasser jusqu'à ne plus reconnaître son visage. Je l'ai déjà frappé par le passé mais là, ce serait encore pire. « j’irais plus, j’te le jure » Un rire éclate dans le vide de la pièce. Je pouvais pas le retenir celui la. Il était trop évident, il me perçait les poumons. Ne plus y aller. Mais quelle connerie. Je le regarde avec une certaine pitié mais n'ajoute rien. Mon visage passe brusquement du rire aux rien. Retour à l'état de pierre, même lorsque je me reçois le rouleau de PQ en pleine gueule. Je bouge pas, je me laisse faire, à peine surpris par sa réaction. « puis tu devrais t’essuyer la bouche avec ça, ça va pas de dire de la merde pareille ou quoi ? je serais pas là si je pouvais m'en passer, connard » Je le regarde faire et me pince la lèvre inférieure. J'essaie de réfléchir à une solution mais rien ne vient, mes pensées sont intoxiquées par les films que j'ai bien pu me faire ces dernières heures. « on est ok ? » J'hausse des épaules, je me sens lourd. Je suis à deux doigts de tomber de ma cuvette. Alors, comme pour me débarrasser de ce poids et le partager avec Anies, ma main se pose sur sa joue. Une infime dose de drogue traverse nos deux peaux pour atteindre son métabolisme. Ce n'est rien du tout, ce n'est pas suffisant mais la peur renaît brusquement. Celle d'autrefois.
Je peux pas te donner ce que tu veux.
Ma voix tremble, dévoré par toute la colère que je possède à l'idée d'être une pauvre bête.
La puce, je l'entends sonner dans ma tête. Ils vont venir me chercher si je continue de te droguer, ils me l'ont dit. Ils arrêtent pas de me le dire. T'entends ce sifflement ? Ouais, hein, tu l'entends.
Ma main s'écarte de sa joue alors que mes doigts se crispent et remuent pour former un poing avant de venir contre mes oreilles.
Ils en ont rien à foutre de ton manque, Anies.
Je lui balance sur un ton désespéré alors que mes mains se posent contre ma nuque pour tenter de calmer ce sifflement incessant dans ma tête.
Alors,
dis,
tu l'entends toi aussi ?

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MessageSujet: Re: loser is the new cool. (anies) Dim 14 Juin - 0:02

Sa main se tend vers mon visage et j’ai l’impression de renaitre. La drogue de Salvo, c’est encore plus jouissif qu’une première bouffée d’oxygène, j’en suis certain. Je ferme même les yeux pour mieux l’accueillir, me laissant porter par cette vague euphorique. Vague qui se retire bien trop vite à mon goût, abandonnant derrière elle ma carcasse à l’agonie, échouée sur la plage de la frustration. Cette marée basse n’était pas vraiment la bienvenue, ça doit se voir à la façon dont je le vrille du regard. J’espère qu’il y a une bonne explication derrière tout ça et que je ne suis pas en train d’en chier pour quedal. « Je peux pas te donner ce que tu veux. » des points d’interrogation dansent dans mes pupilles. Il me prend tellement pour un con que j’arrive plus à discerner le vrai du faux. Il n’y a pas qu’au football que les Italiens sont de merveilleux simulateurs. Moi j’ai plus l’impression que ça relève d’un manque de volonté plutôt que d’un manque de pouvoir, mais ça n’est que mon point de vue.

« La puce, je l'entends sonner dans ma tête. Ils vont venir me chercher si je continue de te droguer, ils me l'ont dit. Ils arrêtent pas de me le dire. T'entends ce sifflement ? Ouais, hein, tu l'entends. » ça avait pas l’air de le déranger plus que ça, la première fois qu’il m’a envoyé toutes ses merdes dans le sang. Et toutes les fois qui ont suivi non plus, d’ailleurs. Je lui dirais bien qu’il ne risque rien, qu’ils ne se déplaceront pas tant que son seuil d’hormone ne représentera pas une menace pour les précieuses vies humaines qui l’entourent mais il ne me croirait pas. C’est tout bonnement impossible de le rationaliser quand ça en vient à sa puce. Quant au sifflement, je ne l’entendais pas avant qu’il n’implante l’idée de sa présence dans mon esprit. Brusquement, mon visage se dérobe à sa main. Je m’attendais à ce que cette cacophonie naissante sous mon crâne cesse une fois le contact rompu mais il n’en est rien. C’est pas un canular, ça persiste, crescendo, de plus en plus stridemment. Mes paumes vont jusqu’à obstruer mes oreilles pour faire taire ce vacarme assourdissant, ce qui s’avère être complétement inutile sachant que mon mal siège et se barricade à l’intérieur de ma tête. Au moins, j’ai pas l’impression de rester là les bras croisés à ne rien faire. « laisse les venir » je suis obligé d’hurler pour me faire comprendre. Si j’arrive déjà pas à m’entendre parler avec tout ce raffut, comment voulez-vous que lui y parvienne ? « ça s’arrêtera jamais sinon, y a pas de solution miracle » je me sens presque obligé de rajouter cette petite précision. J’ai pas envie qu’il aille s’imaginer que je suis en train d’essayer de le pousser à se rendre aux autorités juste pour satisfaire mon manque. Je fais pas partie des mecs que la drogue a déshumanisés à ce point. Jamais je donnerais Salvo, encore moins depuis que lui et ma drogue ne sont qu’une même entité confondue. Ma dépendance est le meilleur gage de fidélité que je peux lui faire.

Mes doigts se perdent dans la fourrure de Kable allongé à mes côtés pendant que je le laisse réfléchir à tout ça. Ca sert à rien de le bousculer, aucun homme n’a jamais pris de bonne décision en étant sous pression, c’est un fait connu. Le silence s’étire durant quelques longues minutes avant que ma voix ne s’élève à nouveau. « à moins que t’aies une meilleure idée ? » j’ai même pas besoin de lever les yeux sur lui pour deviner qu’il sait très bien à quoi je fais allusion. Je déteste avoir à le charcuter, je déteste voir ma lame courir sur sa peau et plus que tout au monde je déteste voir son sang couler pour une cause perdue - après tout, toutes les prisons sont conçues pour que personne n'en réchappe, pas vrai ? - mais depuis que mon mal être est directement relié au sien, je suis prêt à jouer les chirurgiens clandestins une fois de plus si ça peut aider à étouffer ce sifflement qui nous vrille la cervelle. C'est ce moment là que choisit Kable pour relever la tête vers son maître et je me dis que s’il était doté de quoique ce soit qui se rapprocherait de près ou de loin d’une conscience humaine, il serait probablement en train de se dire qu’on ressemble tous les deux à des malades mentaux complotant contre un ennemi invisible, fruit de leur imagination. Je souris à cette pensée et me laisse aller contre le mur, laissant sortir cette question qui me brûle la langue depuis bien trop longtemps. « de quoi t’as peur Sal ? » de l’incarcération ? Sa vie entière est un délit à elle toute seule. Qu’il soit jeté au trou pour être un mutant ou pour être un criminel, ça ne fait pas de grande différence à mes yeux, alors quoi ?

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MessageSujet: Re: loser is the new cool. (anies) Ven 26 Juin - 18:18

Ma tête va finir par exploser, j'ai cette sensation horrible que le monde est sur le point de se retourner contre moi. D'une minute à l'autre, ce seront les autorités qui franchiront cette porte pour m'emporter avec elles. Anies sera emporté dans la foulée pour ne pas être laissé de côté. Individu dérangeant. Mes doigts cherchent encore la présence de la puce sous ma peau mais n'y trouvent rien. La panique grimpe d'un cran alors que mes yeux s'écrasent au sol. J'ai l'impression que même les chiens sont dérangés par le bruit qui s'échappe de mon corps. C'est comme être une bombe humaine sauf que tout explosif se trouve à même mes veines et qu'il est impossible d'arrêter cette tuerie interne. « laisse les venir » J'fronce les sourcils à ses paroles mais ne trouve pas le courage de me rebeller. Les laisser venir, ce serait les laisser gagner. Après une vie passée à se battre contre cette merde, ce serait la pire défaite de toute mon existence. Encore plus fou que perdre mon gosse. Je n'aurais plus qu'à me suicider dans un coin de cellule. La fierté avant la vie. C'est à ça que se résume ce que je suis réellement. C'en est épouvantable de voir à quel point mon égo peut être gonflé de merde qui me rendent plus aveugle les unes que les autres. « ça s’arrêtera jamais sinon, y a pas de solution miracle » Un rire dépasse mes lèvres à ses paroles, je sais qu'il dit ça uniquement pour avoir sa dose complète de drogue et ça me fout dans un état de haine insupportable. Mes poings se serrent et mon sang ne fait qu'un tour. C'est pas le moment de raconter des conneries de cette ampleur, Anies. C'est pas le moment.
Mais c'est quand, alors ?
Jamais.
Frisson de chaleur.

« à moins que t’aies une meilleure idée ? » Me mettre une balle dans la tête, abandonner tout ce que je suis et disparaître. Parce que je te jure que dans ces moments là je me sens si mal que je sais plus quoi faire pour me détacher de ma propre personne. Se détester, c'est quand même sacrément triste comme histoire. Je crois qu'à mon stade c'est irrécupérable. La douleur que je ressens me tue les tripes, m'enfonce un peu plus dans le manque d'affection que je ressens pour mon moi. C'est p't'être pour ça que j'ai tant souffert de perdre ce gosse, j'avais quelque chose à aimer réellement. J'avais une foutue raison de me lever le matin puis plus rien, comme ça, du jour au lendemain. Dieu pouvait pas faire mieux pour me briser. Après tout, il connaît les points faibles de tous ces enfants. J'en suis la preuve. « de quoi t’as peur Sal ? » C'est quoi cette question foireuse, Anies ? Dans mes pupilles, y a comme un océan de terreur qui est en train de prendre possession de mon âme. Tous les adjectifs du monde ne suffirait par à définir ce que je ressens exactement. C'est pire qu'une malédiction. Plus atroce qu'une torture. Plus violent qu'une tempête.
Va t'faire foutre Anies. T'es de leur côté.
Les mots quittent ma bouche si violemment qu'il m'est impossible de les récupérer et les regretter. Mon visage transpirant se redresse alors que quelques gouttes de transpiration coulent dans mon dos. Nos yeux se retrouvent une énième fois et les traits de son visage n'ont jamais été aussi nets et agressifs.
Tout ce qui t'intéresse c'est d'avoir ta putain de came. Fallait y penser avant de te barrer pour te faire sauter par mon frère.
L'amertume me brûle l'âme mais c'est tout ce qu'il me reste comme sentiment maintenant. Le sifflement ne cesse pas et les chiens sentent que je suis en train de partir en vrille. Kable s'approche de moi pour tenter de me calmer mais c'est sans succès. Je crois que je pourrais tuer Anies vu l'état dans lequel je me mets.
Je veux que tu dégages maintenant si c'est pour me conduire à eux et avoir ta dope.
Je prends le temps de me redresser pour l'attraper par le col de son t shirt et le lever à son tour. J'sais pas d'où me viennent toutes ces forces mais j'ai la sensation qu'elles sont en train de grandir en moi. C'est comme ça qu'Anies se retrouve balancé hors de la salle de bains alors que mes yeux rouges de haine le fixent avec intensité.
Plus personne n'entrera ou ne sortira de cet appartement. Alors, c'est le moment de faire ton choix.
Parce que ça fait des semaines que je pense à barricader les portes et fenêtres pour les empêcher de m'observer.

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