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we will meet again. (bartolomeo)

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you're acting so fearfully


MessageSujet: we will meet again. (bartolomeo) Lun 25 Mai - 23:13

Alors que la soirée débutait à peine, Shawn décida d'une impulsion de quitter son appartement, laissant derrière lui son immeuble au bien trop nombreux locataires bruyants. Il partit. Seul. À moins que le silence, la tranquillité et la solitude comptaient en tant que compagnon de route. Engoncé dans une veste en cuir afin de ne pas souffrir de la fraîcheur nocturne printanière, il se rendait dans le Bronx. Plus précisément dans le quartier de Little Italy où résidait l'un de ses restaurants favoris. Loin de l'agitation de l'artère principale, planqué dans une ruelle adjacente et dissimulée par des tas de panneaux de signalisations, l'agent déguisé appréciait la douce quiétude qui y régnait. Là-bas, personne pour l'emmerder ; personne à l'identité floue. Par sécurité – et par habitude – un flingue trônait à l'arrière de sa ceinture, coincé, invisible sous une chemise trop large et une veste trop opaque. Une gueule d'angelot si parfaite, si savamment travaillée que personne ne se doutait qu'il suffisait de grattouiller la surface pour y déceler un être aux allures démoniaques. Même sa voisine de palier n'y voyait que du feu. En même temps, comment une mamie pouvait-elle comprendre que la paire d'yeux sur laquelle elle fantasmait dissimulait une flopée d'horreurs ? Mentant à la gueule du monde entier, Shawn préférait se complaire dans un semblant de solitude, oubliant délibérément son petit frère. Omettant sans aucune honte sa meilleure amie, probablement bien trop occupée à écarter les cuisses pour celui qui jadis, partageait la vie du blondinet. Il ne lui en voulait pas. Comment aurait-il pu ? Elle savait à quoi s'en tenir. Elle connaissait les penchants de Jonathan Hastings concernant la destruction des vies qui l'entouraient, à plus forte raison lorsqu'il s'agissait de quelqu'un qui l'appréciait. Un peu trop, la plupart du temps. Qui s'attachait comme on attachait les chiens à une laisse ; une fois la chose faite, plus rien ne leur permettait de s'échapper. Aussi étrange que cela paraisse pour celui que l'on surnommait le congélateur – voire même Princesse Elsa, pour les plus audacieux – Shawn tenait suffisamment à sa meilleure amie pour ne pas lui souhaiter de connaître la souffrance que lui, avait connu. La souffrance qu'il tenait loin de ses neurones les plus fragiles, enfoncée dans un casier, oubliée parmi une multitude d'autres.
En poussant la porte du restaurant, tout un tas de saveurs différentes, de senteurs diamétralement opposées attaquèrent ses narines. Ce restaurant transpirait l'Italie. Ou plutôt, le cliché d'une Italie idéalisée, utopique, que l'on ne rencontrait que dans ses rêves les plus fous. Surtout lorsqu'ils concernaient la gastronomie diverse et variée de cette région du monde, connue pour ses plats à base de pâtes, de mozzarella et de Chianti. Toutes les tables garnies de serviettes à carreaux rouges et blanc. Toute la pièce tapissée d'imitations de grands artistes italiens de la Renaissance. Habitué de la maison, Shawn y venait dès qu'il en ressentait l'envie. Comme aujourd'hui, pressé de se départir de la folie de Brooklyn pour se perdre dans celle, beaucoup plus fameuse et réputée du Bronx.

Savourant le fait qu'en semaine, le restaurant se vidait des clients les plus bruyants, Shawn s'installa dans un coin, loin de l'entrée, loin des fainéants s'installant à la première place disponible. Autour du blondinet, du vide. À croire que la froideur que l'on lisait sur ses traits dissuadait les plus audacieux et faisait fuir les plus peureux. N'ayant en face de lui qu'un verre d'eau dûment rempli par un serveur innocemment venu lui demander ce qu'il désirait consommer – sans succès, pour le moment – Shawn observait les visages peu nombreux des clients du restaurant. Jusqu'à ce que sa paire d'yeux acier rencontre ceux, beaucoup plus clairs, d'un homme qu'il croisait beaucoup trop souvent à son goût. Une fois, deux fois, trois fois… Que ce soit dans ce restaurant ou dans la rue, cette trogne vieillissante revenait incessamment. Instinctivement, ses doigts se faufilèrent sous sa veste. Son flingue était toujours là. Invisible. Seule protection entre lui et le danger qu'abritait le monde. Seule moyen de défense contre cet homme qui le suivait. En pouvait-il être autrement ? Shawn ne croyait pas aux coïncidences ; Shawn ne croyait qu'aux monstres tapis sous les lits, profitant d'un instant de somnolence pour attaquer. Pour couronner le tout – comme si sa simple présence dans le restaurant ne suffisait pas – le danger s'installa sur la table face à la sienne. Non sans l'avoir gratifié d'une grimace agacée, voire outrée d'avoir eu sa place dérobée par un angelot aux yeux d'acier. Du moins, ce fut ce que Shawn interpréta.
Encadré par deux gardes du corps à la musculature à en faire pâlir un bodybuilder, le vieillard ne semblait guère se soucier de ce qui l'entourait : protéger, certainement adulé par les deux briques sur pattes, rien ne semblait l'atteindre. Mis à part les chefs de la peigre, à l'instar du ô combien célèbre et défunt Wilson Fisk, Shawn ne connaissait personne qui s'entouraient d'hommes aussi costauds. À moins qu'ils ne soient tous du HAMMER et qu'ils ne servaient juste qu'à défendre leur supérieur ? Ou pire, des miliciens. Des miliciens désireux de buter quiconque s'opposait à leurs idéaux bancals et écoeurants vis-à-vis des rares personnes capables de défendre cette terre gangrenée. Assez malin pour ne pas se risquer à le fixer trop longtemps, l'agent déguisé appela le serveur. Le fait d'être seul pour dîner ne le dérangeait guère. Pourtant, d'après les regards que lui lançaient les autres clients, majoritairement des femmes – sans se soucier de leurs époux, ça les rendait tristes.
À nouveau, ses yeux se glissèrent sur l'homme en face de lui. Il ne lui inspirait ni sympathie, ni confiance. Pire, une aura ténébreuse se dégageait de tout son être, en plus d'un accent italien prononcé. D'ailleurs, il ne se gêna pas pour passer commande dans sa visible langue natale, malgré l'incompréhension du serveur. Un américain. Or, la majeure partie des américains ne se souciaient que de comprendre leur propre langue : le reste du monde ne les intéressait absolument pas.

Sans un mot, sans même esquisser le moindre mouvement brusque – sait-on jamais, mieux valait préconiser la prudence à la sottise – Shawn s'empara du menu qu'il parcourait avec lenteur. Une main vissée près du pied arrière de sa chaise, le plus près possible du flingue planquée sous sa veste. Incapable de se défaire de ses habitudes d'agent du SHIELD, le danger l'empêchait de se délecter d'une bonne soirée. Incapable de se rendre compte de sa paranoïa latente, Shawn ne parvint pas à extirper son cul de sa chaise et de s'en aller : ça paraîtrait bien trop suspect.

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i will keep quiet you won’t even know i’m here;
You won’t suspect a thing, You won’t see me in the mirror But I crept into your heart. You can’t make me disappear. Till I make you. You’ll never know what hit you, Won’t see me closing in. I’m gonna make you suffer. This hell you put me in. i'm the devil within.
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MessageSujet: Re: we will meet again. (bartolomeo) Ven 5 Juin - 4:41


just because I'm paranoid
doesn't mean they are not
out to get you
Les doigts qui se serrent sur le manche de l’arme cachée sous l’oreiller. Les yeux restent fermés, pourtant. Le cœur serein et la respiration paisible. Il dort encore, l’innocence retrouvée, le mafieux aux traits détendus. Parfois, les paupières frémissent de trop, les lèvres tressaillent un peu. Ce sont les démons qui le rattrapent, le poursuivent jusqu’aux tréfonds de ses cauchemars. Ombres rasant les murs. Fumées aux allures menaçantes. Les menaces sont partout, le danger le guette, les pièges se dressent à ses pieds, toujours plus nombreux. Des gueules béantes prêt à l’avaler tout rond au moins faux pas. Il lui arrive parfois, d’apercevoir ses traits au fond d’un miroir. L’horreur de voir les rides qui commencent à creuser son front, le stress qui ronge sa chair. Les années qui lui tombent dessus comme sur un président des Etats-Unis. Il redoute le premier cheveu blanc au creux de sa blondeur naturelle. Ça vient avec les responsabilités. Quelque part, heureusement que c’est lui, l’ainé, à voir ses deux cadets, leur empire du crime se serait bien vite écouler. Il n’en resterait que quelques antiques catins aux seins fripés avec la coke entre deux rides. Mais le plus horrible, c’est le regret. Bartolomeo se surprend parfois, un soupir à travers les lèvres, à regretter les défunts. L’immonde monstre qui leur a servit de père. Le connard qui les a frappé toute leur enfance, sourire mauvais aux lèvres, roi de la terreur. Il regrette l’insouciance relative de son occupation précédente. Les cadavres sur commande, la violence des coups, l’appétit sanguinaire, l’étincelle carmin dans ses yeux. Le fils qui ne vaut peut-être pas mieux que le père. Famille de pourritures. Héritage de crapules. Malfrats dans les rues. Rois du crime organisé. Digne brasiers aux légendes de la pègre italienne. Tout semblait tellement plus simple pourtant, lorsqu’il ne s’agissait que de laisser une trainée écarlate sur son chemin. Ça paraissait si facile pourtant, de loin. Papa toujours assis derrière son bureau. Papa qui trouvait le temps d’engrosser une pute pour leur faire un petit bâtard. De loin, tout paraît plus simple. La pression qui s’accumule sur les épaules, le moindre faux pas peut écrouler le château de carte, l’envoyer derrière les barreaux, ou même être traité comme un clébard, une puce dans le bras. Alors, la paranoïa s’aggrave, le regard qui scrute les visages, à la recherche de signes quelconques, de symboles que lui seul comprend. La difficulté de faire confiance, tous les nouveaux passés à la loupe, ils ne sont jamais à l’abri d’une taupe. Alors, y’a les cauchemars qui le hantent, les menaces partout même dans sa propre chambre. C’est pour ça qu’ils sont là, le flingue et le poignard. Sommeil trop léger, il se réveille parfois, une arme qu’il brandit dans le noir, à la recherche d’ennemis invisibles. C’est sûrement pour ça au fond que Papa n’a pas tenu, érodé par une certaine folie. Au final, Bart n’échappe pas à la malédiction, le déterminisme qui le transforme en ses parents. Un tordu comme les autres. Alors, il porte le masque, le sourire confiant, mais flanqué de deux armures à glaces, dès qu’il met le nez dehors. Même quand il s’agissait de voir son propre frère, on n’est jamais trop prudent. En sortant, l’homme ne manque pas de vouloir faire un tour à un de ses restaurants favoris du quartier, son petit bout d’Italie dans ce monde américain grisâtre. Un des meilleurs restaurants italiens du coin, à tel point qu’il n’avait pas hésité à aider financièrement la patronne, Claudia, lorsqu’elle a rencontrée quelques difficultés. Il fut accueilli par un serveur visiblement nouveau. Un sourire mauvais naît alors sur les lèvres de l’italien tandis qu’il l’apostrophe dans sa langue natale sans qu’il ne semble saisir l’entièreté de son discours. Un sourire qui s’envola bien vite, en voyant que sa table favorite était occupé par un blondinet. Mais pas n’importe lequel de ces blonds innocents, non. Le même qu’il croise un peu trop souvent à son goût. Bartolomeo n’a jamais été un homme fervent des coïncidences. D’un geste, il fait signe à ses deux compagnons de garder un œil sur l’intrus. Tandis qu’il se place juste en face de lui, toujours gardé l’ennemi assez près pour pouvoir l’éliminer en cas de besoin, malgré les protestations de l’employé qui insistait pour qu’il aille sur une autre table. Exaspéré, Bartolomeo dévia le regard noir qu’il avait jusqu’à présent réservé à l’affreux voleur de place jusqu’au petit bleu qui sembla nettement refroidit, accompagné de quelques nouveaux ordres en italien dans lesquelles il glisse une ou deux insultes pour son petit plaisir. Il attira enfin assez d’attention pour que la patronne, une italienne d’âge mûre aux cheveux grisonnant et très léger embonpoint, sorte de la cuisine pour voir ce qui pouvait bien causer tout ce bruit. Ses yeux s’illuminaient tandis qu’ils se posaient sur Bart, tandis que ce dernier se relevait pour lui faire la bise. De grands sourires qui s’échangent, des paroles échangées en italien, des excuses sur le nouveau serveur, sa table donnée à un autre, des nouvelles de sa famille, quelques futilités. Elle repart finalement aux fourneaux préparé une de ses merveilles qu’elle ne laisse pas dans le menu, non sans passer un savon conséquent au petit nouveau irrespectueux. Ses yeux revinrent sur l’affreux blondinet d’en face, dont les traits commençaient à être familier. Il avait la nette impression que sa propre présence ne semblait guère enchanté. Il ne sait depuis combien de temps que les deux se regardent en chien de faïence, tandis que Bart se décide à briser le silence. « Vous savez, si vous tenez tant à obtenir une photo de ma personne, vous devriez en trouver une sur le mur là-bas, ce sont des choses qui se font lorsqu’on devient propriétaire. » Sourire suffisant. Accusation à peine voilée. Tout est facile lorsqu’on est entourés de deux tas de muscles armés jusqu’aux dents. L’arrogance monte à l’esprit, il n’arrive plus à s’arrêter. Il veut en finir avec Blondie, histoire de ne plus avoir à le croiser "accidentellement". « Vous devriez me remercier pour cette si bonne adresse. Ça me fait presque plaisir d’avoir contribué à cette petite découverte, peut-être devriez-vous en parler à vos collègues à l’avenir aussi. » Le vouvoiement étrange dans sa bouche. Les fausses bonnes manières apprises au fil des années, pour mieux asseoir leur supériorité, se fondre dans la masse des plus riches de ce monde. « Je vous conseille les gnocchis al pomodoro, ils sont particulièrement fameux. » La provocation à outrance, le défi dans le regard. Pourtant, il retenait sa colère, il savait que ça n’allait pas plaire à Claudia, tout ça.

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