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There is no sweeter innocence than our gentle sin | PV Amen

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MessageSujet: There is no sweeter innocence than our gentle sin | PV Amen Lun 18 Mai - 23:07

Voilà une bonne demi heure qu'Adam flânait dans Central Park, sans raisons ou but apparents. Une capuche sur la tête et les mains dans les poches, il errait d'un endroit à l'autre, laissant quelques enfants lui passer à côté. Il ne faisait pas vraiment attention au monde qui l'entourait, si ce n'est les nombreux regards curieux à son égard. Il était accoutumé à de tels regards. Il se sentait jugé à chaque pas qu'il faisait et à chacune de ses respirations - comme s'il ternissait l'oxygène des autres de par sa présence. Sa nature de mutant était responsable pour beaucoup de ses maux, bien qu'elle ne soit connue d'aucun civil - excepté sa famille. Mais cela importait. Il avait l'impression que l'inscription était marqué à l'encre indélébile sur son front, à la vue de tous - comme pour mieux le punir d'être né différent. Il était conscient de parfois être un peu trop paranoïaque, comme si le monde entier risquait de l'attaquer d'une minute à l'autre - et de ne plus jamais le laisser partir. Il y avait de quoi nourrir des tendances psychotiques envers tout le monde. Et Adam était connu pour sa méfiance acerbe et son manque de confiance envers le genre humain. Comme tout bon mutant qui se respecte. Les regards étaient toujours là, posés sur lui. Il mit un certain moment pour comprendre que ces derniers n'étaient pas accusateurs, mais simplement curieux et désintéressés. Il ne représentait aucune menace à se balader ainsi, le visage fermé et les écouteurs à fond dans les oreilles. Il ressemblait à n'importe quel adolescent en marge de la société - malgré la vingtaine dépassé depuis maintenant bien longtemps. En outre, il n'était pas quelqu'un d'asocial. Sa bienveillance était légendaire, et sa bonté proverbiale. Il n'était jamais avare de gestes d'affection - notamment envers sa soeur. Mais là encore, le sujet était épineux et méritait d'être manié avec précaution. Nous ne sommes que de pauvres pécheurs entre les mains d'un Dieu en colère. De telles paroles ne pouvaient que mieux résumer la relation du frère et de la soeur, qui pourtant ne semblaient pas en mesure de tout arrêter. Dans cette histoire, pouvaient-ils blâmer leur coeur, ou bien leur corps ? Nul ne saurait répondre. Et nul ne pouvait le savoir.

Une enfant à peine âgée de plus de six ans lui adressa son plus beau sourire - ce qui ressemblait plus à une grimace au vu des dents manquantes. Il lui rendit son sourire, quelque peu gêné devant tant de sincérité. Il avait toujours adoré les enfants, malgré ce qu'on puisse en dire. Mais il n'était pas certain d'en vouloir lui-même. Son innocence lui avait été retiré bien trop tôt, et serait fou celui qui voudrait élever un être aussi pur dans un monde comme le sien. Brisé et sans espoir. Et il n'était pas non plus certain d'être en mesure de trouver quelqu'un qui puisse jamais l'aimer pour ce qu'il était. Sans doute était-ce là la raison pour laquelle Amen lui avait semblé une bonne initiative, au début. Avant que les sentiments ne viennent tout perturber. Adam soupira. Quoiqu'il advienne, ses pensées semblaient toujours revenir à cela. Cette situation était ironique quand on y pensait. Adam, et Amen. Deux prénoms sanctifiés, et pourtant tellement salis en cet instant. Que dirait leur mère si elle était là ? Sans doute rien de bon. Mais ils avaient besoin l'un de l'autre. Plus qu'une soeur, Amen était sa muse, son âme soeur. Et il n'était pas certain de pouvoir tourner la page sur la relation unique qui les liait. En quatre ans, il y a bien longtemps qu'aucun des deux ne pouvait plus revenir en arrière. Il était bien trop tard pour ça. Parvenant à un banc à l'ombre d'un chêne immense, le mutant regrettait le port d'un sweatshirt par un temps pareil. Le soleil tapait fort pour ce mois de mai et a perspective d'une douche fraîche lui frôla l'esprit. Sortant une bouteille d'eau de son sac, il but quelques gorgées avant de s'asseoir. Amen lui avait donné rendez-vous ici, à Central Park, sans lui donner plus d'explications. Mais à l'intonation de sa voix, cela ne présageait rien de bon. Adam connaissait sa soeur sur le bout des doigts, et il avait compris par son hésitation que quelque chose l'inquiétait, et lui faisait peur. Il n'aurait su dire quoi. Mais il espérait que cela n'ait rien à voir avec leurs activités respectives. Cela n'était une surprise personne : Adam méprisait le HAMMER. Et il n'avait accepté ni supporté le fait que sa soeur y travaille. A ses yeux, cela ne représentait rien d'autre qu'une trahison pur et dur. Il lui en tenait souvent rigueur, mais leurs coups de gueule finissaient généralement par disparaître au profit d'autres activités sous les draps.

Il était arrivé au lieu de rendez-vous une heure avant, histoire de se vider l'esprit, et d'imaginer quel scénario était probable pour que sa soeur soit aussi perturbée. Il n'en vit aucune de positive. C'était un mutant, et elle une sous-fifre du HAMMER. Rien de bien joyeux ne leur souriait. Mais cela ne le mènerait à rien de se torturer l'esprit à chercher de savoir. Mieux valait attendre Amen. Cette dernière finit d'ailleurs par arriver, les traits creusés et le regard anxieux. Le coeur d'Adam se serra à la vue de sa soeur. L'entendre au téléphone avait été une chose, mais la voir ainsi de ses propres yeux suffit à le convaincre. Amen avait une nouvelle à lui annoncer. Et elle ne risquait pas de lui plaire. " Adam... je crois.... enfin... je suis enceinte. " les mots lui parvenaient, mais il ne les entendait pas. Il ne pouvait le concevoir. Il avait certainement mal compris. Amen ne pouvait pas vouloir dire ça. Ses mots ne faisaient pas de sens. C'était... impossible. Et pourtant, le tremblement de sa voix, le frétillement de ses lèvres, son regard baissé. Tout était sincère. Tout était réel. Adam avala sa salive de travers, comme piégé dans une spirale infernale dont il voulait s'enfuir au plus vite. " Je... tu en es sûr ? " Il nourrissait un infime espoir - trop naïf sans doute - qu'elle ait pu se tromper. Qu'elle ait mal interprété les signes. Il avait soudainement l'impression d'avoir le poids du monde sur ses épaules. Le monde sembla se dérober sous ses pieds, avant que les ténèbres ne l'envahissent. Il s'effondra au sol.

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Dernière édition par Adam de Quincey le Sam 30 Mai - 16:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: There is no sweeter innocence than our gentle sin | PV Amen Lun 25 Mai - 19:10

Journée de repos pour la De Quincey qui avait demandé à son père s'il pouvait se passer d'elle pour une journée. Interrogation posée sur un ton ironique, elle savait pertinemment que sa présence n'était pas indispensable au bon fonctionnement de l'équipe. Elle avait néanmoins pris l'habitude d'accompagner son père sur le lieu de travail, même si elle n'y restait pas. Et c'était ce qu'elle fit le matin même. Pourtant, ils n'habitaient pas au même endroit. Amen résidait dans les Queens, dans un appartement pas si grand mais nettement suffisant pour une seule personne. Avant de partir rejoindre son paternel, elle s'était pris un petit déjeuné copieux. Ou presque. A vrai dire, elle n'avait pas réellement la tête à manger ou à s'amuser. Elle se disait que tenir compagnie au chef des De Quincey durant le trajet pouvait peut-être lui permettre de se changer les idées, de penser à autre chose qu'à ce qui la tracassait. Elle blâmait son côté paranoïaque pour ce qu'elle vivait présentement, se répétant inlassablement que ce n'était simplement pas possible ni même imaginable. Que toutes ces impressions, ces ressentis, n'étaient qu'un mensonge, un simulacre qu'elle créait de toutes pièces pour une quelconque raison. Ce n'était qu'un retard, ce n'était rien de grave. Elle était sûrement déréglée à cause de cette pression constante qu'elle avait sur les épaules, des heures de boulot qui s'avéraient envahissantes. Son travail aussi bien au HAMMER qu'à l'armurerie était fatiguant, mais nécessaire. Mais malheureusement, les tests en eux-même ne mentaient que très rarement. Si ce n'était quasiment jamais. Elle avait besoin d'en parler. De cette crainte qui alourdissait son esprit. Plus elle restait silencieuse, plus elle avait l'impression qu'elle se brisait de l'intérieur. Ses collègues de travail ne comprenaient pas, son père n'y faisait pas vraiment attention car il préférait se concentrer sur les soudures qu'il devait effectuer. Il n'avait jamais été doué pour lire à travers ses enfants, et peut-être n'avait-il tout bonnement jamais essayé, n'avait-il jamais mis un peu du sien afin de les comprendre. Un soupir. Elle esquissa un sourire à l'attention de son père qui s'en alla en lui faisant un signe de la main. Rien de plus. Les marques d'affection chez les De Quincey étaient peu communes, surtout lorsque cela concernait le patriarche. Amen et ses frères s'entendaient assez bien. Elle était la seule fille de la famille, qui plus est la plus jeune. On l'avait choyé, on l'avait protégé, on l'avait vu comme un individu chétif, faible et sans potentiel particulier. Elle était rapidement remontée dans l'estime de son entourage dès son adolescence, mais là encore, elle restait et resterait toujours la petite de la lignée. La petite sœur à protéger, celle que l'on prend sous les ailes, par la main, à qui on montre le chemin.

Néanmoins, le passage qu'elle emprunta fut celui qu'elle n'aurait certainement jamais pu concevoir. L'affaire dans laquelle elle s'était embarquée il y a quatre ans n'était pas censée prendre de telles tournures. Ce qui avait créé une sorte de havre de paix, d'harmonie, de joie en elle, se transformait en complications, difficultés, préoccupations. A ses yeux, Adam était bien plus qu'un frère. Il n'était pas placé dans la même catégorie que Lorcan ou Irving, qu'elle aimait aussi. C'était des sentiments différents qui l'animaient lorsqu'elle se retrouvait avec le plus jeune des trois frères. Des envies qui n'auraient, normalement, jamais dû se manifester. Parce que ce n'était pas moral, ni même saint. Une relation destructrice, chaotique mais dont elle ne pouvait se détacher. Avait-elle cherché, ne serait-ce qu'une seule fois, à trouver mieux que son frère ? A trouver meilleure compagnie ? Jamais. Elle n'en voyait pas l'utilité, sachant pertinemment que personne ne la comprendrait comme il le faisait. C'était peine perdue de vouloir fuir le lien qui les unissait, c'était inutile de penser qu'elle pouvait simplement s'en aller afin de commencer une nouvelle relation avec un individu dont elle ne connaissait que très peu de choses. Amen replaça une mèches de ses cheveux correctement. Malgré le soleil qui répondait présent, il y avait parfois ce léger coup de vent qui venait rafraîchir les habitants de New-York. La jeune femme avait donné rendez-vous à Adam au sein même de Central Park, mais n'avait pas réellement précisé un point en particulier. Quand elle arriva, elle se contenta de balayer du regard l'étendue de verdure sans vraiment savoir par où se diriger. Chacun de ses pas étaient lourds, pesants. Comme si les tourments qui l’abritaient s'imprégnaient dans le sol dans le but d'alléger cette âme persécutée, brutalisée. Lorsqu'elle aperçut cette silhouette assise sur un banc à l'ombre, son souffle se coupa et son cœur manqua certainement un battement. Ses membres ne voulaient plus bouger, sa conscience lui disait de rester immobile et de ne pas y aller. Elle déglutit, fronça les sourcils. L'inquiétude marquée sur les traits de son visage témoignaient du fait que quelque chose n'allait pas. Qu'il y avait un un souci qu'elle devait partager avec quelqu'un, mais surtout pas avec n'importe qui. Adam étant directement concerné, elle ne pouvait simplement pas lui cacher ce qu'elle avait en tête. Et dans tous les cas, il aurait tôt ou tard remarquer son changement d'attitude et de comportement. Elle rassembla les doses de courage, le brin de bravoure et de hardiesse puis serra les poings comme pour se convaincre qu'elle devait le faire, que c'était la bonne chose à faire. « Adam... je crois.... enfin... je suis enceinte.  » Les mots étaient difficiles à trouver. Ils se coinçaient au fond de sa gorge et chacun d'entre eux semblaient de plus en plus compliqués à prononcer. Son regard était automatiquement plongé dans celui de son frère qui se défigurait à vue d’œil. « Je... tu en es sûr ?  » Elle leva les yeux au ciel, ne supportant pas de le voir encore plus inquiet qu'elle ne l'était. Elle pouvait bien lire l'angoisse qui se manifestait dans les prunelles de son aîné, les traits de son faciès qui n'étaient plus les mêmes, qui n'étaient plus aussi serein qu'auparavant, que d'habitude. Un soupir s'échappa d'entre ses lippes. Alors qu'elle comptait lui répondre de façon honnête, elle entendit une certaine agitation venant de son côté. Aussitôt, son regard se dirigea vers la source même du bruit et elle put voir son frère sur le sol. Instinctivement, elle accourut vers lui et plaça ses genoux sur le sol. Un passant passa à côté d'eux et Amen esquissa un sourire en affirmant que tout allait bien, que c'était seulement la chaleur qui lui était montée à la tête et qu'il avait du mal à la supporter. Elle reporta le plus rapidement possible son attention vers Adam, qui pour le coup, venait de tomber dans les pommes. Pourtant, elle avait essayé de ne pas paniquer directement, elle avait essayé de rester calme pour que son angoisse ne se transmette pas au concerné. Elle avait essayé, mais elle avait échoué. Assise sur ses genoux, elle attrapa la tête d'Adam et la posa sur ses genoux. Donnant quelques tapes sur ses joues, espérant qu'il ouvre un œil. Lui soufflant sur le front, tirant quelques unes de ses mèches de cheveux. Observant chaque détail du visage qu'elle avait dans son champ de vision, un léger sourire vint orner son visage. Il semblait si paisible en cet instant, comme si rien ne pouvait venir perturber son essence. Tranquille, calme, serein. A moitié mort, certes. Dès lors qu'elle aperçut les deux billes vertes, ses préoccupations refirent surface. Elle ne lui laissa pas le temps de reprendre ses esprits, de se demander si c'était un rêve. Elle le ramena directement à la réalité qui s'abattait méchamment sur lui. Sur eux. « …Presque sûre ? » Laisser planer le doute, pour se donner de l'espoir. Essayer d'y croire en pensant que cela permettrait d'altérer le destin qui était pourtant déjà bien tracé si l'on se fiait au résultat du test mais aussi aux faits qui se trouvaient sous son nez. « Tout laisse à croire que je... le suis vraiment. » dit-elle avec hésitation. Et la question qui la démangeait, qui était centrale dans l'affaire, que l'on ne pouvait contourner même si on le souhaitait. « Qu'est-ce qu'on va... qu'est-ce qu'on doit faire ? » Un besoin de conseils. Un besoin de directives. Qu'on lui dise les moindres faits et gestes qu'elle doit entreprendre. Parce qu'à l'heure actuelle, elle ne pouvait pas se débrouiller seule. Et la seule personne à qui elle pouvait se tourner, c'était lui.
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MessageSujet: Re: There is no sweeter innocence than our gentle sin | PV Amen Sam 30 Mai - 15:59

Au fond, c’était leur faute. Ils étaient les seuls responsables du fléau qui venait de s’abattre sur eux - les accablant de plus belle. Ils étaient les seuls à blâmer dans toute cette histoire – eux qui s’étaient crus inatteignables. Pourquoi auraient-ils pris la peine de se protéger ? Les lois régissant l’univers ne pouvaient pas les concerner, pas les atteindre. Ils étaient frères et sœurs, pourquoi auraient-ils du s’inquiéter ? La Nature n’aurait pas dû autoriser une telle union, une telle infamie. Disgrâce, voilà donc tous ce qu’ils représentaient. Autant aux yeux du reste du monde, qu’aux leurs. Mais le destin en avait voulu autrement. Et l’impensable était finalement arrivé. Un bébé. Un enfant. Né d’un amour incestueux, interdit, tabou. Ils auraient dû le prévoir, et l’empêcher. Mais comment ? Ils n’y avaient pas pensé, ou, plutôt, avait certainement refusé de voir la vérité en face : ce qui affectait les autres, les affectait tout autant. Perdus dans leur idylle, leur bulle utopique, ils en avaient oublié le monde autour d’eux. Cruelle désillusion. La réalité avait tout eu vite fait de les rattraper de court, les accablant de culpabilité et de frayeur – telle une gifle en plein visage. Tous les deux faisaient face à l’inconnu, et Adam n’était pas sûr de vouloir s’y enfoncer plus encore. Les ténèbres l’avaient envahi au moment même où les mots avaient quitté les lèvres de sa sœur. Il s’était écroulé au sol, suffoquant presque. Amen était auprès de lui, tentant par tous les moyens de le ramener vers la lumière. Le contact de ses mains sur son visage, dans ses cheveux. Il eut presque envie de se perdre à son contact, comme de nouveau plongé dans un paradis terrestre qu'eux seuls partageaient et pouvaient comprendre. Il ne savait comment accueillir cette nouvelle : avec joie, ou crainte ? Il allait être père, lui, le mutant, l’erreur de la nature – un repus de la société. Ou du moins, aux yeux du reste de l’humanité, c’était bien ce qu’il était. Comment allait-il parvenir à s’occuper d’un enfant, dans un monde aussi dystopique et chaotique que le leur ? Il n’était pas certain de le pouvoir, ni moins de le vouloir. La vie était bien trop dure et cruelle pour l'imposer à quiconque, et certainement pas à une âme aussi pure que cet enfant, encore à l'état d'embryon. L'enfant serait-il comme lui ? Un mutant ? Une Affliction pour le genre humain ? Ou bien serait-il comme sa mère ? Un simple humain, au quotient intellectuel un peu plus élevé que le reste de la communauté lambda ?

Il finit par rouvrir les yeux, deux émeraudes pourtant ravagés par le monde et ses horreurs. Ses pupilles vinrent trouver ceux de sa soeur, si belle, même troublée par l'anxiété. « Tout laisse à croire que je... le suis vraiment. » La vérité, bien qu'inévitable, laissait toutefois un goût amer dans la bouche d'Adam. Il ne se releva pas, se noyant dans les bras de sa soeur, refusant même de quitter le sol dur et brûlant sur lequel tous les deux étaient installés. Accablé par la peur, il n'était pas même pas certain d'être en mesure de se lever - ses jambes probablement tétanisées par l'inquiétude qui le rongeait. Il ne pouvait accepter une telle fatalité. Mais ce n'était pas l'enfant en lui-même qui le dérangeait. Il aimait déjà cet enfant, malgré toutes les complications que cela impliquait. Non, il se sentait coupable vis-à-vis de sa soeur. Il lui avait imposé un tel futur, et il se mentirait à lui-même s'il disait que c'était le genre de vie qu'il avait visionnée pour elle. « Qu'est-ce qu'on va... qu'est-ce qu'on doit faire ? » sans s'en rendre compte - et sans doute par pur instinct de protection, Adam prit sa soeur dans ses bras, refusant de la laisser supporter cette épreuve seule. Tous les deux étaient responsables, et il n'allait certainement pas la laisser tomber maintenant qu'elle avait le plus besoin de lui. Amen et lui avaient toujours été proches - sans doute trop proches malgré leur lien de parenté. Et c'était bien ça le problème. Ils étaient âmes-soeurs. Du moins, c'était ainsi qu'Adam s'aimait à décrire leur relation si complexe et si liée. « Le plus important à cet instant, c'est ce que tu veux toi. » La décision était la sienne. C'était son corps, son enfant, et Adam ne la forcerait jamais en rien, malgré la culpabilité qui le rongeait de tout son corps. Il savait que le HAMMER finirait par se poser des questions - au même titre que sa famille. Qu'allaient donc dire leur père, leurs frères ? Etaient-ils prêts à tout avouer, ou allaient-ils se fourvoyer une fois de plus ? Ils avaient joué à un jeu dangereux. Etaient-ils prêts à en accepter les conséquences ? « Est-ce que tu veux cet enfant, ou non ? Quelque soit ton choix, je serai là pour toi. » Il s'autorisa même une larme, coulant le long de sa joue - le regard toujours ancré dans celui, plus apeuré, de sa soeur, et ses bras la consolant, la rassurant, comme son rôle de frère - et d'amant - le lui imposait.

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MessageSujet: Re: There is no sweeter innocence than our gentle sin | PV Amen Mer 3 Juin - 21:52


Les réponses qu'elle avait donné n'étaient sûrement pas celles que son frère espérait. Il aurait voulu entendre d'autres choses. Des dires qui supposeraient qu'elle n'en était pas certaine, que tout cela n'était peut-être qu'une illusion. Un mauvais rêve, tout simplement. Elle aussi avait voulu voir des résultats prouvant qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, qu'elle allait très bien et qu'il n'y avait aucun fléau qui s'abattait sur ses épaules. Comment pouvait-elle supporter cela ? Comment allait-elle se sortir d'un pétrin où elle s'est elle-même engouffrée ? Il n'y avait personne pour l'aider. Elle ne pouvait pas compter sur sa famille, ou du moins, elle n'espérait pas compter sur eux. Ils se demanderaient qui en était le père et à cette interrogation, elle n'a aucune réponse acceptable. Aucune réponse ne voulait se former dans son esprit et pourtant, elle y avait réfléchi. Maintes et maintes fois, alors que cela ne faisait qu'une poignée de jours qu'elle était au courant de ce qui se passait dans son corps. Sa réaction quand elle l'apprit, quand elle fut certaine de ce qui se passait... était destructrice. Elle avait la chance d'habiter seule. Elle avait eu l'opportunité de passer ses nerfs et sa crainte en balançant quelques objets à travers la pièce principale, les voisins se demandant ce qu'elle pouvait encore faire pour provoquer un tel brouhaha. Alors qu'elle venait de poser son interrogation, celle qui lui brûlait la langue depuis qu'elle savait ce qui l'attendait, elle sentit l'enlacement de son propre frère. Un réconfort qu'elle ne repoussa pas, et qu'elle ne repoussera jamais. Un geste fraternel, mélangé à cette autre chose qui faisait que leur relation n'était pas commune. Pas banale. Un lien qui s'est tissé sur une poignée d'années, un lien que personne ne pourrait comprendre, concevoir et surtout accepter. « Le plus important à cet instant, c'est ce que tu veux toi. »  Elle déglutit difficilement. Gorge nouée, elle a l'impression de ne rien pouvoir répondre à cela. Que veut-elle ? Jamais, ô grand jamais avait-elle imaginé se retrouver dans cette situation. Et même alors qu'elle s'y trouvait, elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur cette réalité. Elle ne voulait seulement pas y croire. Pas avec son frère. Certes, elle avait des sentiments qu'elle n'aurait jamais dû posséder pour lui. Des sentiments qu'elle aurait dû avoir pour d'autres hommes. Amour, attirance. Fonder une famille était une chose qu'elle n'avait jamais pu concevoir. Elle devait déjà s'occuper de son père, le garder à l'œil. Elle avait trois frères qu'elle couvait, certains plus que d'autres, alors qu'elle était la petite dernière qui avait été choyée et parfois malmenée (gentiment) durant son enfance et son adolescence. Elle n'avait pas besoin de s'occuper d'autres individus. Ni même d'un nourrisson.

« Est-ce que tu veux cet enfant, ou non ? Quelque soit ton choix, je serai là pour toi. »  Indécision. Ce n'était pas une réponse qu'elle pouvait donner à la légère. Avorter. Ce serait synonyme de tuer cet être qui se développait dans son propre corps. Mais comment pouvait-elle se résoudre à le garder avec elle ? Elle allait devoir mettre en place une machination sans nom afin de se tirer d'affaire. Elle ne voulait pas impliquer son frère dans cette histoire et ce, même s'il y était déjà. Il ne voulait pas lui faire subir les regards jugeurs de leur paternel, de leur famille entière. Lui qui devait déjà affronter les prunelles curieuses de ceux qui étaient conscients du pouvoir qu'il possédait, ou simplement du fait qu'il était un mutant. Il n'avait pas besoin du dégoût du paternel, ni de l'incompréhension qui allait peser au-dessus de leur tête. Irving, bien que compréhensif et ouvert d'esprit, n'assimilerait pas cette union des plus idiotes, comme il le dirait si bien. Lorcan, celui qui a décidé de ne pas trop se mêler des affaires de familles car bien trop pacifiste, n'aurait pas réellement d'avis sur la question. Le monde évolue, les gens qui le composent aussi, se dirait-il simplement. Inconsciemment, ou peut-être instinctivement, elle caressa le dos de son frère. Elle l'observait, mais ne savait que répondre. Elle vit cette larme, qu'elle n'hésita pas à balayer d'un passage avec l'un de ses pouces, arborant un demi sourire afin de le rassurer. Ou d'essayer. Ou de le convaincre que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Elle se releva finalement en tendant sa main pour qu'il se remette sur ses jambes lui aussi, puis elle prit la décision de s’asseoir sur le banc qui était juste à côté. « Je ne sais pas ce que je veux. » dit-elle en parcourant le parc du regard. Elle avait l'impression que tous les individus qu'elle voyait étaient paisibles, sereins. Qu'ils n'avaient aucun tracas à résoudre, aucun problème qui les étouffaient. « Parce que concrètement, si je le garde... c'est un grand si. Si je le garde, on va me demander qui est le père. » Elle articulait doucement. Les oreilles, il y en avait pleins à cet endroit. Elle n'osait pas le regarder, ne pas croiser son regard afin de ne pas voir cet air inquiet, intrigué. L'une de ses jambes ne cessait de bouger. Signe d'angoisse et de stress. Elle le faisait mais ne s'en rendait même pas compte. Elle soupira, pensant qu'en faisant cela, tous ses maux sortiraient d'entre ses lippes afin d'aller encombrer d'autres personnes. Respiration lente, parfois saccadée. « Et je ne me vois pas répondre que tu es le père. » Elle se retourna, sourire nerveux entre les lèvres, mais en même temps un brin amusé. « T'imagines la réaction des gens ? Notre père va nous enfermer à jamais dans son manoir dans le Texas, jusqu'à ce qu'on crève de faim, jusqu'à ce qu'on soit oublié de tous. » Elle leva les yeux au ciel. A vrai dire, elle n'arrivait pas à imaginer l'étonnement de son paternel. « Et si les gens le savent, je n'ose même pas imaginer les remarques que l'on va devoir se prendre en pleine figure. Le regard des autres, leurs opinions. Ce qu'ils pourraient dire à cette chose qui se trimballe dans mon ventre quand il ou elle sera plus grand. »
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