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the man who sold the world (Oby)

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MessageSujet: the man who sold the world (Oby) Mar 12 Mai - 9:32


Tuez-moi.
Un carton d’invitation rejeté sur son bureau depuis des semaines, la demande pour un gala de charité, pour ces idioties et fracas d’abrutis concentrés dans un même endroit. Icare n’en a plus la force. Pas ce soir. Pas demain. Peut-être que dans une semaine il sera capable d’aligner deux phrases sans assassiner son interlocuteur. 6h42. Le sommeil n’est pas là. Allongé au lit, à observer un plafond dans l’espoir d’y trouver un marchand de sable capricieux. C’est l’attente. Rien. Des années qu’il n’est plus capable de fermer l’œil plus de deux heures par nuit. Un exploit quand trois l’assomment. C’est terminé pour aujourd’hui. Pas de repos pour lui. Un soupir à l’idée que la journée n’est pas débutée. Le bureau qu’il abandonne pour ce matin. D’autres préoccupations occupent son esprit. Détour par la salle de bain. A l’observation journalière des immondes. Les tracés verticaux dans le dos. Plaies refermées. A ce mensonge permanent qu’il doit garder sous la chemise. Son visage qu’il détourne du miroir, à la connaissance d’un air fatigué, de l’homme qui n’a pas dormi depuis trop d’années. Carcasse au rejet. Vêtu de peu, il s’égare au salon, à la maitrise nécessaire des pas pour ne pas piétiner les ouvrages et tasses calcinées de sa colère.

Cerbère est là, les vêtements à l’arraché. Homme égaré sur le sofa. Comme toujours. Animal incapable de garder un costume pendant plus de deux jours. C’est la jalousie du sommeil. Icare lui octroie encore deux heures avant l’éveil. A l’étage qu’il s’en retourne pour quelques paperasses, au bureau qui manque l’effondrement sous les piles de dossiers. Un café à la main, un second et finalement, ce sont six cafés qu’il avale en l’espace de deux heures quinze. Redescendu de l’étage, il trouve encore Obadiah terrassé au canapé. Claquements de doigts à l’oreille. Pas un sursaut. L’idée du seau d’eau est à exclure. Ne pas tacher le cuir. Pourtant, l’idée est tentante, pendant quelques secondes. Autre idée. La gifle claque et mord la joue. Trois pas qu’il fait en arrière, à la sécurité de ne pas terminer sous les crocs d’un animal enragé. « Je ne savais pas comment vous réveiller » Excuse accompagnée d’un moqueur aux lèvres. Tasse de café qu’il pose en offrande, à la paix nécessaire. « Il y a un gala ce soir et j’ai besoin de votre présence… » Lui qu’il emmène pour chasser l’ennui et pas uniquement dans l’optique d’une protection. Un homme qu’il garde près de lui, à la certitude qu’il ne vendra pas sa peau à d’autres. La fidélité qu’il espère avec naïveté. « Vous avez conscience que le jaune ne se marie pas avec le rouge. C’est un essai ? Un pari perdu ? » Le dégout qu’il porte au choix hasardeux des couleurs. Une incompréhension. « Vous avez trente minutes pour émerger. Je vous emmène avec moi, et… vous allez détester » Il s’en retourne déjà vers la cuisine. « En guise d’excuse, vous pouvez choisir la voiture que vous voulez » Maigre réconfort pour celui qu’il a arraché de ses songes.


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MessageSujet: Re: the man who sold the world (Oby) Jeu 14 Mai - 13:44


THE MAN WHO SOLD THE WORLD

ICARE & OBADIAH


Nothing ever lasts forever
Everybody wants to rule the world




Il lutte contre Morphée, éternue, le nez dans le sable soporifique du Marchand facétieux. Le sommeil a raison de lui vers deux heures du mat, quand le boss est dans sa chambre. Il sait que le patron ne dort jamais, parfois ils boivent un verre, refont le monde. La paranoïa de ce type l’oblige à faire cent fois le tour de la propriété et à chasser les monstres sous le lit. RAS. Il se mate des pornos à la télé ou des séries policières avant de ronfler sur le sofa.

Obadiah ne fait jamais des rêves roses, avec des licornes et des paillettes. C’est trop souvent du sang et des larmes de feu. Une fatigue physique au réveil. Des rêves qui n’ont qu’une issue. Et parfois, le songe devient réalité, mais il l’ignore. Il oublie la monstruosité dans sa carcasse, le Mr Hyde qui emprunte ses traits et commet des carnages à son insu. Il ne compte plus les crimes qu’on peut lui imputer. Heureusement, le Hammer le couvre et fait disparaître les preuves, si bien qu’il peut vivre presque comme un type normal. Evidemment, il est sous surveillance constante, la puce dans son poignet gauche n’est pas là pour faire joli. Ce qu’il refuse, c’est qu’on lui mette un collier électrique ou des gadgets inutiles qui tenteraient de le brider. Ils ont essayé une fois, pas deux. Il avait causé d’énormes dégâts matériels sur un building en voulant jouer à King Kong. Il est donc laissé en liberté, mais une séance de yoga par semaine obligatoire et de multiples rencontres avec des types à lunettes qui débitent des conneries sur sa psychologie. Pour Jäger, ces heures sont consacrées à la sieste sur le canapé en cuir des toubibs. En revanche, il se tape la prof de yoga car elle est très mignonne, la seule raison pour laquelle il ne rate aucun de ses cours.

La claque fait bondir le fauve hors de ses délires oniriques. Il croit à un attentat, il se lève comme s’il voulait combattre des ennemis invisibles, les poings brandis en l’air, il manque de renverser le café fumant qu’on lui tend. « Une urgence, patron ? » Il boit d’un trait le liquide amer et rajuste sa chemise déboutonnée. Il remercie d’un hochement de tête hagard cette délicate attention. Obadiah n’est pas du matin, les cheveux ébouriffés, il fonctionne au radar. Il est question de gala. Il ne capte pas, les oreilles en alerte. « Je suis là pour une protection rapprochée, pas pour parader dans les soirées mondaines. » Il ne supporte pas ces soirées, préfère se saouler dans son coin en attendant que les heures trépassent. Icare Gray le scrute aux rayons infrarouges, le regard désapprobateur en dit long. Il va encore critiquer ses vêtements. « Vous n’aimez pas le jaune ? » Petite voix candide. Une chemise canari et un T-shirt rouge en dessous, il n’a pas conscience des couleurs, pigments qu’il n’a jamais saisis. Le chiot se gratte l’arrière de la tête, déboussolé. Il met plusieurs minutes pour se ressaisir, une douche fraîche remet toujours les idées en place paraît-il.

Le garage est son royaume. Les voitures alignées toutes plus belles les unes que les autres. Un fou du volant, Jäger. La jaguar vrombit. Il booste le moteur. Un jouet entre ses pattes. La vitesse le grise. Direction Washington. « Vous savez, je ne suis pas la personne la plus compétente…pour tenir la conversation. » Une langue de charretier. Des manières bourrues. Il n’est pas du tout adapté. Il n’a pas de diplôme en sciences du langage. « Vous voulez me relooker c’est ça ? » Il appuie sur l’accélérateur. Les mains se crispent sur le volant. « J’aime pas ça, boss. » Faire les boutiques. Il n’est pas un caniche, bordel. C’est vraiment parce qu’il l’apprécie qu’il accepte de jouer ce rôle de singe savant. « Hugo Boss ? » Le paysage défile. Il voudrait au moins savoir avec quelle sauce il allait être servi.


✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.


Dernière édition par Obadiah Jäger le Dim 24 Mai - 4:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the man who sold the world (Oby) Jeu 14 Mai - 16:16


La claque comme réveil. Fourberie. Mais c’était préférable à l’eau qui aurait dégradé le canapé en cuir. Un sourire ricoche à la vue de Cerbère prêt pour le combat. C’est une confiance absolue qu’il place en l’homme, à lui et ses manières d’un chacal des rues de suie. Le passé, il ne l’a jamais demandé. D’où vient toute la hargne, l’animal aux crocs féroces qu’il retrouve parfois devant sa porte, hagard de ses frasques. « Vous avez tord. Cette soirée promet d’être intéressante… » Le doute qui plane, lui-même n’y croit plus à l’intérêt de ces regroupement de menteurs. Ces parades nécessaires pour ne pas se faire dévorer. Des années de ça, il appréciait de défier les requins et maintenant que les adversaires se sont tus, c’est l’ennui à chaque invitation, l’alcool honnis dont il se gorge jusqu’à l’absence de souvenir. « …pas uniquement pour la cave que vous allez vider » Le souvenir de quelques frasques, Obadiah retrouvé à moitié mort, animal rapporté à la maison. « …mais chaque famille est priée d’y emmener ses enfants – quelques unes bonnes à marier… surtout à déflorer » La main qu’il pose à l’épaule droite. Icare et les paroles singulières, l’invitation au vice qu’il propose à l’intonation totalement neutre. La vente des agneaux qu’il propose, les gamines jetées pour distraire le grognon. Du sort des pucelles gloussantes pour quelques mots, ce n’est pas son affaire. Des idiotes qu’il abandonne à des chacals, au souhait que leur bouche soit cousue.  

Les voitures présentées comme des jouets, des caprices de garçon pour s’assurer qu’Obadiah accepte de le conduire. Des raretés, des bolides, des monstres de métal qu’il ne sait pas conduire, ne peut qu’observer sans même en comprendre toutes les indications du vendeur qui a tenu à lui ajouter ceci et cela. Tellement d’options qu’il se demande si elle est encore capable de rouler. Place à l’avant, passager. Au refus de la banquette arrière. Une crise cardiaque qu’il manque à la vitesse qui s’affiche sur le compteur. Les chiffres qui défilent, l’aiguille qui va sortir de son cadran. Le ronronnement du moteur pour conversation. Des mots qui dégomment le silence. « Je sais… si j’avais souhaité un chien qui s’agenouille et dit oui à tout sans critiquer, j’aurais choisi quelqu’un d’autre » Ils étaient nombreux à s’être présentés, des avides de pouvoir, des avides d’approcher un visage reconnu. Et tous avaient perdu pour cause de courbette et paroles apprises par cœur. Obadiah est celui dont il avait accepté la présence, avec foule d’avertissements et de regards paniqués. Un chien enragé auquel il avait retiré collier et muselière. « J’ai besoin de vos mots, les seuls qui ne sont pas mensongers » Le regard porté au paysage. Le compliment déguisé.

L’inquiétude de l’autre. Une marionnette qu’il va mener dans les boutiques. « Quelques costumes, des vêtements que le bon gout peut tolérer. Du bleu et du noir pour vous, rien d’autre. » Des couleurs assemblées avec hâte, un gout absent en matière de vêtement. Plus d’une fois il avait manqué la crise de panique en voyant Obadiah. Carnaval ? Avait-il demandé un jour où il s’était présenté avec un t-shirt rose. « Pas de panique. J’ai évalué les mesures » Le rictus. Pour tous les regards jetés au détour de la salle de bain. Des notes prises à chaque absence de vêtements. « Vous essayez. Pas plus de deux heures. Et ensuite, vous venez avec moi afin de prétendre qu’un gala de charité m’intéresse »

Quatre heures sur les routes. La ville nouvelle dégueule des boutiques. Des grands noms, des vitrines qui dégorgent des chiffres avec trop de zéros. Des espaces vides. Les clients manquent à l’appel. La voiture qu’il ordonne d’être garée. Et le jeu commence. Une première dans laquelle ils entrent, un détour tout aussi rapide à la vue des chemises constituées de fleurs, au rappel de celle que porte Obadiah. Enfer ! Une seconde et enfin une troisième dont il reconnaît le nom. Les vêtements débordent sur les bras du garde, une avalanche de tout. A la cabine d’essaye qu’il l’envoie sans aucune protestation accordée. « Et la cravate ? » L’élément manquant en voyant son chien vêtu de soie. Cravate qui pend de chaque côté du cou, froissée. L’agacement de celui qui ne sait pas la nouer. Icare abandonne ses notes, et s’avance vers celui qui manque l’effondrement à chaque seconde. Les doigts au col, les gestes précis, le nœud complexe qu’il ne sera pas en mesure de retirer. « Elle est parfaite cette laisse » Le tissu qu’il tient en avant. L’homme devenu animal. « Essayez les autres »


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